- Academie de Saint Anselme - Nouvelle Serie - 01/01/2013

AsPECTS PHILOSOPHIQUES DANS ÙEUVRE DEjEAN-BAPTISTE GAL (1809-1898) les plus intenses, ceux qui sont liés à la gioire de la guerre ou à une vie tranquille, et ainsi de suite. La question était, en d'autres termes, d'établir quels sont les plai– sirs "vrais" et lesquels les "faux", c'est-à-dire respectivement les plus conformes à la nature humaine et ceux qui conduisent à la perdition... mais personne jamais ne mettait en doure le dogme que la douleur était à éviter le plus possible. Gal démontre en ourre d'avoir compris parfaitement ce qui est le fondement de cette révolution apportée par le christianisme. « La mission du Rédempteur n'a pas été comme celle cles héros qui n'élèvent une nation au faite de la gioire qu'à force de répandre du sang [... ]; elle a été une mis– sion de paix [... ].Ce qui a le plus contribué à soulager !es souffrances de la pauvre humanité, c'est qu'il a donné un but à la douleur. Rien en effet, ne la rend plus insupportable que le manque de but. Si le laboureur arrose la terre de la sueur de son front c'est parce qu'elle le nourrit. Pour qu'un homme se résigne à une peine, il faut que l'utilité qui en résulte puisse le dédommager ,, 38 • Le grande nouvelle du christianisme est donc la différente attitude par rapport à la douleur, qui n'est plus refusée et fuite, mais acceptée et apprivoisée, carelle est recouverte d'un sens nouveau, non plus seulement négatif, mais positif aussi. Il n'y a pas de quoi s'étonner, alors, que dans les écrits de Gal on trouve de nom– breuses observations sur le but des souffrances humaines et des conseils sur la façon de traiter avec elles. En ce qui concerne en généralle but de la douleur, Gall'indique toujours dans l'espoir d'un avenir meilleur. La douleur, de cette façon, acquiert un sens à la fois au niveau personnel, dans la foi de la vie bienheureuse après la mort, mais aussi au niveau collectif. D'après Gal il est sous les yeux de tous le fait que, après l'affìrmation du christianisme, l'humanité s'est acheminée dans un parcours lent du progrès et de l'amélioration. :Lesclavage est toujours plus léger et est en train de disparaltre peu à peu; la civilisation se développe et grandit, et avec elle le bien-etre matériel des peuples aussi. Tout cela est possible parce que ceux qui sont venus avant se sont sacrifìés pour ceux qui sont venus après, donnant l'exemple, et croyant que les souffrances d'aujourd'hui seront la base des joies de demain. En ce qui concerne, au contraire, le niveau plus pratique relatif au rapport avec les souffrances personnelles concrètes, nous voyons que Gal affirme que la douleur, une fois acceptée et apprivoisée, est meme utile encore qu'instructive. << Si l'on examine de près la vie de l'homme, on verra que toutes ses actions ne tendent qu'à deux buts: éviter la douleur et trouver le bonheur [. ..]. La crainte excessive du mal ne sert qu'à le rendre plus redoutable, et le désir effréné de la féli– cité nous en éloigne. La douleur suit !es pas de celui qui la fuit . Il faut agir avec elle 38 !bid., p. 60. 83

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