Issime - Augusta

DEUX DOCUMENTS SUR LA PREMIERE EGLISE DE GRESSONEY par G ianni T humiger Je présente ici deux documents du XIII siècle ayant trait à la Première église bâtie à Gressoney. Il s’agit de deux actes de protestation formelle faits devant l’évêque d’Aoste1 par Viventius2, prévôt du Couvent de St-Gilles de Verrès, dans le but de sauvegarder les droits de son Couvent et de l’Eglise d’Issime qui en dépend. Les deux documents relatent les mêmes circonstances, le premier cependant (doc. A du 23 juillet 1256) fait état surtout des craintes du prévôt, tandis que le deuxième (doc. B du 3 mars 1257) dénonce des faits accomplis. En somme, nous dit le document B, le vicomte Geoffroy de Challant a fait construire dans le châ­ teau de Gressoney une église destinée aux fonctions paroissiales pour les besoins des habitants du dit château et de son district; en même temps il a obtenu du Siège Apostolique que une partie des dîmes versées par les susdits habitants, soit destinée à l’entretien du chapelain qui desservira la nou­ velle église. Or, étant donné que les dîmes de Gressoney compétent au Couvent de St-Gilles et à l’Eglise d’Issime3, le prévôt, ne voulant pas perdre une partie de ces revenus, élève sa protestation et interjette son appel au St-Siège. D’après l’examen des deux textes la nouvelle église résulte avoir été bâtie environ à l’époque de la rédaction de A et en tout cas avant la date de B; en effet dans le texte A le prévôt admet implicitement de ne pas être sûr de son existence: "... ecclesiam seu capellam quant idem dominas Gotefredus edificasse dicitur in valle de Greysonei ...”4 Dans le texte B, par contre, on dit: "... ecclesiam quam in dicto Castro construxit...”5 c’est-à-dire que la construction est un fait accompli. Le doc. B nous dit en plus que cette église a été bâtie “in Castro de G reysonei”, c’est à dire à l’inté­ rieur de l’enceinte d’un château situé à Gressoney. Il doit s’agir ici du château que la tradition locale et le nom même du lieu affirment avoir existé à Ober Chaschtal, à l’emplacement où se dresse à présent la chapelle sous le titre de Notre-Dame des Nei­ ges et de St-Grat 6. 1 L’évêque est indiqué dans le document A avec la seule initiale du nom: “F ’ qu’on doit lire: Pierre; c’est le même nom qui paraît en entier dans le document B. Dans cette période le diocèse d’Aoste a été gouverné par l’évêque Pierre de Pra et après par l’évêque Pierre d’Etroubles. Voir: Amato Pietro Frutaz, Le Fonti per la Storia della Valle d’Aosta, Roma 1966, page 300. 2Viventius est documenté comme prévôt de St-Gilles en 1255 et en 1259. Voir: Pierre-Etienne Duc , Annuaire du diocèse dAoste 1899, Aoste (1899), page 44 3 Le Couvent de St-Gilles acheta du Couvent de St-Ours en 1228 tous les droits que ce dernier avait dans la vallée du Lys. voir: Orphée Zanolli, Cartulaire de St-Ours, Bibliothèque de lArchivum Augustanum tome V, Aoste 1975, doc. n. 447. 4 "... l’église soit chapelle que, on dit, le même seigneur Geoffroy a bâti dans la vallée de Gressoney...” Gressoney n’est pas loin de Verrès, donc le prévôt aurait eu des nouvelles sûres si la construction de la nouvelle église n’eût pas été récente voire inachevée. 5 “... l’église que (le dit seigneur) a construit dans le dit château...” 6 On n’a pas de notices d’autres châteaux à Gressoney, dans le territoire soumis aux Challant. Le château fut probablement détruit par les seigneurs de Vallaise avant 1260: à ce propos il faut tenir compte de l’accord passé le 12 novembre 1260 entre les deux familles no­ bles qui se partageaient la juridiction de Gressoney: les Challant et les Vallaise. Cet acte qui mit fin, au moins temporairement, à une lon­ gue période de guerres entre les deux familles mentionne, parmi d’autres violences, la destruction de certains châteaux. (Voir le texte plus avant) Voir: Orphée Zanolli, La question inédite des fiefs des seigneurs de Vallaise en la vallée de Challand et des fiefs des seigneurs de Chal- land à Gressoney, dans Le Flambeau Eté 1979 n. 2, page 47; dans le texte de cet article, à la page 50, il faut probablement substituer au nom “Riocha” (?), le nom “Nocha” (Nétschô); dans le texte du document publié dans l’appendice, à la page 53, il faut substituer au mot “ edifica- re”, le mot “ rehedificare”, comme il résulte de l’original. AUGUSTA— 7

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