Comptes rendus des séances XVII ecclésiastique né dans cette paroisse alpestre et bien méritant sous tous les rapports, et qui a creusé un sillon profond dans le diocèse. Il s'agit de M. le chanoine Joseph Raymond, prévôt de la cathédrale d'Aoste, vicaire général, official, protonotaire apostolique, vicaire capitulaire, curé de SaintJean d'Aoste à deux reprises. Il y a déjà 215 ans que cet ecclésiastique exceptionnel de Champoluc a quitté cette terre et néanmoins l'oubli a respecté sa cendre. Le relateur nous a décrit l'époque où il a vécu, époque de foi intense, mais aussi époque de continuel conflit entre le roi de Sardaigne et le Saint-Siège, de chamailleries entre le prévôt et l'archidiacre au sujet des droits de préséance, de luttes entre l'autorité civile et ecclésiastique, de menace d'invasions, notamment espagnole, etc. Nous l'avons déjà dit ailleurs, l'esprit gallican animait nos souverains; sous le nom de liberté gallicane se cachait une conjuration de l'autorité temporelle pour dépouiller le Saint-Siège de ses droits légitimes; c'était l'étendue excessive de la juridiction royale. Le roi dans la pratique était plus chef de l'église que le pape; non seulement il fallait son gré, mais son consentement. Il ne se contentait pas de présenter les ecclésiastiques aux bénéfices, aux dignités, mais il les nommait directement lui-même, sans gré du pape. Nous savons que l'archidiacre fut longtemps vicaire général, le bras droit de l'évêque et le premier après lui. L'archidiacre et le prévôt eurent à travers tout le Moyen Age ingérence dans les paroisses du diocèse. Ces deux dignités pendant longtemps se disputèrent les droits de préséance. On sait par exemple que le prévôt Raymond fut péniblement affecté lorsque les bulles pontificales du 27 mars 1727 en pourvoyant le chan. Borrettaz Jean-Nicolas de l'archidiaconat, déclarèrent que la dignité archidiaconale était la première après la pontificale. Après ces disputes, chacun finissait par garder ses positions. Mgr Duc nous apprend qu'en 1732 le prévôt et l'archidiacre de la cathédrale, voulant terminer à l'amiable la controverse qui les divisait au sujet de la préséance, s'en remirent à l'arbitrage de l'archevêque de Tarentaise. Celui-ci donna gain de cause au prévôt. Mais la contestation reviendra sur le tapis. Plus tard, après le décès de Raymond, il y aura de nouveau une dispute à ce sujet. Au synode du 15 avril 1750, le secrétaire Favre, ayant dans l'appel de ceux qui y devaient intervenir, nommé le prévôt avant l'archidiacre, celui-ci réclama prétendant, comme il avait fait précédemment, que les deux dignités du chapitre devaient être nommées ensemble. On lui donna acte de cette opposition. Ce n'est que le 12 mars 1761, sous Mgr de Sales, que cette question de la préséance fut tranchée définitivement en faveur du prévôt. Au sein de toutes ces divergences, de ces dissensions, de ces discus2
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