l22 M. Hudry village ressemblant, parfois jusqu'à l'orthographe même, aux noms de villages valdôtains. Une comparaison des cadastres pour les lieuxdits (noms de montagne, de cours d'eau .. . ) est encore plus frappante dans la similitude des toponymes. Quant aux noms de famille, il est parfois bien difficile de savoir s'il s'agit d'émigration récente d'une vallée à l'autre ou de familles autochtones. Le français a pénétré en Val d'Aoste à peu près en même temps qu'en Savoie. Sur l'un des murs du château de Quart, on lisait encore au début du xxe siècle un quatrain de Thibaut de Champagne (t 1272). En 1402, le maréchal Boniface de Challant écrivit sur un mur du château de Pénis pendant que sa fille Bonne partait pour suivre son époux Jean Allamand seigneur d'Uriage en Dauphiné: « Pauvre oyseillon qui de chez moi T'envole si loin de la Doire En ton cuer conserve mémoire De qui pleure et prie pour toi ». En 1427, l'archevêque de Tarentaise, Jean de Bertrand II, prêcha en français lors de la visite de la Cathédrale d'Aoste. En 1531, le duc Charles II demande par décret en français aux Valdôtains de lui adresser par écrit leurs doléances et leurs réclamations. En 1536 une assemblée c.L~s communautés valdôtaines rédige un verbal de délibérations en français. A partir de cette époque, le français est la langue officielle; les actes et délibérations des Trois-Etats et du Conseil des Commis sont en français. Inutile de poursuivre; c'est un fait bien établi que la solide implantation du français en Val d'Aoste dès une période ancienne. A cause de cela, le Val d'Aoste regardait plus vers la Vallée du Rhône que vers Turin. Il avait besoin d'alimenter sa culture française auprès des grands écrivains et auprès de ceux qui étaient plus près des grands foyers de culture française 14 . Parler 'des liens culturels entre la Savoie et le Val d'Aoste simplement dans le domaine du langage ou de l'expression artistique (art monumental, pictural ... ) ne serait-ce pas restreindre singulièrement le domaine même de la culture, qui est elle-même plus un ensem- (14) MAXIME DURAND, La langue française nous appartient de droit naturel et de droit historique dans «Société Académique Saint Anselme», pp. 9-52 (T. XXXV, 1958).
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