BASA

Les familles Bich et Scala 123 bientôt dans le tombeau. Resté veuf, Pantaléon épousa en secondes noces Thérèse Villa, de Strambino (Turin), qui mourut deux ans après, le laissant père d'un enfant, Jean-Jacques-Pantaléon. S'étant remarié une troisième fois avec Marie-Joséphine-Madeleine Cacchiardi de Montfieury, 9 fille du baron avocat Joseph-Marie, de Tu– rin, directeur des Royales Gabelles, il en eut un second enfant, Victor– Joseph. A l'époque de leur mariage, Madeleine était âgée de 22 ans et Pantaléon de 60 environ. Homme entreprenant et laborieux, d'un génie supérieur, après bien des résultats heureux dans ses entreprises commerciales, il con– çut le projet de fonder à Châtillon et à Verrès une fabrique de fer avec son haut-fourneau et acheta encore deux petites fabriques dans la val– lée de Challand, ainsi que plusieurs filons de minerai de fer dans la com– mune de Traversella, arrondissement d'Ivrée. 10 Il fut ainsi un des pre- 9 Les barons Cacchiardi (Cacciardi) étaient originaires de Breglio (Comté de Nice). 10 Voici comment l'historien Lin-Louis Christillin raconte le début de cette gran– diose entreprise (Ms. dt., fascicule Il, ff. 10•-lP): «Après les De Challant, ce fut Mr Pantaléon Bich, père de Mr l'Avocat Victor Bich, qui, se mettant d'abord en société avec Mr le baron d'Avise, entreprit l'exploi– tation des carrières de fer et de cuivre sur les territoires d'Ussel et de Valmeriana, et cela réussit si bien que l'on dit que dans le seul espace de six ans, les deux associés, au moyen du seul fer fabriqué dans leur petite forge d'Ussel, réalisèrent chacun un béné– fice de 15.000 fr. Ajoutons encore qu'à cette époque, pour se rendre à Turin, afin d'expédier le fer, il fallait au moins employer sept jours entre aller et retour. En 1766, Mr Bich fit construire à Châtillon une usine pour le fer, une fabrique pour la soie et une troisième pour confectionner les rubans. On dit que ces trois manufactures furent exploitées pendant l'espace d'environ 30 ans, durant lesquels le Pays ne laissa pas de prospérer, soit par raison de la multitude de bras qu'elles occupaient, soit par raison du profit qu'on en retirait. Ce furent donc Mrs Pantaléon Bich et le baron d'Avise qui les premiers commen– cèrent à mettre en circulation notre fer en Piémont. Il paraît cependant qu'après quel– ques temps le baron d'Avise se détacha de la société avec Mr Bich; mais par contre arriva-t-il en ce moment à Châtillon un homme qui, a voir sa modestie, on eût dit qu'il n'était venu en ce pays que pour y chercher du travail et y gagner son pain, tandis qu'en réalité ce prétendu mendiant était celui qui était destiné à donner un élan, un développement considérable à l'industrie métallurgique en cette Vallée. Cet homme, disons-le de suite, était Mr Barthélemy Gervasone de Fondra, dans la vallée de Brembana (Bergame); lequel arrivant à Châtillon et s'adressant directement à Mr Bich, sans lui laisser moindrement apercevoir ses connaissances sur la matière, il se borna, comme un mendiant, à lui demander un travail, comme pour gagner son pain. Aussi Mr Bich, qui ignorait sa valeur, ne l'employa-t-il d'abord que comme un ouvrier manoeuvre et ensuite. comme fondeur; mais Mr Gervasone ne tarda-t-il pas non seule– ment à faire connaître sa compétence, mais bien plus encore son habileté et sa supério– rité dans ce genre d'industrie, et cela est si vrai que Mr Bich, dont la fortune allait

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