Le Flambeau

ad LE FLAMBEAU ,_ .... ..,,. Revue du Comité des Traditions Valdôtaines - O.n.1.u.s. "Maneat domus donec formica aequora bibat et !enta testudo totum perarnbulet orbem" (graffiti du château de Pénis) Alessandro Celi Travaillons ensemble Alessandro Celi Assemblée générale du 23 mars 2014 - Rapport du président Raymond Vautherin Dans ce numéro 5 8 Lo Flambà face à une société en crise 14 Rollande Mazollier Comité des Traditions Valdôtaines Procès-verbal de réunion - Assemblée générale du 23 mars 2014 17 Sylvie Martinet Francophonie : Rencontre de Genève 23 Enrico Tognan Les Valdôtains morts pour la France (1939-1945) 26 Cesare Cossavella Donnas -Écomusée de la vigne 33 Raymond Vautherin 2014 -Année internationale de l'agriculture familiale 47 Raul Dai Tio Les digues -Les restes des barrières de protection contre les crues du Buthier 58 C.T.V. Foire de Saint-Ours -Permanence du C.T.V. au siège du groupe des Traditions Valdôtaines 67 Alessandro Celi Prix Vietti 2014 Joseph-César Perrin Anciennes épitaphes de nos cimetières - Enseignements et évènements Raymond Vautherin Dzan fin et Dzan fou Frédéric Bondaz Motta, ancien fromage Henri Armand Le secret du guérisseur. -Roman - 10''"' épisode Joseph-Gabriel Rivolin La Foire de Saint-Ours au moyen âge Patrik Perret 1614 - 2014: Les quatre-cents ans d'une paroisse et de sa " chapelle palatine jésuite .. Marco Gal, Serge Lapisse, Pierre Lexert, Lucrezia Pongan, Louis Quinson, Vuiller Samuel Les poètes du terroir 69 73 85 88 96 105 113 124

LE FLAMBEAU 61' année -n° 229 PRINTEMPS 2014 -11° 1 Rédaction et Administration COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES 3, rue de Tillier - 11100 Aoste Tél. +39 0165 36 10 89 - comtraval@gmail.com (ouvert les mardi et jeudi de 9h à 12h; le samedi de 9h à l lh) DIRECTEUR RESPONSABLE Raymond Vauterin -raymond.vautherin@gmail.com 6, rue Trèves - 11100 Aoste -Tél. +39 0165 42 512 COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef et correction des textes Rollande Mazollier -Tél. +39 348 714 8434 -rollamaz@gmail.com Rédacteurs Robert Artaz, Alessandro Celi, Nurye Donatoni, Alessandro Liviero, Sylvie Martinet, Joseph-César Perrin, Joseph-Gabriel Rivolin, Enrico Tognan COTISATION ANNUELLE membre effectif Italie : € 25,00 Europe : € 30,00 Autres pays:€ 35,00 Cette cotisation annuelle donne droit à l'envoi de notre revue trimestrielle Le paiement peut être eifectué : - soit au siège du C.T.V. 3, rue De Tillier, à Aoste, aux jours et heures indiqués ; soit par versement sur le compte courant postal n°10034114 au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier 11100 Aoste; soit par virement bancaire - IBAN : 33 V 02008 01210 0000025458 15 BIC/SWIFT: UNCRITMlCCO Les sociétaires demeurant hors d'Italie peuvent verser la cotisation soit par mandat postal international soit par virement bancaire: BIC/SWIFT : UNCRITMlCCO Enregistrement Tribunal d'Aoste n° 7/75 du 31.07.1975 Les manuscrits non publiés ne sont pas rendus Les opinions émises par les auteurs des articles n'engagent ni la rédaction du "Flambà" ni le C.T.V. Impression : Musumeci S.p.A. 97, Région Amérique 11020 Quart (Vallée d'Aoste) Tél. +39 0165 76 11 11 Il jJ FSC www.fsc.org MISTO Carta da fonti gestite in maniera responsablle Fsc• c1021ss

Assemblée générale du 23 mars 2014 Rapport du président * Alessandro Cnr L'adaptation des traditions est l'affaire de chacun de nous, tout comme la vie du C.T.V et la qualité du Flambeau. À ce propos, je me permets d'adresser à l'Assemblée deux requêtes : - Que chacun d'entre nous propose l'adhésion au Comité à une autre personne, car si nous tous nous portons un nouvel adhérent, nous doublerons nos ressources humaines et nous pourrons organiser plusieurs initiatives et nous faire mieux connaître. -Que toute personne désirant écrire un article pour le Flambeau le fasse, en envoyant son texte à la rédaction. Ce texte est le bienvenu et contribuera sans aucun doute à l'épanouissement de notre revue. 2014 Année internationale de l'agriculture familiale * Raymond VAUTHERIN L'agriculture familiale devient un moyen pour stimuler nos économies locales, surtout si elle est associée à des politiques spécifiques axées sur la protection sociale et le bien-être de notre communauté, car elle se caractérise par un lien fort entre la famille et l'unité de production, entre le capital productif et le patrimoine familial et une main d'œuvre composée principalement des membres de la famille. La Foire de Saint-Ours au Moyen Âge * Joseph-Gabriel RIVOLIN Comme il arrive souvent lorsqu'on décide de plonger dans le monde merveilleux de la recherche historique, c'est par un heureux hasard que je suis tombé sur la documentation administrative qui prouve le déroulement de la Foire de Saint-Ours, sans solution de continuité, du début du xrve jusqu'à la moitié du xvrc. Les digues Les restes des barrières de protection contre les crues du Buthier * Raul DAL Tro Ces ouvrages hydrauliques visant à protéger les terrains cultivés des inondations étaient réalisés avec des fonds que la municipalité demandaient aux propriétaires des parcelles, voire - comme dans le cas en question - des biens immeubles. Les listes des citoyens de la ville d'Aoste ou de la zone du Pont-Suaz qui contribuent alors de façon solidaire sont longues et les propriétaires des terrains les plus près des zones critiques sont ceux qui versent les sommes les plus conséquentes. Il

Anciennes épitaphes de nos cimetières enseignements et évènements ~ Joseph-César PERRIN Pour les chrétiens les inscriptions funéraires sont toujours instructives. Elles nous rappellent que la vie d'icibas n'est qu'un bref passage, qu'il faut péniblement le traverser, que le monde n'est qu'un exil que l'on doit endurer avant de rejoindre la demeure céleste promise. Les épitaphes des membres du clergé, parlant directement aux fidèles, ne négligent pas de tracer le chemin qu'il faut suivre pour atteindre ce but. Motta un ancien fromage * Frédéric BoNDAZ À mon grand étonnement, en examinant des anciens documents repérés sous une arche au magasin de la vieille maison paternelle, j'ai lu " FROMAGE DE MOTTE "· Le document, qui commence avec " Au nom de Dieu Amen .. porte la date de " l'an de grace courant mille six cent et trente, indition treizième et le jour premier du mois de juin .. est " fait et passé en la citté d'Aoste rue de la croix de ville dans le domicilie .. du notaire Antoine Defeye à la présence de trois " temoins connus a ce requis et assistants .., concerne l'institution d'un legs. 1614 - 2014: Les quatre-cents ans d'une paroisse et de sa " chapelle palatine jésuite » * Patrik PERRET Il y a quelques jours, Margherita Barsimi Sala m'a rappelé qu'il y a exactement quatre-cents ans, le 5 juin 1614, la " chapelle palatine .. de Fontaney, une des commissions plus emblématiques des Vallaise en Vallée d'Aoste, était donnée par la famille à la communauté de PontSaint-Martin. Le 19 juillet suivant, elle était promue au rang d'église paroissiale de la bourgade et consacrée au Très Précieux Sang de Notre Seigneur fésus-Christ. Il

TRAVAILLONS ENSEMBLE Chère Sociétaire, cher Sociétaire, Lectrices et Lecteurs du Flambeau, ~ Alessandro CELr vec un peu de retard, le premier numéro de l'an 2014 A arrive dans les maisons avec son contenu de chroniques, contes et recherches valdôtaines. L'hiver qui vient de s'écouler a vu le Comité des Traditions participer à la grande Foire de Saint-Ours, en donnant sa contribution à la promotion de l'artisanat à travers le Prix Vietti, et à l'animation de cette véritable fête de la Vallée d'Aoste grâce à la présence des groupes folkloriques et l'ouverture du siège du groupe des Traditions Valdôtaines dans l'après-midi du 30 janvier. Il s'agissait, pour le CTV, d'une présence presque obligatoire car l'artisanat et le tourisme représentent deux volets indispensables pour le futur de notre région et de notre culture et notre Association est toujours prête à les soutenir, comme celui représenté par l'agriculture. À ce propos, j'ai le plaisir de signaler que 2014 a été proclamé Année internationale de l'Agriculture familiale. Il s'agit d'un rendez-vous à ne pas négliger, tant au point de vue pratique que idéal, car il nous permet de récupérer un aspect fondamental de la civilisation valdôtaine et de l'héritage d'Émile Chanoux, dont nous commémorons au mois de mai le septantième anniversaire de la mort. Il y a cinquante ans, notre région était encore une vallée d'agriculteurs, liés à une organisation familiale de l'entreprise agricole: certes, il y avait des ouvriers agricoles, mais ils étaient peu nombreux et, presque tous, possédaient aussi leur propre champ, pour grand ou petit qu'il fût. Cette organisation n'était pas sans conséquences pour la culture et l'organisation générale de la société valdôtaine et Émile Chanoux, en profond connaisseur de la réalité Il

locale, avait déjà entrevu, dans les années sombres de la guerre et de la dictature, son importance et le véritable défi qui attendait les Valdôtains : garantir leur survie par les moyens de la démographie et du développement économique lié à la petite industrie agroalimentaire. Dans l'un de ses articles, le Martyr écrivait : Notre peuple est formé d'hommes. Pour se développer ses fils devront être nombreux. Notre agriculture s'étiolera, malgré les rus, malgré les fermes. Nos industries échapperont de nos mains, malgré tout notre travail d'organisation, si nos fils ne seront pas plus nombreux, s'ils ne se multiplieront pas. La Vallée d'Aoste est un peuple. Ce peuple aura un avenir meilleur que son passé immédiat, s'il sera digne de l'avoir1 . Quelles leçons peut-on tirer, aujourd'hui, de ces paroles ? La reconnaissance de l'importance de la famille pour l'agriculture, ainsi que l'idée du " produit zéro kilomètre " nous offrent l'occasion de réfléchir sur le futur de notre région, à un moment où les sirènes de l'industrialisation à tout prix - hélas, bien mensongères - viennent dévoiler leur véritable aspect destructeur tant de l'environnement que de la solidarité sociale qui faisait autrefois la véritable force des Valdôtains. Ce n'est qu'en récupérant toute la valeur d'un produit de qualité, mis à la disposition du consommateur sans trop de passages dans les mains des commerçants, de jour en jour plus coûteux à cause du prix du carburant et des impôts, que l'on pourra assurer la survie de notre agriculture et, par ce biais, celui du véritable cachet valdôtain de notre environnement. Certes, cela demande un changement important dans nos habitudes, à partir de la récupération du sens de solidarité et de l'effort collectif pour le bien de chacun et de tous. À ce titre, on se doit d'applaudir l'exemple donné par les vignerons, qui ont décidé de regrouper coopératives et entreprises privées au sein d'un réseau qui permette des économies d'échelle et une meilleure promotion de leurs produits. Des produits qui ne représentent pas seulement une source de revenus, mais aussi un moyen 1 Emile Chanoux, Ecrits, Le Chateau, 1994, p. 168. Il

Les membres du conseil de direction du Comité des Traditions Valdôtaines au travail fondamental pour faire connaître notre Vallée dans le monde entier, surtout dans des lieux d'où peuvent venir des touristes intéressés à nos pistes de ski et à notre patrimoine artistique et archéologique. Travail en réseau dans la promotion des différents atouts de notre Région, fantaisie dans la création d'occasions où le vin ou les fromages s'unissent à la culture, l'art au ski, le thermalisme à la montagne, avec la conscience que parler d'un produit signifie illustrer toute la Vallée et que l'effort d'un seul peut assurer des retombées à tout le monde : voilà le but à atteindre pour garantir un futur meilleur à nos enfants. Le Comité des Traditions Valdôtaines, grâce à sa revue, peut et veut participer à cet effort, comme le démontrent les articles déjà publiés, dédiés à l'agritourisme, autre grande possibilité de développement pour notre agriculture: je souhaite, donc, une collaboration toujours meilleure avec toutes les forces productives de notre belle Vallée. Dans une période de crise, négliger la possibilité de faire connaître son activité par une revue diffusée en Italie, France et Suisse serait la preuve d'un manque d'intelligence.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 23 MARS 2014 Rapport du Président ~ Alessandro CELr esdames, Messieurs, Chers amis, Autorités, M C'est un plaisir pour moi ainsi qu'un honneur de prendre la parole, pour la première fois, devant cette assemblée, en qualité de président du C.T.V. C'est un plaisir, parce que j'ai la possibilité de me confronter avec vous, pour présenter les résultats de l'activité du nouveau Conseil de Direction, en employant cette belle langue française qui constitue depuis toujours le pilier de notre identité valdôtaine et que - hélas - nous oublions trop souvent. C'est un honneur, parce que, quand j'ai accepté la candidature pour le Conseil de direction du Comité, je n'imaginais point d'être élu président et de devenir ainsi, sans par ailleurs aucun mérite de ma part, le représentant officiel d'une association historique qui arrive aujourd'hui à sa soixante-sixième année et œuvre, depuis sa constitution, pour la défense et la promotion de notre petite patrie valdôtaine, trouvant dans les traditions la source et le pivot de son action. Parmi les devoirs du Président, il y a, évidemment, celui de présenter ce rapport, pour partager avec vous, d'un côté, la joie pour les réalisations achevées et, de l'autre, la préoccupation pour les problèmes que le Comité a dû affronter au cours de l'année écoulée et, surtout, l'espoir pour les activités futures. Et, c'est bien de l'espoir que je veux parler, d'une façon particulière, aujourd'hui, car les réalisations du C.T.V, quoiqu'intéressantes, ont été, hélas, peu nombreuses en 2013, tandis que les inquiétudes n'ont pas manqué et, malheureusement, ne manqueront pas. Parmi les premières, j'aimerais rappeler: - la parution des quatre numéros de notre revue, Le Flambeau; Il

l'organisation du Prix Vietti, décerné à l'artisan qui a représenté le mieux la vie traditionnelle du Val d'Aoste dans l'œuvre présentée à la Foire de Saint-Ours. - la participation au Prix Willien, qui prime la maison d'édition ayant réalisé le meilleur livre d'argument valdôtain, pendant l'année précédente; - la participation du Comité à Traditèn, la Veillà de Charvensod, qui, malgré un climat peu favorable - la neige était au rendez-vous -a quand même vu un bon nombre de personnes visiter la salle réservée au C.T.V (la manifestation s'est déroulée le 28 décembre dernier) ; - l'organisation de cours de danses typiques dans les écoles par les Groupes folkloriques soutenus par le Comité qui ont eu un excellent succès; pour cela, je ne peux que remercier nos amis des deux groupes qui, comme d'habitude, ont fait l'honneur du Comité. - la participation du Comité aux initiatives pour le soutien de la langue française en Vallée d'Aoste, à l'intérieur d'un groupe constitué par d'autres associations et sociétés savantes, telles que l'Académie Saint-Anselme, l'Union des Journalistes de la Presse Francophone, Esprit Valdôtain et Pays d'Aoste. Avec elles, le Comité a rencontré !'Assesseur à la Culture et le Directeur du siège Rai de la Vallée d'Aoste Je me dois de rappeler encore la rencontre avec la nouvelle directrice de l'Alliance Française d'Aoste, Mme Keefe, au mois de novembre dernier : un colloque de plus d'une heure, pendant lequel la délégation du C.T.V -composée des conseillers Bondaz, Rey et Tognan, qui étaient avec moi -a présenté les activités de notre association et a envisagé des collaborations potentielles dans le domaine de la radio et de la Toile (internet). Enfin, je ne peux passer sous silence l'attention que le C.T.V a reçu et reçoit de la part des organes d'information. La Rai Vallée d'Aoste a toujours démontré un grand intérêt envers nos initiatives, ce qui a mis en valeur l'engagement des bénévoles qui continuent à soutenir, grâce à leur présence et leurs efforts, l'activité de notre société. Je crois pouvoir en dire de même pour les principaux journaux locaux: il s'agit là d'une marque de considération qu'on ne doit pas négliger, pour plusieurs raisons.

Le Président présente son rapport Avant tout, les interviews et les reportages de la télévision nous permettent d'employer le français devant le grand public, prouvant ainsi que cette langue est encore vivante et qu'elle peut jouer un rôle fondamental chez nous. De plus, les articles des journaux nous offrent une vitrine importante pour expliquer les raisons et les buts de notre action ; ainsi, ils deviennent un instrument fondamental de promotion du Comité, qui espère ainsi accroître, par ce moyen, le nombre de ses adhérents. En ce qui concerne les inquiétudes, le discours est vite fait : il y a celles de nature économique et celles liées à la démographie. Parmi les premières, dues - il est assez évident - à la crise générale dans laquelle nous sommes tous plongés depuis pas mal

de temps, il faut signaler la diminution du financement régional et le retard avec lequel a été liquidé celui de bannée 2013. La cause est, comme tout le monde le sait, le tristement célèbre " patta di stabilità ", qui empêche à l'Administration régionale de disposer de l'argent qu'elle possède; le résultat a été la réduction du nombre de pages du Flambeau - qui est passé de 164 à 132 - et, malheureusement, le retard dans la parution du dernier numéro de 2013. Pour 2014, le Comité pourra compter, à coté de ses propres cotisations, sur un financement régional réduit, par rapport à celui des années avant-crise, mais qui permettra, en tout état de cause, la parution du Flambeau. À dire la vérité, il me faut préciser que les sociétés culturelles valdôtaines ont joui d'un traitement spécial car, par rapport à d'autres secteurs, la réduction est moins importante et correspond, grosso modo, au tiers du montant jadis octroyé. Et la crise, hélas, n'est pas encore terminée. Il faut alors imaginer une nouvelle gestion de notre revue, et en même temps augmenter le nombre des cotisations, afin de trouver de nouvelles ressources qui nous permettent d'œuvrer avec une tranquillité majeure au point de vue économique. Cette dernière considération nous fait entrer dans le deuxième volet des préoccupations, celui de la démographie. La plupart des adhérents au C.T.V. sont, il faut bien le dire, plutôt âgés et il est dans l'ordre naturel des choses d'envisager un changement progressif du goût et des intérêts des lecteurs de la revue. À ce sujet, je crois indispensable que le Conseil de Direction, ainsi que la Rédaction toute entière et -pourquoi pas ? - tous les lecteurs de la revue et les adhérents au C.T.V, s'engagent, tous ensemble, dans une réflexion qui aboutisse à un renouvellement de la revue qui, tout en sauvegardant ses buts statutaires et ses caractéristiques, puisse mieux répondre aux nouveaux lecteurs que l'on espère pouvoir contacter. Permettez-moi, donc, une petite parenthèse. Je suis convaincu que, comme dans toutes associations culturelles, chacun des adhérents peut contribuer à la réussite commune avec ses talents et ses capacités. Moi, je suis historien et je ne peux qu'offrir ma vision personnelle dans le service apporté au Comité. m

J'ai appris, au cours de mes études, que la tradition est un élément indispensable dans toutes les sociétés, mais aussi que la tradition se modifie au fur et à mesure des changements des sociétés elles-mêmes. Un seul exemple : la pomme de terre et le maïs nous arrivent del'Amérique et avant le XVIIIesiècle ne faisaient pratiquement pas partie du régime alimentaire des Valdôtains. Doit-on alors penser que les trifolle et la polenta ne sont pas, aujourd'hui, deux des principaux aliments traditionnels de notre identité en cuisine ? Certainement non, au contraire. Il faut, par conséquent accepter le principe que la sauvegarde des traditions implique non seulement le maintien des habitudes périmées à cause du changement de la société, mais aussi et surtout la parfaite compréhension des valeurs sur lesquelles la vie matérielle est bâtie de nos jours. C'est la seule façon de valoriser l'esprit et les aspects positifs contenus dans la définition de" valdôtain ",et de les maintenir toujours vivants et capables de survivre, intacts, aux défis du xx1e siècle. C'est une idée que j'ai déjà illustrée dans le Flambeau, mais que je répète ici volontiers : l'amour de la terre est l'un des éléments fondamentaux de notre identité ; mais cela ne signifie point que l'on ne puisse pas utiliser les tracteurs dans les travaux des champs, parce que nos ancêtres employaient le cheval et le mulet. Ce serait un non-sens hors de toute compréhension. Je le répète : l'adaptation des traditions est l'affaire à chacun de nous, tout comme la vie du C.T.V et la qualité du Flambeau. À ce propos, je me permets d'adresser à l'Assemblée deux requêtes: - Que chacun d'entre nous propose l'adhésion au Comité à une autre personne, car si nous tous nous portons un nouvel adhérent, nous doublerons nos ressources humaines et nous pourrons organiser plusieurs initiatives et nous faire mieux connaître. - Que toute personne désirant écrire un article pour le Flambeau le fasse, en envoyant son texte à la rédaction. Ce texte est le bienvenu et contribuera sans aucun doute à l'épanouissement de notre revue. m

Il ne me reste qu'un ultime devoir, celui de remercier Madame Gabriella Viérin ; après deux décennies de service au C.T.V. en tant que secrétaire, Gabriella a décidé de prendre sa retraite. C'est un choix que nous respectons. Nous lui exprimons nos meilleurs souhaits pour l'avenir. Je profite de l'occasion pour remettre à Gabriella, au nom de vous tous, un petit cadeau offert par le C.T.V. Ce n'est pas grandchose mais c'est l'expression concrète des mille remerciements que nous lui présentons pour son dévouement durant ces deux décennies en faveur du Comité ainsi que pour sa sympathie et sa cordialité. Grand merci Gabriella. Après avoir remercié Gabriella, je ne peux que souligner que la nécessité la plus urgente pour notre association est désormais celle d'assurer l'ouverture du siège pendant la semaine. Comme vous le savez, notre siège est ouvert les mardi et jeudi de 9h00 à 12h00 et le samedi de 9h00 à l lhOO. Durant ces jours d'ouverture, nos sociétaires, mais aussi d'autres personnes, se rendent à notre siège pour diverses raisons. Nous ne pouvons pas le fermer, car le siège est la vie du C.T.V. Le problème que nous avons est le suivant : que faire ? J'aimerais, donc, connaître l'avis des sociétaires et je vous invite à intervenir : Doit-on changer les horaires et le jour d'ouverture ou faut-il maintenir ceux d'aujourd'hui? Y-a-t-il dans cette salle des bénévoles pour assurer son ouverture? Est-ce-que vous avez des suggestions, des propositions ? Comme vous le voyez, ce sont-là des décisions importantes à prendre, mais je fais confiance à votre sollicitude et à l'aide de chacun de vous. L'avenir du Comité est entre vos mains. m

Lo FLAMBà FACE ' / / A UNE SOCIETE EN CRISE * Raymond VAUTHERIN U n fâcheux contretemps m'empêche de participer à cette assemblée. Toutefois cet imprévu ne m'empêche pas de vous faire parvenir mes salutations et mon amical bonjour à vous tous et de vous souhaiter une agréable journée. Comme je le suppose, le président vous a déjà mis au courant des difficultés que le Comité des Traditions Valdôtaines se trouve à devoir affronter afin de pouvoir continuer son activité et la publication du Flambeau à cause de la réduction du budget. C'est pour cette raison que nous avons dû diminuer le nombre des pages de la revue afin de permettre qu'elle puisse, quand même, paraitre régulièrement. Cette nouvelle situation, qui ne préconise rien de bon, me porte à faire quelques réflexions à l'égard de notre action qui est centrée surtout sur la défense de nos langues et de notre culture régionale. C'est bien à travers les divers articles culturels de la revue traitant l'histoire, la littérature, la religion, les coutumes, l'artisanat, l'architecture, etc. de notre peuple que nous essayons en quelque sorte de nous défendre contre cette nouvelle société dans laquelle nous vivons et à laquelle il est de plus en plus difficile de se conformer, car elle évolue rapidement et nous oblige à la suivre selon les exigences du moment et la culture surtout subit un double processus d'uniformisation créé par le système capitaliste et la volonté hégémonique des États. Ceux qui ont un certain âge se rendent compte que nous vivons une période extrêmement délicate, surtout pour nos futures générations, à cause d'une société en crise qui finira par modifier le statut actuel des gens pour les projeter dans une autre perspective. Cette future société sera sûrement différente au point de vue commercial, politique et ethnique. Ce sera une nouvelle m

vision des peuples issus d'une force globalisante qui provoquera la fin d'une époque pour en créer une nouvelle au détriment des petites communautés comme la nôtre. Le C.T.V. tout au long de son existence, a joué et joue encore un rôle non indifférent vis-à-vis de la sauvegarde de nos traditions et si aujourd'hui elles continuent à survivre c'est encore grâce à l'action de ceux qui ont œuvré dans cette direction et ont fait partie de notre association. Toutefois nous ne pouvons pas ignorer que les choses ont changé au cours de ce dernier quart de siècle; deux générations autochtones de valdôtains se sont succédé sans avoir pour autant su transmettre cet héritage familial avec son histoire, ses valeurs, ses particularités sociales, culturelles, linguistiques, religieuses, qui constituent l'esprit ethnique d'un peuple. Entre temps, ne l'oublions pas, une quantité d'immigrés de toutes races se sont insérés dans notre société qui, hélas, n'a pas Assemblée générale : une partie du public m

su les assimiler en leur inculquant notre civilisation; par conséquent, notre nouvelle génération, affaiblie en nombre, sombre de plus en plus dans une globalisation complète au détriment de notre culture et de nos langues. De nos jours, il est donc tout naturel de se demander: -Que reste-t-il de l'esprit autonomiste qui animait nos grands-parents ? Le mot " Autonomie ,, a-t-il encore un sens, banalisé par tous les partis politiques, sans distinction de couleur, qui se démontrent autonomistes que de façade ! Et que dire des valdôtains ? qui n'enseignent plus leur langue aux enfants -va savoir pour quelle raison -et se précipitent plus volontiers dans la rue pour fêter la victoire d'un championnat de football plutôt que de s'intéresser à l'avenir de leur pays ! Résultat ? Ils se laissent assimiler, absorber, incorporer. À travers notre modeste action, dans les pages du Flambà, nous cherchons, avec difficulté bien sûr, à intégrer toutes ces identités collectives partielles, toutes ces mémoires au sein d'une identité générale. Nous cherchons à faire en sorte que la culture, dans toutes ses dimensions, particularise et rapproche, afin que notre peuple ne devienne pas de plus en plus un ensemble de corporations, réglées par des impitoyables lois du business. Les nouvelles générations, tant bien que mal, s'adapteront à vivre dans cette version totalitaire qui les aura vidées de tout ce qu'il y a de spirituel et d'ethnique dans leur milieu naturel. Le peuple valdôtain doit réapprendre avant tout à se respecter lui-même, pour pouvoir ensuite exiger que notre communauté puisse -et doive -revendiquer pour elle le droit de vivre sa vie avec ses langues régionales, ses écoles, ses médias, son économie et ses traditions.

PROCÈS-VERBAL / DE REUNION Assemblée générale du 23 mars 2014 ~ Rollande MAZOLLIER e 23 Mars 2014, à 10h30, s'est tenue en seconde lecture au L restaurant Le Rendez-vous d'Aymavilles l'assemblée générale annuelle du Comité des Traditions Valdotaines qui, comme le veut désormais la tradition, a été suivie du dîner de Mi-carême. L'ordre du jour était le suivant : 1. Rapport du président 2. Rapport du trésorier 3. Rapport des commissaires aux comptes 4. Bilan 2013 et budget 2014 5. Rapport du directeur du Flambeau 6. Rapport des groupes folkloriques 7. Organisation du CTV: initiative et coûts 1. Rapport du président Le président souhaite la bienvenue aux sociétaires participant à l'assemblée (Vingt-cinq procurations ont été reçues) en évoquant l'importance de cet instant qui lui permet, pour sa première année de présidence, de rencontrer les adhérents de cette association historique qui célèbre cette année ses 66 ans d'existence dévoués à la défense des traditions et de la langue française. Il procède ensuite à la lecture de son rapport moral synthétisant les réalisations de l'année écoulée, les préoccupations soulevées pour l'avenir du Comité ainsi m

que les initiatives à entreprendre. En ce qui concerne les réalisations du C.T.V, elles ont été peu nombreuses en 2013, à savoir : outre la parution des quatre numéros du Flambeau, l'organisation du Prix Vietti, la participation au Prix Willien, à Traditèn, la Veillà de Charvensod, l'organisation de cours de danses typiques dans les écoles par les Groupes folkloriques, la participation, avec d'autres associations et sociétés savantes, aux initiatives mises en chantier pour la défense de la langue française en Vallée d'Aoste, la rencontre avec la nouvelle directrice de l'Alliance Française d'Aoste, Mme Keefe, au mois de novembre dernier au cours d'un long colloque pendant lequel la délégation du C.T.V a présenté les activités de notre association et a envisagé des collaborations potentielles dans le domaine de la radio et de la Toile (internet). Le président souligne par ailleurs l'attention que le C.T.V a reçu et reçoit de la part des organes d'information, entre autres, la Rai Vallée d'Aoste et les principaux journaux locaux qui nous offrent une vitrine importante pour expliquer les raisons et les buts de notre action. Dans le cadre des préoccupations et problématiques, il y a en premier lieu celles de nature économique dues à la diminution de moitié de la subvention régionale et celles démographiques dues à l'âge des adhérents. Il faut donc envisager un changement progressif du goût et des intérêts des lecteurs de la revue et en même temps augmenter le nombre des cotisations, afin de trouver de nouvelles ressources. Le président insiste sur le fait que la tradition est un élément indispensable dans toutes les sociétés, mais elle se modifie au fur et à mesure des changements des sociétés elles-mêmes. Il est donc indispensable que le Conseil de Direction et la Rédaction toute entière, les lecteurs et les adhérents, s'engagent, tous ensemble, dans une réflexion qui aboutisse à un renouvellement de la revue qui, tout en sauvegardant ses buts statutaires et ses caractéristiques, puisse mieux répondre aux attentes de nouveaux lecteurs potentiels. Il sollicite l'assemblée pour que chaque membre propose l'adhésion au Comité à une autre personne, car cela permettrait de doubler les ressources humaines et donc d'organiser plusieurs initiatives, et aussi que toute personne désirant écrire un article pour le Flambeau le fasse et m

envoie son texte à la rédaction, ce qui contribuera sans aucun doute à l'épanouissement de la revue. Il termine son rapport par les remerciements à Gabriella Vierin, qui a assuré pendant deux décennies le secrétariat et la permanence du C.T.V et qui a émis le souhait de prendre sa retraite. Un cadeau de départ lui est remis au nom de tous les membres du Comité. Il évoque ensuite les problèmes liés à ce départ à savoir, l'ouverture du siège, qui est fondamentale et, à ce propos, sollicite l'avis des membres sur le devenir de cette ouverture et leur participation. Il termine son rapport en mettant à nouveau l'accent sur l'importance de la revue. 2. et 4. Rapport du trésorier Mario Vietti, trésorier du C.T.V, prend ensuite la parole pour présenter les bilan et budget prévisionnel. Il rappelle les difficultés auxquelles s'est heurté le Comité en 2013, précisant que son existence repose sur les cotisations et la subvention. Seulement environ 350 personnes paient régulièrement leurs cotisations. La subvention sert à payer la parution des quatre numéros du Flambeau et cette année les restrictions budgétaires ont fait qu'elle a été réduite aux trois-quarts. La grande inconnue demeure pour 2015 et 2016. Il donne ensuite une lecture détaillée du bilan 2013. Ayant reçu la subvention 2013 en janvier 2014, le budget est pour l'heure équilibré. Il passe ensuite au budget prévisionnel 2014 avec divers commentaires sur les rubriques. Il précise que toute la comptabilité ordinaire du C.T.V est à la disposition des membres qui souhaiteraient la visionner. 3. Rapport des commissaires aux comptes Robert Artaz, commissaire aux comptes, après avoir entendu le rapport du trésorier demande à l'assemblée d'approuver bilan et budget. Bilan et budget sont approuvés à l'unanimité par vote à main levée. m

5. Rapport du directeur du Flambeau Le président évoque l'absence et les conditions de santé de Raymond Vautherin qui, toutefois, a délégué Joseph Perrin pour lire son rapport. Plus qu'à développer des arguments sur la revue ellemême, son rapport fait ressortir les difficultés du Flambeau dans ce climat de crise. Il aborde également à travers une vision négative quelques réflexions sur la défense des langues et de la culture régionale face à une globalisation galopante. Il insiste sur l'importance du rôle du C.T.V et précise que le Flambeau est un moyen essentiel pour réapprendre le respect de notre communauté afin que celle-ci puisse revendiquer le droit de vivre sa vie avec ses langues régionales, ses écoles, ses médias, son économie et ses traditions. Avant de céder la parole aux deux groupes, le président informe les sociétaires qu'un certain nombre d'anciens Flambeaux ont été récupérés et que ceux-ci sont disponibles au siège pour qui voudrait compléter sa collection. 6. Rapport des groupes folkloriques. La Clicca La représentante du groupe, en l'absence du nouveau président Moreno Ducly, évoque les diverses manifestations auxquelles le groupe a participé au cours de l'année 2013, à savoir: les traditionnelles Foire de Saint-Ours et d'été, une retraite aux flambeaux à Pila, la journée dédiée à l'espace Mont-Blanc, la fête patronale de Saint-Martin-de-Corléans et les Floralies vocales. Le groupe a effectué également plusieurs sorties dans les communes de la vallée. Elle insiste sur le développement des activités scolaires, surtout avec le Pensionnat Federico Chabod. Avant de terminer son rapport, elle adresse, au nom du groupe et de tous les adhérents présents, un vif remerciement à l'ancien président Serge Besenval qui, pendant plusieurs années a dirigé La Clicca. En effet, au début 2014 ont eu lieu les élections pour le renouvellement du conseil de direction. Groupe Traditions Joseph Gnemaz, en remplacement de la présidente Joëlle Bolon, donne lecture du rapport sur les activités 2013. Il évoque deux points importants qui ont marqué la vie du groupe: la collaboration avec m

le Pensionnat Federico Chabod qui a donné d'excellents résultats et le profond engagement développé envers les enfants. Une action positive à tout point de vue. Un projet sur la fabrication du pain avec une chanson dédiée à cet aliment est en voie de développement. L'autre point marquant a été l'organisation des veillées en patois avec chants et danses qui ont eu un grand succès et qui seront reproposées en 2014. Il soulève ensuite le problème financier négatif et insiste sur le fait que toutes les activités sont basées sur le bénévolat, ce qui rend difficile la participation aux festivals internationaux. 7. Organisation du C. T.V. Après les exposés des différents intervenants, le président cède la parole à l'assemblée et ouvre le débat sur le point le plus important, soit l'organisation du C.T.V et les initiatives. - À la question de Lucrezia Pongan sur la diffusion du Flambeau dans les écoles, le président répond que contact a été pris avec l' Association des Enseignants de français fin que le Flambeau soit proposé comme instrument d'enseignement de la civilisation valdôtaine. - Joseph Perrin souligne qu'il est, dans ce but, nécessaire de sensibiliser deux institutions : la famille et l'école. - À cela, François Stevenin renchérit que Le Flambeau est fondamental et évoque la rencontre des associations culturelles avec l'Assesseur à !'Éducation et à la Culture où il a été pris conscience des problèmes auxquels se heurtent non seulement Le Flambeau mais aussi la revue Augusta et l'AVAS. Il suggère d'organiser une réunion pour la défense de la langue française avec le Comité comme chef de file. Le président prend note. - Une question d'ordre général sur le patois est posée en ce qui concerne le patois. Doit-on dire francoprovençal ou arpitan ? À ce propos le président évoque l'histoire du terme. Enrico Tognan et Joseph Rivolin interviennent sur l'argument. Plus personne ne désirant prendre la parole, l'assemblée est approuvée à l'unanimité et levée à 12h25. Le Président Alessandro Celi m La secrétaire de séance Rollande Mazollier

Les participants à l'assemblée générale et au diner de la Mi-Carême m

FRANCOPHONIE : RENCONTRE DE GENÈVE -<> Sylvie MARTINET ne rencontre entre deux univers unis par la Franco- U phonie. C'est ce qui s'est déroulé le vendredi 4 octobre 2013, à Genève, quand quinze membres de la section valdôtaine de l'Union de la Presse Francophone - le président François Stévenin, Jeannette Fosson, Evelyne Parouty, Albino Impérial, Sylvie Martinet, Elena Landi, Iris Morandi, Alexis Bétemps, Carlo Rossi, Imelda Janin, Cristina Deffeyes, Joseph Péaquin, Claudine Remacle et Laura Riello -ont rencontré leurs correspondants suisses. Au programme - magnifiquement concocté par le président de la section suisse Daniel Favre et le vice président Jean-Pierre Molliet -la découverte en une journée des principaux médias de la ville. Le tour a commencé au siège du quotidien " La Tribune de Genève " où la délégation valdôtaine a eu la chance de participer à la réunion de rédaction présidée par le rédacteur-en-chef Pierre Ruetschi et par le rédacteur-en-chef adjoint Denis Étienne. La séance a été l'occasion pour découvrir non seulement le procédé de création du journal, mais aussi pour confronter le regard porté côté suisse et côté valdôtain sur les thèmes les plus intéressants de l'actualité internationale. Le rendez-vous suivant était fixé avec le directeur du département Affaires générales de la RTS Pascal Crittin et avec le responsable des affaires juridiques de la TSR Patrice Aubry au siège de la RTS. Du haut du seixième étage d'un bâtiment flambant neuf, les Valdôtains ont découvert une vue imprenable sur la ville, illustrée à travers les mots de Patrice Aubry. La merveille m

La délégation valdôtaine qui a participé à la réunion de la Francophonie à Genève initiale n'était que le préambule d'une rencontre très enrichissante sur le monde de la télévision suisse. Pascal Crittin a révélé les mécanismes de ce système qui favorise les minorités linguistiques dans la distribution des ressources, ce qui rend possible un équilibre entre les communautés qui, dans d'autres pays et régions (Vallée d'Aoste incluse), n'est qu'un lointain mirage. Après avoir visité les studios où sont enregistrés les émissions de télé, la délégation s'est déplacée au musée de la Croix Rouge de Genève. Les images, les objets et les témoignages recueillis dans la structure ont raconté l'histoire et les activités d'une des principales institutions nées en Suisse. La dernière étape du voyage a été le Club de la Presse suisse. La présidente Margareta Donos-Stroot et le directeur Guy Mettan ont expliqué aux journalistes valdôtains le fonctionnement de cette association qui essaye de créer un pont entre la Genève du monde diplomatique et la Genève des gens communs. Le m

La visite de la délégation au Club de la Presse suisse but de l'association est celui de donner la possibilité de tenir gratuitement des conférences de presse face aux journalistes du monde entier; depuis sa création, son siège a vu défiler les personnalités les plus prestigieuses comme les plus modestes. En quittant le sol helvétique, le mot " exemple » est celui qui résume le mieux une journée dense de découvertes et de rendez-vous. La délégation a été confrontée à des instruments médiatiques sur une grande échelle et avec des méthodes de travail efficaces qui ne pourront qu'inspirer les journalistes dans leur travail. Les représentants de la section suisse de l'Union de la Presse Francophone ont aussi été un modèle non seulement dans l'organisation parfaite du séjour, mais aussi dans le rapport de leurs activités pour la défense du français qui continuent à remporter des succès. Une journée d'échange qui est la preuve que les liens et les contacts sont toujours enrichissants. m

LES V ALDÔTAINS MORTS POUR LA FRANCE (1939-1945) * Enrico ToGNAN e site internet du Secrétariat général du Ministère de la L Défense de la République française publie la liste de tous les soldats " morts pour la France " au cours de toutes les guerres de ces 150 dernières années. Il existe la possibilité de rechercher les personnes par nom et par citoyenneté. Il faut savoir, en fait, que la dénomination " mort pour la France ", concerne tous les militaires qui, au delà de leur nationalité, ont sacrifié leur vie pour la France. Il est assez connu qu'au cours du premier conflit mondial, beaucoup de Valdotains s'engagèrent volontaires dans l'armée française, mais, par contre, que des Valdôtains ont pris part sous l'uniforme français au second conflit et, surtout, que dix-huit d'entre eux y ont perdu la vie, est un fait plutôt méconnu. Il faut aussi préciser qu'au moment de ces événements tous ces Valdôtains avaient conservé leur citoyenneté italienne. Ils s'étaient portés, vraisemblablement, volontaires dans l'armée de terre française ; la plupart d'entre eux étaient engagés dans la Légion étrangère. D'autres, enfin, ont fait partie des célèbres Forces Françaises de l'intérieur (FFI). Nous leur rendons hommage. 01. Blanchet Fernand -Né le 16 décembre 1918 à Nus. Soldat au lOSe Régiment, 1 ère Compagnie; Mort au combat le 12 juin 1940 à Cernay-les-Reims (Marne). 02. Borettaz Enzo - né le 22 mars 1927 à lssogne. Soldat au 5e Régiment de Tirailleurs Marocains (RTM), encadré dans la 2e Division d'infanterie marocaine, mort à Trésudans (territoire de Belfort) le 24 novembre 1944, "tué par éclat d'obus" dans la trouée de Belfort. Le 5c RTM, devenu tel en 1929 (il avait repris

le 65c RTM), était commandé à l'époque par le Colonel Joppé (1943-1944) et, ensuite, par le colonel Piatte (1944-1945). Le 5e Régiment est engagé au combat dès novembre 1943. Il a pris part à la Campagne d'Italie et, le 16 décembre 1943, s'est " lancé fougueusement a battaque du mont Pantano contre lequel s'étaient brisés, au cours d'une bataille de plusieurs jours, les efforts de deux régiments. Dans un élan irrésistible, sous les tirs de mortiers, d'artillerie et de mitrailleuses, il a enlevé toutes les résistances, détruisant à la grenade toute la garnison ennemie solidement retranchée dans les lignes de blockhaus à contre-pente et protégée par des champs de mines. L'ennemi ayant été obligé de se replier, s'est lancé à sa poursuite, malgré le froid, la fatigue et les pertes. Le 12 janvier 1944, s'est de nouveau lancé à l'attaque et a enlevé toutes les organisations allemandes qui lui étaient opposées, infligeant de lourdes pertes à l'ennemi et réalisant une progression de six kilomètres. Le 21 janvier, s'est lancé à l'attaque du mont San Croce, puissamment fortifié et très fortement tenu. Arrêté au cours de sa progression par des résistances ennemies et durement contreattaqué, s'est a nouveau lancé à l'attaque, bousculant l'ennemi, lui capturant de nombreux prisonniers et enlevant tous ses objectifs ,,i. Le 13 mai 1944, " Sous les ordres de son chef, le lieutenant-colonel Piatte, n'a cessé de se distinguer au cours des opérations de rupture du front allemand d'Italie. Le 13 mai a participé à l'enlèvement de haute lutte des positions allemandes du Cerasola qui avaient résisté aux premiers assauts puis, après avoir brisé de violentes contre-attaques, s'est lancé à l'attaque du Feuci et du Majo, réalisant ainsi la rupture du front allemand. Dès la nuit du 13 au 14 mai, sans souci du danger, s'est lancé en flèche dans le dispositif de défense ennemie, s'emparant du Costa Garosa, du Calvo et du Castellone, réalisant une avance de 10 kilomètres, capturant de nombreux prisonniers, bousculant les réserves de l'ennemi et consacrant définitivement sa perte. Les 15 et 16 mai, s'est de nouveau lancé à l'attaque et, brisant les lignes successives de résistance ennemie, s'est emparé des villages de Patricia, Morolo, 1 1'" citation à l'ordre de l'Année attribuée au 5' Régiment de Tirailleurs Marocains (5' RTM) lors de la campagne d'Italie en 1944, Ordre général n° 096, 25 mars 1944. (Général Henri Giraud)

Sgurgola, en dépit de la résistance acharnée de l'ennemi "2 • De novembre 1944 et jusqu'à la fin des hostilités, le 5e RTM est engagé dans les batailles en territoire allemand. 03. Chapel Dauphin-Joseph, né le 7 mars 1912 à Aymavilles. Soldat de la 2e Division blindée (2e DB), mort le 26 janvier 1945 à Uttenheim (Bas-Rhin). La 2e DB, remonte à la colonne Leclerc des Forces Françaises Libres (FFL) et, le 15 mai 1943, cette force est transformée en 2e Division blindée. Rééquipée de matériel américain, elle prendra part aux principales batailles en Europe, à partir du débarquement en Normandie. La 2e DB, sous les ordres du général Leclerc a libéré Paris. 04. Collomb Marcello, né le 9 janvier 1924 à La Thuile. Soldat de la p re Division alpine, mort le 14 novembre 1944 à Montiers (Oise). Il n'existe pas d'autres informations. 05. Consol Casimir Fortuné, né le 8 février 1897 à Pont-SaintMartin. Soldat au 3e Régiment Étranger d'infanterie (REi), mort le 4 mars 1943 à Loukanda (Tunisie). Le 3e REi est le régiment le plus décoré de la Légion étrangère. Au début 1943, " il est intégré au sein du Front Sud Est Algérien, commandé par le général de division Robert Boissau (février avril 1943) il est ensuite un des éléments de l'infanterie de la division de marche du Maroc pendant la campagne de Tunisie (avril mai 1943 ). Il participe, au sein de la 5e DB, elle-même incorporée dans la 1 ère Armée du général de Lattre de Tassigny, à la Libération de la France. Il franchit le Rhin et se trouve dans l,Arlberg (Autriche) quand sonne l'armistice ,,3 . 06. Costa Clément Germain, né le 8 novembre 1903 à Valsavarenche. Soldat (Résistant) des Forces Françaises de l'intérieur (FFI), 1 ère Cie F.T.P.F. de destruction, 4ème détachement. Mort à Cannes, Alpes Maritimes, le 18 août 1944, " fusillé par les Allemands "· Les FFI, " sont le résultat de la fusion, au 2 2'citation à l'ordre de l'Armée attribuée au 5' Régiment de Tirailleurs Marocains (5' RTM) après la bataille du Garigliano en Italie en mai 1944, Ordre général n° 130, 22 juillet 1944. Général Juin 3 Wikipedia m

1er février 1944, des principaux groupements militaires de la Résistance intérieure française qui S>étaient constitués dans la France occupée : l,Armée secrète (AS, gaulliste, regroupant Combat, Libération-Sud, Franc-tireur, l>Organisation de Résistance de l'Armée (ORA, giraudiste, les Francs-tireurs et partisans (FTP, communistes), etc... Les effectifs sont de quelques 400.000 hommes ,, 4 _ Le site Internet Mémorial-GenWeb, contient beaucoup d'informations au sujet de cet homme. Fils d'Antoine Costa et de Marie Christine Carlin, époux de Virginie Rovarey, cantonnier à la SNCF, il était domicilié à la cité P.L.M. de La Bocca à Cannes. " Le 18 août 1944, avec son ami Gabriel Berrone, ils décident de désobéir aux ordres du commandant Jean-Marie. Vers 9 heures, ils désarment à La Bocca un soldat allemand qui transporte 4 fusils et le font prisonnier. Ils l'enferment dans un local près de la voie ferrée et partent prévenir leurs supérieurs mais aucun n'est joignable. Ils reviennent vers 10 heures mais le prisonnier s'est libéré et a prévenu des renforts. Ils sont arrêtés et fusillés le long de la voie ferrée par les Allemands. Acte de décès dressé le 19 août 1944 à Cannes "· D'après le même site, cc Inscrit Monuments Aux Morts de Cannes, de La Bocca à Cannes, de la gare SaintCharles à Marseille (1er arrondissement), plaque commémorative rue Le Poussin à Cannes, stèle commémorative des agents S.N.C.F. 1939-1945 à Cannes et plaque commémorative avenue des Mûriers à La-Bocca à Cannes "·Il est inhumé au Carré militaire du cimetière communal du Grand Jas. 07. Cretier Alfred-Joseph-Céléstin, né à Emarèse le 10 septembre 1923. Soldat (Résistant) des FFI, mort dans un lieu indéfini le 18 août 1944. Il n'existe pas d'autres informations. 08. Dayné Renato Mario, né à Turin (mais d'origine valdôtaine) le 8 novembre 1915. Soldat (Résistant) des FFI, mort le 15 mars 1944 à Annecy (Haute Savoie), " tué par les Allemands "· Cet homme a probablement pris part à la bataille du plateau des Glières. Ce plateau fut un haut lieu de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, cc notamment en 4 Wikipedia El

rapport avec son territoire montagneux favorisant l'émergence d'un maquis organisé et dirigé par le lieutenant Tom Morel, Compagnon de la Libération. Le plateau des Glières fut choisi en janvier 1944 pour recevoir les parachutages britanniques d'armes pour alimenter la résistance locale, puis comme base d'opérations sur les arrières des Allemands au moment du débarquement attendu des Alliés. Zone dégagée, peu accessible par la route, donc par l'ennemi, mais aussi repérable par les avions alliés par sa proximité du lac d'Annecy. La " bataille des Glières ,, (mars 1944) fit 121 morts chez les maquisards face à près de 5 000 soldats de la Wehrmacht et miliciens de Vichy. Si les Anglais ont bien effectué trois parachutages sur le plateau (dont un grand le 10 mars, soit, au total, quelque 45 tonnes d'armes), les renforts promis par l'envoyé de la France libre, le capitaine Cantinier, ne sont jamais arrivés ,,s. 09. Gilbert Marc Henri, né le 10 septembre 1923 à SaintVincent. Soldat au Centre d'Instruction de Paray-le-Monial, mort, pour cause accidentelle, le 10 mai 1945 à Saint-Yan (Saone et Loire). Il n'existe pas d'autres informations. 10. Messelod Lyndor Robert, né à Quart6 , le 25 décembre 1906. Soldat au 6e REI, mort le 6 juillet 1941 à Damour (Liban), " tué au combat "· Le 6° Régiment Étranger d'Infanterie est un régiment de la Légion étrangère " créé au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, et dissous définitivement en 1955. Le 6e REI, resté fidèle au régime de Vichy, sera opposé à la 1 ère DFL et notamment à la 13e DBLE dans une lutte fratricide du 8 juin au 24 juillet 1941 dans le cadre de la libération du Liban ,, 7 , 11. Murignieux Auguste, né à Aoste le 24 mai 1926. Soldat (Résistant) des FFI, Brigade d'As de Corrèze, mort le 15 avril 1944 à Rempnat (Haute Vienne) par accident. Il n'existe pas d'autres informations. 5 Wikipedia 6 Le site indique Quarto Praetoria. 7 Wikipedia m

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