ad LE FLAMBEAU ........... Revue du Comité des Traditions Valdôtaines - O.n.1.u.s "Maneat domus donec formica aequora bibat et !enta testudo totum pcrambulet orbcm" (graffiti du château de Fénis) Dans ce numéro. CTV Assemblée générale 2020 Pascal Serge La Vallée d'Aoste se meurt' ......assurément! Région Autonome Sardaigne Le Bilinguisme en famille Tognan Enrico Les émigrés valdôtains dans la tourmente Cossavella Cesare Vallée d'Aoste d'antan: voyage à travers les cartes postales anciennes Dai Tio Raul Les fresques de la cathédrale d'Aoste, Observations sur la frise supérieure Rivolin Joseph Les armoiries du chapitre de la cathédrale La Rédaction En glanant dans nos archives Perret Patrick Pierres d'Ussel La Rédaction Pour rappeler le professeur Colliard Perrin Joseph-César En souvenir de Lin Colliard Stevenin François Bruno Salvadori: le souvenir d'un fédéraliste passionné Brnnod Bruna, Nicole et Régis Tante Céline, la marchande de la cité d'Aoste Isabel Eugenio Lait et fontine en Vallée d'Aoste La Rédaction Un curieux texte en patois du Chanoine Durand Poètes du Terroir 3 6 10 13 28 32 51 61 65 71 77 79 81 89 92 94
RAMad LE FLAMBEAU Rédaction et Administration COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES 3, rue de Tillier - 111 OO Aoste Tél. +39 0165 36 10 89 [comitedestraditions@gmail.com) [ouvert le mardi de !Oh à 11 h30; le samedi de !Oh à 11 h)) DIRECTEUR RESPONSABLE Joseph-Gabriel Rivolin -jrivolin@gmail.com Tél. +39 349 3094626 COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef Laura Grivon -loflambo@gmail.com Rédacteurs 67' année -n° 250 2/2020 Alessandro Celi, Joseph-César Perrin, joseph-Gabriel Rivolin, Enrico Tognan COTISATION ANNUELLE AU COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES Italie : € 25,00 Europe : € 30,00 Autres pays : € 35,00 Cette cotisation annuelle donne droit à l'envoi de notre revue trimestrielle Le paiement peut être effectué : - au siège du C.T.V. 3 rue De Tillier à Aoste, aux jours et heures indiqués; par versement sur le compte courant postal n°10034114 au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier 11100 Aoste; par virement bancaire - !BAN: IT 33 V 02008 01210 000002545815 BIC/SWIFT: UNCRITMlCCO Les sociétaires demeurant hors d'Italie peuvent verser la cotisation par mandat postal international, ou par virement bancaire au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier, I 1100 Aoste. Pour les payements en chèques sur des banques à l'étranger, il est nécessaire d'ajouter 10 euros pour les frais bancaires. Enregistrement Tribunal cl ' Aoste n° 7/75 du 31.07.1975 Les manuscrits non publiés ne sont pas rendus Les opinions émises par les auteurs des articles n'engagent ni la rédaction du "Flambà" ni le C.T.V. Impression : Musumeci S.p.A. 97, Région Amérique - 11020 Quart [Vallée cl' Aoste) Tél. +39 0165 761111 Avis aux destinataires du Lo Flambô-Le Flambeau !) FSC www.fsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C102788 Aux termes de la loi n° 196/2003 nous vous informons que vos données personnelles figurent dans la liste des adresses du Comité des Traditions Valdôtaines, titulaire du traitement y afférent, et que pour exercer le droit que vous avez de les modifier, de les actualiser ou de les supprimer vous pouvez nous adresser à tout moment un courrier postal à l'adresse suivante Comité des Traditions Yaldôtaines - 3, rue Jean-Baptiste de Tillier~ 11100, Aoste. Il
Comité des Traditions Valdôtaines ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 28AOUT 2020 Procès-verbal de la séance L I an 2020 et le jour 28 du mois d'aout, dans une salle du siège de la Clicca de Saint-Martin-Martin-de-Corléans, 198, rue de Paris, Aoste, a eu lieu l'assemblée générale du Comité des Traditions Valdôtaines (dorénavant, CTV). Les travaux ont débuté à 18h00, en deuxième lecture, sous la présidence d'Alessandro Celi, à la présence de 18 membres effectifs du CTV, plus 1 ayant donné pouvoir à d'autres membres, pour un total de 19 associés1 • La fonction de secrétaire est exercée par Enrico TOGNAN, vice-président. Les règles prévues pour la pandémie SARS-COVID 19 furent respectées en appliquant, notamment, les gestes barrières par la distanciation physique d'un mètre, le gel désinfectant, le port du masque et la circulation d'air frais. L'avis de convocation de cette assemblée fut publié sur le dernier numéro de Le Flambeau/Lo Flambo paru au mois de juillet ayant le n° 249/2020. L'ordre du jour porte: - Rapport moral du Président - Rapport financier du Trésorier - Rapport du Directeur de la revue Le Flambeau/Lo Flambô - Rapport du représentant du groupe Traditions Valdôtaines - Rapport du représentant du groupe La Clicca de Saint-Martin de Corléans RAPPORT MORAL DU PRESIDENT ALESSANDRO CELI Les circonstances exceptionnelles de cette année nous contraignent à réduire notre rencontre aux opérations indispensables à assurer l'activité du Comité. Je me bornerai, donc, au seul résumé des activités développées en 2019 et à deux suggestions pour cette année 2020, déjà 1 Le membre qui a donné pouvoir est Georges Rollandin. Il
écoulée en grande partie. En 2019, le Comité a poursuivi ses activités selon le programme, organisant le Dîner de Mi-Carême, participant à la Rencontre des émigrés, donnant sa contribution au groupe de travail du projet " Mémoire de l'émigration ,, et publiant les quatre numéros prévus du " Flambeau "·À ce propos, je tiens à rappeler " La Race qui meurt " d'Ernestine Branche, paru comme annexe au dernier numéro de l'année. Il s'agit d'un témoignage exceptionnel concernant la vie et les sentiments des émigrés valdôtains de la première moitié du xxe siècle, qui nous a permis aussi une collaboration plus étroite avec l'AVAS, avec laquelle le Comité a présenté l'autobiographie d'Ernestine et le journal de l'association des émigrés valdôtains de New York. Je souhaite que cette collaboration puisse continuer, parce que je crois toujours plus indispensable l'union des forces culturelles valdôtaines pour sauvegarder et promouvoir notre identité, chaque jour plus menacée. Je souhaite, aussi, que la formule de l'annexe au" Flambeau ,, soit retenue et devienne - disponibilité financière permettant - une règle : pas de numéros spéciaux, donc, mais des annexes quand il y a une thématique ou un ouvrage dignes de publication. À ce propos, la Rédaction du " Flambeau ,, est en train de préparer un volume consacré aux épidémies dans l'histoire de la Vallée d'Aoste : dans cette année, marquée par le Covid 19, il paraît bien de rappeler combien de fois le peuple valdôtain a affronté la contagion et combien de fois il a su reprendre son chemin, n'oubliant pas ni ses langues ni ses mœurs ni ses traditions. Je termine rappelant ces deux éléments : une offre élargie pour notre revue, par le moyen des annexes, et la recherche continuelle de collaboration avec les autres associations. Le futur de la Vallée d'Aoste est là, dans la capacité de développer notre culture et de le faire tous ensemble, au-delà des divisions, personnelles et ROlitiques, qui rendent aujourd'hui faible notre communauté. !. RAPPORT FINANCIER DU TRESORIER MarioVIETTI, trésorier du CTV, illustre le bilan de 2019 et le budget pour 2020. Il souligne que les entrées du CTV sont en baisse car les allocations de la part de !'Administration régionale ont, elles-aussi, baissé d'une manière considérable pour les problèmes à caractère économique qui touchent de très près notre Région et que tous les Valdôtains connaissent. Quant aux cotisations, elles sont fidélisées, pour 2019 et cela est, à l'évidence, satisfaisant, d'autant plus que notre Comité est le seul ayant un numéro important d'adhérents. Le trésorier présente le bilan de 2019 illustrant toutes les voix qui le forment (entrées et sorties) et illustre le budget pour 2020. Il demande enfin Il
aux membres présents de poser des questions, s'ils le souhaitent. Il demande à l'Assemblée, enfin, de les approuver. La votation est faite et l'Assemblée approuve à l'unanimité des voix favorables les deux actes. Les deux actes d'administration comptable sont annexés au présent procès-verbal et ils en sont partie intégrante. RAPPORT DU DIRECTEUR DE LA REVUE LE FLAMBEAU/LO FLAMBÔ Alessandro CELI, remplaçant le Directeur de la revue Le Flambeau Joseph RIVOLIN qui a justifié son absence aujourd'hui pour des engagements qui ne peuvent pas être différés, précise que la revue parait d'une façon régulière. Il précise aussi que la direction est confortée par le soutien des collaborateurs qui font partie du Comité de Rédaction, coordonnés par la Rédactrice en chef de la revue, Laura GRIVON, ainsi que par de nombreux collaborateurs. Il remercie, pour cela, tout le monde. Quant au Flambeau, il précise que le nouveau numéro est en préparation et qu'il faut chercher de nouveaux collaborateurs qui puissent enrichir la revue de par leurs propositions. Une monographie est également en préparation pour la fin d'année et elle sera centrée sur les pandémies qui ont touché la Vallée d'Aoste au cours de sa longue histoire. RAPPORT DU PRESIDENT DU GROUPE DES TRADITIONS VALDÔTAINES Le président du groupe, Elena FOUDON, illustre l'activité ordinaire du groupe qui s'est déroulée très bien. Il précise qu'en 2019 le groupe a fêté aussi le 70eanniversaire de la fondation ce qui est un point d'arrivée très important. Il précise enfin que pour 2020 l'activité subira un coup dur à cause de la pandémie de COVID19. RAPPORT DU PRESIDENT DU GROUPE LA CLICCA DE STMARTIN-DE-CORLÉANS Roberto Favre, représentant de la Clicca illustre l'activité ordinaire du groupe qui s'est déroulée très bien. Il précise enfin que pour 2020 l'activité subira un coup dur à cause de la pandémie de COVID19. L'Assemblée se termine à 19h05. LE PRESIDENT (Alessandro CELI) Il LE SECRETAIRE (Enrico TOGNAN)
LA V ALLÉE D1 AOSTE SE ' / ' MEURT .........ASSUREMENT. ~Serge PASCAL, Annemasse (Hte-Savoie) J oseph César Perrin vient de coucher sur le papier son constat intime quant à la situation de sa Vallée, celle de nos ancêtres com1nuns. Il me fallait cette profession de foi pour m'y atteler également avec ma vision de fils d'émigrés acquise in situ avec conscience depuis 1950. Le« boum » d'après conflit Le déclin progressif et inéluctable des us et coutumes spécifiques notamment linguistiques (tout est lié) prend effet à mon sens vers 1960, lorsque les dommages liés au conflit que l'on sait ont laissé entrevoir comme ailleurs, la possibilité d'un autre destin de vie. C'est l'époque du développement des infrastructures lourdes (routes, barrages électriques, tunnels), des industries diverses, du tourisme, des moyens de transport, des motoculteurs et autres engins mécaniques remplaçant les araires et ses bêtes de somme, etc. C'est aussi celle du crépuscule de l'émigration et souvent le retour au pays des intéressés qui avaient maintenu par leurs liens familiaux jamais rompus et entre eux là ils vivaient, leur identité spécifique. Leur fin de vie ne sera pas sans effet sur le maintien des langues vernaculaires du Pays. La fin de l'émigration et le développement précités engendre l'immigration, le " métissage " de la société et des idéaux, évidemment. La fameuse loi du nombre produit petit à petit ses effets. On comprend dès lors que les visions futuristes des combattants initiateurs du mouvement autonomiste n'aient pas pû appréhender de telles mutations. Cependant leur pugnacité a engendré un acquis constitutionnel envié ..........respect à leur mémoire. Il
Passons maintenant à la pratique religieuse Je ne veux nullement froisser les susceptibilités mais il me faut aller au terme de mon propos. Je sais par certains des miens disparus depuis bien longtemps que les représentants valdôtains du clergé faisaient leurs " prêches " en français agrémenté pour plus de saveur et de convivialité en patois valdôtain. Preuves en sont ces deux petits bulletins de " bonne parole chrétienne " en excellent français remis à ses ouailles par le chanoine J.C.Gérard de La-Sale en 1831et1846. Dans l'entre-deux-guerres, les sermons du clergé valdôtain ont muté délibérément vers la langue importée de Dante respectant les obligations institutionnelles et religieuses du moment. Il m'a été narré que certains prêtres ont résisté, mais peu. Lorsque l'on connaît l'importance que revêt la croyance religieuse et sa pratique en sites alpins, on ne peut qu'évaluer le remous idéologique et linguistique que cela a dû produire dans la communauté. La fin des langues vernaculaires était annoncée voire programmée. Poursuivons par La France voisine: La prédominance chancelante après guerre, de la puissance de ce pays géniteur de la langue française supplantée internationalement par l'anglais et empêtré dans les conflits décolonisateurs explique probablement le désintéressement progressif de bon nombre de valdôtains jeunes et moins jeunes pour elle et sa langue. N'oublions pas L'école de montagne: J'ai analysé les cahiers scolaires que je possède, de mon grand-père né en décembre 1899 et ceux de mon père natif de Juillet 1920. Dans l'un, le français écrit (dictées, rédactions) est parfaitement maîtrisé et surpasse l'italien, dans l'autre, plus récent, c'est très largement le contraire. Selon mon père, son enseignant local avaient été remplacé par une professeure péninsulaire. Là aussi, le délitement des langues spécifiques était annoncé. D'ailleurs, j'ai constaté que les personnes scolarisées durant cette •
période peinaient à parler le français encore plus à l'écrire, malgré tout, le patois était toujours présent. Abordons l'inertie Laisser dire, ne rien faire au bénéfice d'une tranquillité intellectuelle et surtout matérielle est probablement devenu le lot de l'entité valdôtaine comme l'annonce J.C. Perrin. Qui serai-je pour juger surtout lorsque j'ai mesuré personnellement le dénuement de beaucoup avant et quelques années après 1950. Evidemment comme partout ailleurs, le mieux-être a corrompu quelque peu les relations et démantelé les us et coutumes originels. Malgré tout l'esprit communautaire de village subsiste encore aujourd'hui surtout dans l'adversité (pénurie d'eau, feu, neige etc.) mais plus de veillées, plus de portes d'entrée laissées ouvertes. Et pourtant, rien n'empêcherait le valdôtain d'être comme ces tyroliens du sud, italiens de naissance depuis la date que l'on sait, issus de la région autonome du Haut Adige, intransigeants sur leur identité germanique partout et en toutes circonstances. J'ai à cet instant, une pensée pour non père émigré en 1928, omniprésent malgré tout dans sa commune par la proximité de son lieu de vie, récemment disparu, valdôtain francophone et patoisan irréductible, appliquant la parité des langues initiée par la constitution, répondant toujours courtoisement en français à qui l'apostrophait, sachant l'interlocuteur résidant ou officiant en Vallée. Un bel exemple de ténacité " Don guichotesque " ce qu'il avait compris depuis sa réimplantation momentanée en Valdigne.. In Fine: Je rappelle que mon propos ne se veut nullement polémiste, seulement réaliste. S'il peut choquer, j'en suis désolé. J'aurais voulu partager l'optimisme final à peine ébauché de J.C. Perrin, je ne m'y résous cependant pas. Je sais depuis longtemps que l'on n'entendra plus le patois dans le café-bar place Chanoux, lieu de rencontre traditionnel des valdôtains du cru descendant à la ville. (en veulla ou Gnouha'). Je suis bien placé ici chez les " cousins savoyards " pour voir comment s'est écrit l'avenir des minorités. Il
J'ai bien conscience que là-haut, dans la famille, ceux de ma génération discourent encore entre eux en patois franco- provencal, comme avec moi, le français en plus si nécessaire mais au-delà du cercle familial, quasiment plus de dialecte, encore moins de français, que de l'italien. Pourquoi pas après tout si c'est la volonté du Peuple. Les générations actuelles et successives écriront l'avenir politicoidéologique de leur Pays ou de leur lieu de résidence en leur âme et conscience. Espérons que celles de souche sauront retenir, inculquer aux autres et défendre l'Esprit de leurs aînés, le plus longtemps possible. Poutzo a tcheut
BILINGUISME EN FAMILLE ~ RÉGION AUTONOME SARDEIGNE L a Région autonome de la Sardaigne a édité un synthétique vadémécum visant à encourager le bilinguisme dans l'île. Conçu pour diffuser la pratique du sarde et du catalan en famille à côté de l'italien, cette brochure contient des suggestions de caractère général, qui s'appliquent tout aussi bien à d'autres contextes bilingues: c'est pourquoi nous le proposons à nos lecteurs, dans le but de suggérer aux jeunes foyers valdôtains de diffuser davantage l'emploi quotidien de nos langues régionales. L'utilité du bilinguisme Contrairement à ce qu'on croit, le bilinguisme pour l'enfant n'est ni difficile ni problématique, ni, moins encore, condamné à l'échec. La recherche scientifique a démontré que le bilinguisme est positif pour le développement des enfants et pour leur avenir. En effet l'éducation au bilinguisme permet de mieux connaître les deux langues en même temps. Les enfants exposés à des langues différentes ont une conscience plus claire des différences culturelles, une perception plus nette des autres personnes et de leurs points de vue. Normalité du bilinguisme Bien des gens pensent que les enfants se confondent quand ils sont exposés à deux langues différentes. Ce n'est pas exact, car le développement de l'enfant bilingue est fondamentalement semblable à celui de l'enfant monolingue et suit le même développement dans ses phases et ses modalités. Même quand il entend une seule langue, il perçoit immédiatement les différences, par exemple, entre la façon de parler des hommes et des femmes, le ton poli ou impoli, etcétéra. Pour les enfants, le bilinguisme n'est que l'un des éléments qui distinguent une personne de l'autre !
Comment peut-on enseigner deux langues ? Il y a des situations qui favorisent le développement bilingue. Les choses les plus importantes, dans le développement du langage, sont l'exposition et la nécessité. C'est pourquoi l'enfant doit être motivé à apprendre les deux langues et avoir la possibilité objective de le faire. Si l'enfant est exposé à deux langues dans des contextes différents, avec des personnes différentes, dès sa naissance, et s'il a la nécessité de communiquer avec les gens qui l'entourent, il apprendra les deux. Étant donné que l'apprentissage des deux langues est pour l'enfant un processus naturel, le développement linguistique doit se réaliser de manière tout autant naturelle et ne doit pas être vu comme une contrainte ou un élément de conflit dans la vie quotidienne. La famille bilingue Il est nécessaire d'assurer un environnement linguistique riche, avec de nombreuses occasions de contact avec les différentes langues. Il est utile de distribuer l'emploi respectif des langues soit en les associant aux personnes (suivant le principe " une personne= une langue ", où, par exemple, le père emploie toujours une langue et la mère l'autre), soit selon les situations. On doit assurer la spontanéité des situations, rendre utile et inévitable le bilinguisme et le tout doit se passer dans le respect de l'enfant. Dépasser les obstacles En certains cas, où l'enfant semble refuser l'une des deux langues, on doit se demander quelles peuvent être les raisons de ces conduites : souvent les enfants ne font rien d'autre que de s'adapter à nos comportements " incohérents "· Un autre obstacle peut être représenté par des stéréotypes et des préjugés, par exemple que les enfants bilingues commencent à parler en retard ou qu'ils ne parlent correctement ni l'une ni l'autre langue, ou qu'ils risquent d'avoir des handicaps cognitifs, ou qu'il serait utile qu'ils acquièrent de manière complète une seule langue avant de débuter avec l'autre, etcétéra. Ces stéréotypes, qui n'ont aucun fondement réel, peuvent cependant influencer négativement les parents. m
Quelques conseils La personnalité de l'enfant doit passer avant les langues La distinction fonctionnelle des langues (c'est-à-dire l'association à des personnes ou à des contextes différents) est une aide pour l'enfant et pour ses parents Si l'une des langue est en position désavantagée par rapport à l'autre et se présente comme " langue faible ", elle doit être renforcée par un emploi plus important Il est utile que les deux parents possèdent une bonne connaissance (au moins passive) des deux langues, ou autrement qu'ils s'engagent à apprendre celle qu'il connaissent moins bien Il est utile que les parents et les proches aient une attitude positive vis-à-vis du bilinguisme, de chacune des langues et des valeurs qui s'y rattachent La cohabitation des deux langues dans les discours de l'enfant représente un phénomène évolutif normal Il est utile que les parents ne démordent pas si l'un des enfants cesse de parler l'une des langues ou s'ils manifestent quelques difficultés à son égard Le bilinguisme peut être renforcé par des contacts avec des milieux monolingues où on n'emploie que la langue faible m
n. 01 02 LESÉMIGRÉSVALDÔTAINS DANS LA TOURMENTE {1939-1945) ~ Enrico ToGNAN L I histoire de l'émigration Valdôtaine est encore à faire. Nous ne connaissons pas avec précision le chiffre général de cet important phénomène ni le rôle que l'émigration valdôtaine a joué dans l'histoire contemporaine de notre Vallée. Et pourtant, les valdôtains de l'extérieur n'ont jamais oublié leur patrie d'origine et ont toujours œuvré pour la défense de celle-ci. La période qui s'étale de 1939 à 1945 fut pour beaucoup d'entre eux très dure. Il fut aussi l'époque des choix individuels car il fallait décider de quel côté prendre position. A' partir de la courte guerre de 1939/1940, passant par le triste épisode du régime pétainiste pour arriver, enfin, à la Résistance, et à la victoire définitive de 1945 sous le drapeau de la France Libre, les Valdôtains, malgré les petits numéros, ont pris une part active à tous ces évènements. Et ils ont payé leur tribut de sang. Il vaut donc la peine de présenter quelques fragments de leur histoire durant cette période troublée. La guerre (1939-1940) Le site mémoiredeshomme.fr, contient la base de données des volontaires étrangers engagés à servir la France entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940. Les Valdôtains ne manquent pas. Au total ils sont 19 dont 14, engagés surtout dans les rangs de la Légion étrangère, et 4 en tant qu'ouvriers volontaires militarisés. Nom Naissance Lieu Encadrement Notes CHENAL Antoine 13/01 / 1906 Verrès 6c région militaire, Ouvrier Epinal militarisé, volontaire CHENAL Jean 26/07/1899 Verrès 6" région militaire, Ouvrier Epinal militarisé, volontaire m
03 CHENAL Michel 15/08/ 1900 Oyace 8c région militaire, Engagé Fort de Vancia, Légion volontaire étrangère le 2/ 10/ 1939 pour 5 ans 04 CARLIN Alexandre 26/ 10/ 1907 Aymavilles 1 ère région militaire, Seine, Légion étrangère, matricule 84S2 05 CUGNOD Bernard 21/11/ 1905 Brusson 1è re région militaire, Seine, Légion étrangère, matricule S708 06 CUGNOD Tobie OS/11/1911 Brusson 1 ère région militaire, Seine, Légion étrangère, matricule 4239 07 DALLOU Giuseppe 31/0S/1903 Verrès 1 he région militaire, Dépôt Seine d'artillerie n° 29, matricule 16170 08 DUJEAN Giovanni 04/01/1901 Chatillon 1 ère région militaire, Seine, Légion étrangère, matricule 4907 09 FEY Joseph 25/0l/ 190S Aoste se région militaire, Engagé Grenoble, Légion volontaire le étrangère 12/12/ 1939 pour 5 ans 10 FOURNIER Albert 10/08/ 1909 A y as Fre région militaire, Seine, Légion étrangère, matricule 10662 11 GAL Aldo Joseph 17/04/1905 Quart 7' région militaire, Dépôt du Seine train, ouvrier militarisé 12 GENS Lino 20/04/1918 Saint- se région militaire, Engagé Vincent Grenoble, Légion volontaire le étrangère OS/10/ 1939 pour 5 ans m
13 14 15 16 17 lS 19 GYPPAZ Giuseppe 13/10/1912 Chambave 10e région militaire, Versailles MAL CUIT 02/02/190S Challand- 1 è'c région militaire, Emmanuel St-Victor Seine, Légion étrangère, matricule S697 MARTIGNENE 11/03/1910 Arn ad 1 è'e région militaire, Giuseppe Seine, Légion étrangère, matricule 14056 ROLLAND Jean- 03/04/1910 Saint- se région militaire, Alexandre Vincent Annecy, Légion étrangère TOGNAN Charles 1914 Lyon soc Régiment Infanterie VALLET Marcel 04/09/1919 Gignod 1è cc région militaire, Seine, Légion étrangère, matricule 2017 VUILLERMIN 2S/12/1900 Brusson 1 è" région militaire, Giuseppe Seine, Légion étrangère, matricule 14S53 Les Morts pour la France (1939-1945) C'est toujours le site mémoiredeshommes.fr qui porte, principalement, ses informations et Le Flambeau avait déjà publié en 2014, n° 229, un article sur les Valdôtains morts pour la France signé par moi-même. Cette liste s'est encore agrandie par d'autres informations. Au total on compte 23 jeunes Valdôtains, dont 16 militaires et 7 résistants. m Dépôt commun des régiments étrangers, volontaire Engagé volontaire le 02/01/1940 pour 5 ans Prisonnier de guerre. Né à Lyon mais d'origine Valdôtaine (lntrod)
A. Les militaires n. Nom Naissance Lieu Décès Lieu Régiment Notes 01 AYMONOD Pantaléon 12/04/1913 Aoste 06/06/1940 Pinon, Aisne ; " tué à 7'"" BCA, Bataillon des Chasseurs l'ennemi ,, caporal alpins ; naturalisé en 1935, marié, habitant Ugine, Savoie 02 BLANCHET Fernand 16/12/1918 Nus 12/06/1940 Cernay-les-Reims, Marne 108'"" RI Régiment d'infanterie 03 BORETTAZ Enzo 22/03/1927 Issogne 24/11/1944 Tresudans, terr. de Belfort ; 5ème RTM Régiment des Tirailleurs " tué par éclats d'obus) Marocains 04 CARLON Camille 14/09/1916 Antey 24/09/ 1942 St-Louis, Sénégal Légion Demi brigade étrangère 05 CHAPEL Dauphin -Joseph 07/03/ 1913 Aymavilles 26/01 /1945 Uttenheim, Bas-Rhin 2ème DB Division Blindée 06 COLLOMB Marcel 09/01/1924 La Thuile 14/11/ 1944 Montiers, Oise l '"DA Division Alpine 07 CONSOL Casimir Fortuné 08/02/1897 Pont-St-Martin 04/03/1943 Loukanda, Tunisie 3cmc RE! Régiment étranger d'infanterie m 08 GILBERT Henri 10/09/1923 St-Vincent 10/05 / 1945 St-Yan, Saone-et-Loire Soldat Mort des suites d'un accident 09 MESSELOD Lyndor Robert 25/12/ 1916 Quart 06/07/1941 Damour, Liban, " tué au 6'"" RE! Régiment étranger d'infanterie combat,, 10 NAVILLOD Philibert 24/07/1903 Antey 24/05/ 1940 Grenoble, Isère Soldat, mort Soldat du Dépôt du Génie des suites d'une maladie 11 PERRET Ovidio 25/05/1919 Challand 05/09/1944 Oran, Algérie, " assassiné ,, 13'"" RE! Régiment étranger d'infanterie 12 PITET Joseph 02/03/1917 Allein 13/04/1945 Hôpital mobile n° 3 ; i" RFM Marine militaire; Régiment " blessures de guerre ,, Fusiliers de marine 13 QUEY Henry Joseph 30/11/1915 Montjovet 26/05/1945 Lyon ; " tué par balle ,, i" REC Régiment étranger de cavalerie 14 ROSSET Henri joseph 02/08/1910 Valpelline 13/06/1940 Rieux, Marne ; " tué au 83''"' RI Régiment d'infanterie combat ,, 15 VALLEISE Jean-Louis Arnad 1 ?) Haute-Savoie des suites Militaire d'une maladie 16 VEYSENDAZ Léonard 21/05/1917 Etroubles 18/05/1944 Ambrogio, Italie ; des !" BLE Bataillon Légion étrangère suites de ses blessures
B. Les membres de la Résistance Il. Nom Naissance Lieu Décès Lieu 01 COSTA Clément Joseph 08/11 / 1903 Valsavarenche 18/08/ 1944 Cannes, Alpes Forces Françaises de l'intérieur, Maritimes, " fusillé par I'" Cie FTPF de destruction, les Allemands " 4'"" détachement ; cantonnier de la SNCF, marié 02 CRETIER Alfred Joseph Célestin 05/09/1923 Emarèse 18/08/1944 Sans indication Forces Françaises de l'intérieur 03 DAYNE' Renato Mario 08/11/ 1915 Turin 15/03/ 1944 Annecy Né à Introd, mais originaire de Valsavarenche. Forces Françaises de l'intérieur 04 Murignieux Auguste Antoine 24/05/ 1926 Aoste 15/04/ 1944 Rempnat, Haute Vienne, Forces Françaises de l'intérieur, " mort des suites d'un Brigade d'As en Corrèze El accident " 05 ROUX Jean-Claude 04/07/ 1892 Vallée d'Aoste 19/07/ 1944 Robion, Vaucluse Forces Françaises de l'intérieur fusillé par les Allemands 06 VAUTHIER Alphonse 22/09/1917 St-Pierre 04/09/ 1944 Séez, Savoie ; " tué au Ancien prisonnier de guerre, combat " caporal 21'"" BCP ; il fait partie de la liste d'hommes âgés de 17 à 35 dont le rassemblement fut ordonné par la Kommandatur de Séez le 17 aout 1944, pour être fusillés. (Source : C. FREPPAZ, La Haute-Tarentaise dans la tourmente, guerre 1939-1945, Grenoble, sans date) 07 VENTURINI Richard Pré-St-Didier Sainte-Eugenie, Rhone Forces Françaises de l'intérieur
Les résistants ( 1940-1944) La résistance en France a commencé le jour d'après la défaite de l'armée française et l'occupation allemande en 1940. L'Armée de l'ombre, comme elle était connue, a rassemblé des femmes et des hommes exposés, tous, à la répression de l'Office central de la sécurité du Reich (RSHA), y compris la tristement célèbre Gestapo, de l'Abwehr, de la Wehmacht, soit l'armée allemande, ainsi que de la Milice Française. L'histoire de la Résistance intérieure est indissociable de celle de la France Libre fondée par le général De Gaulle, réfugié à Londres. Dans les rangs des résistants français ont trouvé leur place même des Valdôtains. Le site mémoiredeshommes.fr contient des noms de personnes nées en Vallée d'Aoste qui, pour différentes raisons, ont pris spontanément la décision de rejoindre le maquis français pour lutter contre le nazi-fascisme. m
Les dénaturalisés de Vichy (1940-1944) Après l'armistice avec l'Allemagne de 1940, la France est divisée en deux parties. L'une, celle au Nord est Zone occupée par l'armée allemande, l'autre, celle au Sud, forme un semblant d'Etat autonome, une sorte de protectorat allemand. Un nouveau gouvernement s'installe; c'est celui de Vichy, dirigé par le Maréchal Philippe Pétain, héros de la première guerre mondiale. C'est un régime collaborationniste qui durera de la fin juin 1940 à la deuxième moitié de 1944. L'un des premiers actes adoptés et promulgués par ce gouvernement, en fonction depuis deux semaines après l'armistice, c'est une loi, celle du 22 juillet 1940, dont le but est d'annuler les naturalisations que les précédents gouvernements français, ceux de la Troisième république, avaient accordées aux ressortissants immigrés. " Les étrangers ne doivent pas oublier que la qualité de Français se mérite ", déclare solennellement le ministre de la Justice Raphael Alibert. C'est une histoire, celle-ci, plutôt méconnue et ce n'est qu'au cours de ces dernières années qu'elle est sous la loupe des historiens1 . Quoi qu'il en soit, dans le viseur de la loi du 22 juillet il y a la réforme historique de 1927, ouverte et progressiste, pensée, peut-être, pour permettre à la France, épuisée par les batailles de 1914-1918 de rehausser son patrimoine humain. " La France " précise Bernard Laguerre, " demeure jusqu'à la guerre un pays d'accueil au sein duquel les étrangers bénéficient( ... ) de réelles possibilités d'intégration "2 • C'est la revanche, en quelque sorte, de l'extrême droite française qui avait mal supporté les réformes introduites surtout par le Front Populaire. Le texte de cette loi est court ; ce ne sont qu'une dizaine de lignes. Aucune indication, aucun critère n'est indiqué pour décider qui, parmi cette masse de nouveaux Français, est censé perdre son statut de citoyen. Une Commission spéciale, formée de 10 membres nommés par les différents corps et ministères, présidée par un Conseiller d'Etat, est chargée de l'affaire. Le procédé reste à inventer et par conséquent tout est laissé au libre arbitre et, probablement, même à l'abus. En théorie, ce sont les naturalisations accordées depuis 1927 ; dans la pratique, le travail de la Commission se concentre, au début, sur celles octroyées à partir de 1936 et jusqu'à 1939, c'est-à-dire, au cours du gouvernement régi par le Front Populaire, socialiste. D'ailleurs le nombre de naturalisations est important ; elles dépassent abondamment les 450.000 individus, dont plus de 259.000 sont d'origine italienne, y compris les Valdôtains. Ce sont surtout les Juifs ainsi que les opposants politiques, les personnes visées, en premier lieu, par les fonctionnaires de la Justice. Il est vrai que les premières mesures antisémites sont adoptées par Vichy m
vers le mois d'octobre de 1940 mais les Juifs sont et restent, en tout état de cause, une cible privilégiée. C'est, donc, la soudure définitive de l'alliance entre les xénophobes et les antisémites. En général, les critères suivis par la Commission, afin de déchoir de la nationalité, s'orientent sur l'absence d'intérêt national, sur les sympathisants du Front Populaire, sur les socialistes, sur les communistes, sur les porteurs de condamnations, sur les personnes de mauvaises mœurs ou, encore, sur les célibataires et, finalement, sur la nationalité d'origine de l'individu. Qu'arrive-t-il aux personnes privées de la citoyenneté ? Ils deviennent, d'un jour à l'autre, des apatrides, des étrangers toutcourt. Ils doivent rendre leurs papiers d'identité et se faire enregistrer en tant qu'immigrés. Au cas contraire, ils sont des illégaux, assujettis à l'arrestation et à l'internement ou, encore, à la déportation, surtout s'ils sont des Juifs. Quoiqu'il en soit, la Commission examina durant quatre années quelques 195.000 dossiers et les déchus de la nationalité furent 15.174, soit 7% du total. Des ceux-ci, plus de 6.000 furent les Juifs. Quant aux Italiens sur les 259.000 nationalisés Français depuis 1927, seul 4.500 furent déchus de leurs droits et, parmi ceux-ci, 27 Valdôtains, ce qui est, somme toute, énorme par rapport à la population de notre région et au total des dénaturalisés italiens. Voici la liste tirée du site www. siv.archives-nationales.culture.gouv.fr : m
n Nom Naissance Commune Résidence Naturalisation Retrait 01 ARTAZ Joseph-Philibert 23.11.1896 Antey-St-André Hauts-de-Seine 27. 11.1 936 22.07.1941 02 ARTAZ Marie-Valérie, née Roveyaz 19/08/1897 La Magdeleine Hauts-de-Seine 27/11/1936 22.07. 1941 03 ARTAZ François-Robert, de Joseph 22/09/1923 Paris Hauts-de-Seine 27/11/1936 22.07.1 941 04 AYMONOD Humbert-Joseph 04.07.1924 Courmayeur Ain 12.38.1932 28.09.1943 05 BAGNOD Anselme-Grégoire-Evase 13.02.1889 Challand-St-Anselme Paris 22.05.1929 02 09.1942 06 BAGNOD Maria Adelaïde née Miretto, épouse Bagnod Anselme 30/04/1883 Saluzzo Paris 22/05/ 1929 02.09.1942 07 BATAILLON Giuseppe Théodore 05.09.1900 Aymavilles Paris 29.04.1933 14.10.1941 08 BICH Martine-Cécilie ép. Valent 25.02.1911 Antey-Saint-André Seine-et-Oise 09. 11.1939 19.0 1.1942 09 BORETTAZ Pierre-Pascal 20.02.1907 Arnad Ain 02.05.1940 16.08. 1941 10 BUILLET Germain-Cyrille 14.01.1914 Introd Paris 28.02 1935 14.09.1 943 11 CHAISSAN Maurice-Léonard 15.01.1899 Introd Seine-Saint-Denis 02.01.1940 26.12.1942 l!I 12 CHENAL Pierre-Joseph Henri 01.11.1883 Aoste Seine 1928 29 .07.1941 13 COLLOMBA Jean-Pierre 22.03.1902 Arnad Seine 09.12.1939 03.08. 1942 14 COSSARD Maria Rosalia Roselina 02.11.1899 Rhemes-St-Georges Rhône 27 .12.1 930 05.05.1943 15 DAVID Marie-Modeste ép. Pellissier 18.08.1887 Introd non indiquée 05.05.1937 3 1.05.1 943 16 DUGUET Marie-Rosalie ép. Malcuit 29.10.1889 Challand-St-Victor Seine, val d'Oise 12.06.1930 30.11.1941 17 GAMBA Florentin-Jean 08.08.1890 Emarèse Eure 03.08.1 929 30.11.1941 18 ISABEL César 13.04.1917 Aoste Savoie ; sans domicile 1939 26.08 .1942 19 JORY Auguste-Jean-Pierre 14.03.1902 Champdepraz Paris 08.08.1929 26.08 .1 942 20 MACHET Aimé 30.07.1904 Torgnon Isère 1939 03.08. 1942 21 MACHET Ernest-Daniel 03.10.1894 Antey-St-André Seine-et-Oise, val d'Oise 26.05.1935 28.03.1942 22 MALCUIT Jean-Baptiste 06.08.1880 Challand-St-Victor Seine-et-Oise, Yvelines 10.08.1927 30. 11.1 941 23 MERIVOT Mélanie, ép. Bianchi 05.06.1900 Fénis Hauts-de-Seine 28.01.1937 21.03.1941 24 MONGINOT Auguste-Célestin 14.04.1887 Pont-St-Martin Seine-Saint-Denis 02.05. 1930 23.05. 1944 25 MOTTET Giuseppe Giovanni Luigi 11.09.1912 Fontainemore Seine-Saint-Denis 16.05 .1935 01.09.1943 26 PASQUETTAZ Pierre-Ferdinand 13.12.1887 Montjovet Rhône 1927 21.06.1941 27 SARTEUR Alice, ép. Crespo 27.10.1910 Challand-St-Victor Paris 10.08.1927 03.08.1942
Quant à cette liste, on observe que sur les vingt-sept déchus, dixsept de ceux-ci habitent ou ont habité la zone au Nord, celle sous l'occupation allemande tandis que ceux qui habitent au Sud, sous le régime de Vichy, sont seulement six. Pour l'un des déchus, la résidence n'est pas indiquée. Onze ont étés déchus en 1941, dix en 1942, cinq en 1943 et un en 1944. Il reste à savoir ce qu'ils ont fait tous ces Valdôtains devenus, d'un jour à l'autre, des apatrides et sans aucun droit. On ignore aussi les raisons de leur déchéance ; il est à supposer, cependant, que pour beaucoup d'eux, celles-ci peuvent se trouver dans l'opposition politique au fascisme. Il est assez notoire que c'est parmi les rangs de l'émigration valdôtaine, en principe, que l'antifascisme s'est développé d'une façon plus intense, devenant une idée plutôt diffusée parmi les Valdôtains de l'extérieur. Le cas de l'abbé Auguste Petigat, l'apôtre de nos émigrés, le témoigne à lui tout seul. Malmené par les fascistes en Vallée d'Aoste - il lui firent avaler aussi le célèbre olio di ricino et, ensuite, il fut arrêté par les gendarmes - Auguste Petigat était considéré un adversaire de premier plan, lui comme tant d'autres, qu'il fallait absolument contrôler. De plus, l'interdiction de vente sur le sol valdôtain de l'organe des émigrés, véritable point d'agrégation et de circulation des idées, fut faite pour des raisons précises. Au cas contraire, il n'y aurait pas eu la nécessité de le proscrire, d'autant plus que l'un de ses collaborateurs en Savoie, un certain Emmanuel Glarey, était plutôt favorable au fascisme. Parmi tous ces Valdôtains on a la certitude que l'un d'entre eux, Auguste Jory, né le 14 mars 1902 à Champdepraz, est resté sur le sol français, et il est entré en clandestinité. C'est, en fait, celui-ci, un personnage très intéressant de par son activité politique déployée en France dans les rangs du Parti Communiste Français (PCF). D'ailleurs, il faut aussi retenir que le noyau communiste valdôtain, malgré son exigüité du point de vue strictement numérique, fut, cependant, une réalité très concrète et que ce même noyau a joué un rôle non indifférent pour la Vallée d'Aoste lors des évènements qui se sont produits de 1939 à 1946. Quant à Jory, il faut dire qu'il fut un homme réservé et en même temps doué d'un fort tempérament et de grandes capacités, au point de savoir prendre " la tête d'une grève générale au cours de laquelle son influence s'étendit à près de 14 000 chauffeurs ,,3 _ Il fut, finalement, un proche de Maurice Thorez, secrétaire historique du PCF. Guillaume Bourgeois a dressé une 3 maitron-en-ligne.univ-parisl.fr /spip.php ?articlel 14151. Notice Jory Auguste, Par les soins de Guillaume Bourgeois
courte biographie de cet homme, publiée sur un site Internet4, qu'il vaut la peine de reproduire tel quel. " Militant des Jeunesses socialistes italiennes puis du Parti communiste français (MOI) ; administrateur de Fraternité et responsable de certaines affaires financières du PCF à la fin des années 1930. Auguste Jory fait figure de personnage énigmatique. Absent des organigrammes officiels et officieux, il fut surtout l'un des animateurs de l'appareil discret du Parti communiste français ... Giulio Cerreti5 a évoqué, dans son livre de Mémoires Con Togliatti e Thorez, Quarant'anni di lotte politiche (op. cit.}, les circonstances dans lesquelles Jory vint à la politique. Secrétaire de la Jeunesse socialiste dans sa commune, il dut fuir l'Italie fasciste et s'installa à Paris où il travailla en qualité d'ouvrier de la voirie. Embauché plus tard dans une compagnie de taxis, il se révéla très vite un excellent organisateur et propagandiste. Membre de la MOI (Main-d'œuvre immigrée, chargée de l'intervention du PC parmi la population étrangère), il se fit particulièrement remarquer en prenant la tête d'une grève générale au cours de laquelle son influence s'étendit à près de 14 000 chauffeurs6 . Plusieurs personnes exercèrent alors un rôle de promoteur dans la carrière politique de Jory : Maurice Thorez, qui suivait de près ces mouvements en tant que membre de la cellule de la Syndicale taxi, Cerreti, qui emmena Jory en URSS à la fin du mois d'avril 1934 à la tête d'une délégation7de dix-sept représentants de l'immigration italienne en France, 4 maitron-en-ligne.univ-parisl.fr /spip.php ?articlel 14151. Cit. 5 Wikipedia: Jeune ouvrier métallurgiste, Giulio Ceretti, nommé Cavaliere del Lavoro (chevalier du Travail) le 29 mai 1919, participe à la fondation du parti communiste italien. Réfugié en France en 1927, après l'instauration du fascisme en Italie, il devient l'un des responsables des communistes de langue italienne en France. Il fut membre du Comité Central du PCF de 1932 à 1945. (...)Il sera également nommé à la tête de la compagnie France Navigation, créée en 1937. Ceretti a également exercé des responsabilités au sein de la section aux cadres du parti français, en collaboration avec Maurice Tréand et Eugen Fried. Il passe la période de la guerre en URSS, et rentre en 1945 en Italie où il devient un proche collaborateur de Palmira Togliatti. Il devint ministre à la Libération et fut également élu sénateur. 6 L'auteur se réfère à la grande manifestation de 1934 7 D'après G. FABRE, Roma a Mosca, Io spionaggio fascista in URSS, Dedalo ed., 1990, p. 69, Auguste Jory fut au cours de ce voyage, avril et mai de 1934, au centre d'un cas internationale d'espionnage en faveur de l'OVRA fasciste. A' ce qu'il parait l'évènement tourne autour d'un personnage italien arrêté par la police politique soviétique pour avoir consigné de la documentation sensible à un émissaire de ]'ambassade italienne. Une violente polémique explose et c'est alors qu'Auguste Jory, mieux connu comme Chauffeur se qualifiant lui-même comme un sans parti intervient par un texte publié sur L'adunata dei refrattari, journal anarchiste publié à New-York, pour confirmer ce qui s'est passé à Moscou, reconnaissant la culpabilité de cet italien. Dans son texte, Jory déclare avoir très bien entendu les paroles de Manouilski. Ce qui m
Manouilski8 , qui vit en l'homme un cadre d'avenir. Le Valdôtain perça, dès son retour, en prenant la tête de l'organe de la MOI, Fraternité. Et Cerreti de conclure : " Fra ternité gagna un excellent administrateur et moi, un ami pour la vie " (op. cit., p. 136). Jory fut dès ce moment associé aux diverses besognes que lui proposait le dirigeant florentin. Il joua un rôle tout à fait prépondérant dans l'histoire de la compagnie France-Navigation, créée par le PCF dans le but de ravitailler en armes l'Espagne républicaine. Les auteurs des Brigades de la mer9 ont décrit, à partir des souvenirs de Cerreti, les réceptions de prestige qu'ils donnèrent de conserve à bord du fastueux yacht " Vanadis " (op. cit., p. 193), ainsi que les circonstances dans lesquelles Jory fut chargé de déposer, à l'ambassade d'URSS en Belgique, les 28 000 actions de la compagnie, peu après l'annonce du Pacte germano-soviétiquet0. Jory occupa une place capitale en ces années difficiles : il avait, dès la fin de l'été 1938, acquis pour le compte de Cerreti la maison de Bruges dans laquelle furent tour à tour " planqués " certains dirigeants communistes français et où se déroula, le 8 octobre 1939, une décisive réunion du Comité central. Vassart11 indique par ailleurs que Jory avait directement accédé aux leviers de commande du PCF dès avant son passage démontre, par ailleurs, la grande confiance entre les deux hommes. 8 Wikipedia -Dmitri Zakharovitch Manouïlski né en 1883 à Kremenets (Ukraine) et décédé en 1959 à Kiev, était un militant communiste russe qui exerça une influence importante dans l'Internationale Communiste (komintern) dans les années 1920 et 1930. 9 D. GRISON!-G HERTZOG, Les Brigades de la mer, Grasset éd., 1979. D'après le site Hachette.fr, " Les Brigades de la Mer, relatent l'histoire secrète d'une compagnie de navigation, créée en France à l'instigation du PCF et de l'Internationale communiste. Son but : ravitailler en matériel de guerre l'Espagne républicaine. Son nom : FranceNavigation. Couverture officielle -pour la bonne cause -du plus gigantesque trafic d'armes de l'entre-deux-guerres. Comment fonctionnait-elle ? Comment les armes qu'elle transportait étaient-elles achetées 1 Comment les acheminait-elle d'URSS en Espagne via le sol français ? De quels appuis bénéficiait-elle auprès de la classe politique française au pouvoir ? Quel véritable drame se noua au cours de l'ultime voyage du Winnipeg vers le Chili 1 A travers les Brigades de la mer, c'est l'histoire des trois années d'avant-guerre qui est recomposée, relue et réinterprétée, grâce au témoignage des survivants de cette exceptionnelle aventure qui ont accepté de rompre un silence de quarante ans '" 10 Les Valdotains communistes présents en Belgique sont Camille Mathieu Droz et François Pierre Garavet, mort par la suite en Espagne dans les rangs des Brigades Internationales. En Belgique, à Charleroi, il y avait aussi dès les années 1920 une colonie valdotaine très petite. 11 Wikipedia -Albert Vassart, important politique français, membre du PCF, chargé du secrétariat administratif dès 1932 et, de facto, en charge des finances du parti communiste français. m
dans la clandestinité, en participant, aux côtés de Mauvais12 , Gaston Monmousseau13 et Decaux14 , à " l'embryon de secrétariat " qu'avait formé Jacques Duclos15 en septembre (Tasca, op. cit. p. 336). Peut-être suivit-il Cerreti et continua-t-il à le seconder à Anvers dans ses entreprises technico-financières ? Jory revendit la maison de Bruges le 22 février 1949 et joua dans l'après-guerre un rôle dans le réseau des sociétés commerciales du PCF. Il disparut au début des années 80. Ajoutons que tout avait été fait pour le dissimuler, comme en témoigne l'édi12 Léon Mauvais ; d'après le site www.senat.fr/senateur-4eme-republique/mauvais_ leon0089r4.html, cet homme, " Révolutionnaire communiste( ... ) il entre en 1915 comme apprenti tourneur aux roulements à billes dans une entreprise de métallurgie, à Ivry. Deux ans plus tard, en 1917, il prend sa première carte syndicale en adhérant à la confédération générale du travail (CGT). Pendant les grèves qui éclatent à la fin de la guerre, il est fortement influencé par le courant anarcho-syndicaliste. Il entre alors dans une usine de production d'électricité à Vitry. (...) Au début de la guerre 19391940, les élus communistes sont exclus de !'Hôtel de ville, alors que la plupart d'entre eux ont rejoint leur unité militaire. C'est le cas de Léon Mauvais. Démobilisé en juillet 1940 dans l'ex-zone sud, il ne peut rejoindre Paris qu'au début d'octobre, où il est immédiatement arrêté. Successivement interné au camp d'Alaincourt, aux centrales de Fontevrault et de Clairvaux, puis enfin à Chateaubriand, il réussit avec d'autres camarades communistes à s'évader. (... ) Le PCF en fait un conseiller municipal de Paris et un conseiller général de la Seine. Il est élu au Conseil de la République dans ce département le 8 décembre 1946. A son arrivée au palais du Luxembourg, Léon Mauvais rejoint le groupe communiste et est nommé membre de la commission de la production industrielle.( ... ). En 1951, il devient l'un des dirigeants de la Fédération de l'éclairage avant d'occuper, deux ans plus tard, le siège de secrétaire confédéral. Orateur passionné, capable de tenir la tribune de longues heures dans le silence religieux des délégués, il compte alors parmi les dirigeants les plus offensifs de la centrale. 13 Gaston René Léon Monmousseau est un syndicaliste puis homme politique français, né le 17 janvier 1883 à Luynes et mort le en 1960 à Paris. Membre du PCF, il a été député de la Seine. 14 http://maitron-en-ligne.univ-parisl.fr/spip.php?article21727. Né le 7 novembre 1904 à Solesmes (Nord), mort le 29 juillet 1970 à Dresmaux (Somme) ; ouvrier métallurgiste; militant communiste du Nord, secrétaire régional des Jeunesses communistes du Nord (1929-1931), secrétaire de la Région du Nord du PC (1933), secrétaire de la région puis fédération Paris-Sud du PC (1937-1939), élu membre suppléant du comité central au VIIIe (1936) et au IXe congrès (1937), secrétaire de la fédération de la Manche; conseiller municipal d'Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) de 1935 à 1940; conseiller de la République (1946-1948); collaborateur du comité central du Parti communiste 15 Jacques Duclos, né en 1896 à Louey et mort le en 1975 à Montreuil, est un dirigeant du PCF. Il est à plusieurs reprises député entre 1926 et 1958 et sénateur de 1959 à sa mort. Resté plus de trente-cinq ans dans l'équipe dirigeante du parti aux côtés de Maurice Thorez, il est responsable du PCF clandestin pendant l'occupation allemande. De 1950 à 1953, il est secrétaire général par intérim du PCF en raison de la maladie de Maurice Thorez; il demeure par la suite dans les faits l'un des principaux dirigeants du parti. m
tion française de l'ouvrage de Cerreti déjà cité (À l'ombre des deux T), et où le nom de Jory ne figure que sur une seule page. Demeurera-t-il éternellement pour l'histoire un anonyme " chauffeur de taxi valdôtain16 ? "· Comme il est bien témoigné par les passages de cette courte biographie ainsi que par les notes qui l'accompagnent, Auguste Jory a fréquenté des importants personnages du PCF, des personnes qui ont véritablement fait l'histoire de ce parti. Auguste Jory ne fut pas cependant tout seul; à côté de lui, d'autres Valdôtains ont opéré, d'une façon discrète, tout comme lui, d'ailleurs et, par conséquent, les informations sont rares, il faut bien le dire. C'est L'Echo de la Vallée d'Aoste dirigé par Auguste Petigat qui, même si d'une façon indirecte, fournit quelques indications à ce sujet. Celles-ci sont tirées, par ailleurs, d'une rubrique, Nos échos, de la plume du même Petigat, et elles ont un esprit de polémique plutôt soutenu. Quoi qu'il en soit, voici les noms qui apparaissent, Charbonnier, André de Nore, Joly, c'est-à-dire, d'après l'abbé, les composants de la " la bande communiste ", celle qui a fondé La Voix des Valdôtains, l'organe qui se voudrait représentatif des intérêts des Valdôtains émigrés en France. Ce qui est important est qu'ils ont tous collaboré directement avec Jory et avec lui, ils ont contribué au recrutement des volontaires internationaux et à l'introduction de ceux-ci vers l'Espagne républicaine17 . 16 Le même site mentionne les sources qui suivent : Actes notariés de l'étude Deweert. - Carlos Vlaemynck, Brugsch Handelsblad du 3 juin 1977, " Franse KP-leider Maurice Thorez <look onder te Brugge ,,_ - Giulio Cerreti, Con Thorez e Togliatti, Quarant'anni di lotte politiche, Milan, Feltrinelli, 1973 (trad. fr. À ]'Ombre des deux T, Julliard, 1973). - Dominique Grisoni et Gilles Hertzog, Les Brigades de la mer, Grasset, 1979. - Arch. Tasca (sous la dir. de Denis Peschanski), Vichy 1940-1944, Milan, Feltrinelli, 1986. 17 Notes tiré de L'Echo de la Vallée d'Aoste du 24/07/ 1936, rubrique Nos échos dressée, vraisemblablement, par la plume d'Auguste Petigat. " On nous a conté un bien bonne. Cela s'est passé dans la dernière réunion d'une Société Valdôtaine de Paris au sujet d'un soi-disant valdôtain, le sieur Auguste Jory, qui avait voulu faire une réflexion à un sociétaire. " Oui, t'es un fasciste " lui disait-il. Celui-ci lui répliqua alors : " Je ne suis pas fasciste mais je sais une chose que le dernier fasciste vaut mieux que toi. Et il ferait bien s'il pouvait venir ici à te prendre par ma peau du ... derrière pour te foutre loin du Conseil, où c'est une honte de te voir ,,_ En effet, cet individu qui s'appelle Jory et qui était Valdôtain, est un des ceux qui, hier Valdôtains, comme disait M. E. Glarey, aujourd'hui sont Français et demain Russes ou Turcs. M. Jory, lui, est devenu mouscoutaire ; qu'est-ce qu'il a encore à faire parmi les Valdôtains ? On nous raconte que ce sieur a reçu la réplique et a baissé la tête "· L'Eclw de la Vallée d'Aoste du 04/09/1936, rubrique Nos échos. "Un Valdôtain un peu farceur m'a donné cette nouvelle : .. Mais, vous ne le savez pas encore ? Nos quatre communistes valdôtains sont partis pour l'Espagne pour venir en aide à la République Espagnole. Ils sont communistes et pacifistes ou ils ne le sont pas, ils sont des bons internationaux, non par parole seulement et alors ils sont partis. Il y a André de Nore,
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