ad LE FLAMBEAU .... ...,. Revue du Comité des Traditions Valdôtaines - O.n.1.u .s . "Maneat domus donec formica ;Jequora bibat et lenta testudo totum perambulet orbem" (graffiti du château de Pénis) Dans ce numéro Celi Alessandro Éditorial Rédaction Remise du Prix littéraire " René Willien " 2021 Traditions Valdôtaines La Saint-Ours 2021 : une Millénaire si traditionnelle@ moderne! La Clicca Le folklore au temps de la Covid Celi Alessandro Plusieurs obstacles, plusieurs opportunités Liviero Alessandro Un oncle de Victor Hugo .. demeurant à Aoste Perret Patrik Saint Fernand .. de Sarre R i vol i n Jo sep h Une année de pandémie en Vallée d'Aoste : les chiffres La Rédaction Aoste au temps de la Covid Rivolin Joseph-Gabriel Le Baron de Saint-Rhémy Cossavella Cesare Vallée d'Aoste d'antan: voyage à travers les cartes postales anciennes Dai Tio Raul Un complément sur les bases et les colonnes des cloîtres de Saint-François et 3 5 7 11 22 25 33 37 41 43 65 de la Cathédrale d'Aoste 71 Meynet Adriana Une civilisation perdue 85 La Rédaction Les affiches du CTV 89 Rivolin Joseph Errata corrige 94 Poètes du Terroir 95
Pl.AM ad LE FLAMBEAU Rédaction et Administration COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES 3, rue de Tillier - 11100 Aoste Tél. +39 0165 36 JO 89 (comitedestraditions@gmail.com) (ouvert le mardi de IOh à l lh30; le samedi de !Oh à l lh)) DIRECTEUR RESPONSABLE joseph-Gabriel Rivolin COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef Laura Grivon -loflambo@gmail.com Rédacteurs 68e année - 11° 253 1/2021 Alessandro Celi, joseph-César Perrin, joseph-Gabriel Rivolin, Enrico Tognan COTISATION ANNUELLE AU COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES Italie:€ 25,00 Europe : € 30,00 Autres pays : € 35,00 Cette cotisation annuelle donne droit à l'envoi de notre revue trimestrielle Le paiement peut être effectué : - au siège du C.T.V. 3 rue De Tillier à Aoste, aux jours et heures indiqués; par versement sur le compte courant postal n°10034114 au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier 111 OO Aoste; par virement bancaire - IBAN: IT 33 V 02008 01210 000002545815 BIC/SWIFT: UNCRITMICCO Les sociétaires demeurant hors d'Italie peuvent verser la cotisation par mandat postal international, ou par virement bancaire au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier, 11100 Aoste_ Pour les payements en chèques sur des banques à l'étranger, il est nécessaire d'ajouter 10 euros pour les frais bancaires. Enregistrement Tribunal d'Aoste n° 7/75 du 31.07.1975 Les manuscrits non publiés ne sont pas rendus Les opinions émises par les auteurs des articles n'engagent ni la rédaction du "Flambà" ni le C.T.V. Impression : Musumeci S.p.A. 97, Région Amérique - 11020 Quart (Vallée d'Aoste) Tél. +39 0165 76 11 11 Avis aux destinataires du Lo Flambô-Le Flambeau JJ FSC www.lsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C102788 Aux termes de la loi n° 196/2003 nous vous informons que vos données personnelles figurent dans la liste des adresses du Comité des Traditions Valdôtaines, titulaire du traitement y afférent, et que pour exercer le droit que vous avez de les modifier, de les actualiser ou de les supprimer vous pouvez nous adresser à tout moment un courrier postal à l'adresse suivante Comité des Traditions Valdôtaines - 3, rue Jean-Baptiste de Tillier - 11100, Aoste. Il
/ EDITORIAL Chère Sociétaire, Cher Sociétaire, ~ LE PRÉSIDENT DU COMITÉ écris ces lignes partagé entre le désespoir et l'enthousiasme: JI d'un côté, la Covid ne paraît pas prête à nous abandonner aussi rapidement que nous tous le souhaitons ; de l'autre, je vois des signes de réaction qui me portent à regarder avec un certain optimisme à l'avenir de la civilisation valdôtaine. En effet, ce numéro de notre revue vous parvient quand le confinement nous empêche encore de nous fréquenter, de prendre un café ensemble, d'inviter des amis pour un repas, bref, de nourrir les liens d'amitié et de solidarité qui font partie de la tradition valdôtaine. Ainsi, nous sommes contraints pour la deuxième fois à annuler le Dîner de la Mi-Carême et à renvoyer l'Assemblée générale, qui sera convoquée pendant l'été, comme nous l'avons fait l'an dernier. En même temps, comme c'est souvent le cas lors des moments de crise, les idées jaillissent et permettent d'espérer dans le futur. Je désire vous en présenter une, proposée par le Directeur de notre revue, qui me paraît fort intéressante : dédier le numéro spécial du mois de décembre prochain à l'anniversaire plus important de 2021 : le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, le Grand Corse empereur des Français. Pour rappeler cet événement, le Comité des Traditions a décidé de publier un numéro du "Flambeau" avec un annexe contenant la réédition des feuilletons que les auteurs valdôtains ont consacrés au fil du temps au passage de Napoléon en mai 1800 et, plus en général, à la période entre la Révolution française et la Restauration. Pour mieux présenter ces œuvres de la littérature populaire valdôtaine, les pages du "Flambeau" de décembre seront consacrées aux documents et aux témoignages de l'époque napoléoIl
nienne en Vallée d'Aoste. C'est pourquoi le Comité de Rédaction souhaite recevoir des articles concernant les différentes communes, afin d'illustrer les conséquences de la domination napoléonienne en Vallée d'Aoste et vérifier la permanence de sa légende dans les siècles. J'invite donc les lectrices et les lecteurs qui désirent collabo~ rer à nous envoyer leurs articles par courriel (loflambo@gmail. corn). Ce sera une occasion pour démontrer la capacité de collaboration des Valdôtaines et des Valdôtains et pour sauvegarder la mémoire d'une période dont nous sommes encore aujourd'hui redevables. P.S. Au moment d'imprimer, le Comité des Traditions a reçu une proposition concernant une nouvelle initiative éditoriale, la publication d'une page en patois deux fois par mois. À ce propos, nous invitons les Sociétaires à signaler leur disponibilité, écrivant toujours à l'adresse indiquée. Il
REMISE DU Prux LI'l'IÉRAIRE (( RENÉ WILLIEN )) 202 I ~LA RÉDACTION endredi 19 mars, à 17 heures, dans V la salle Maria Ida Viglino du Palais régional d'Aoste, le Président de la Région Erik Lavevaz, l'Assesseur aux biens culturels, au tourisme, aux sports et au commerce Jean-Pierre Guichardaz et le représentant du Centre culturel René Willien Roberto Willien ont remis les prix aux lauréats de la XXVIe édition du Prix littéraire René Willien pour les années 2020 et 2021, organisée dans le cadre des fournées de la francophonie. Ce prix, institué en 1994 par la Présidence de la Région, récompense chaque am1ée les Premier Prix éditeurs qui se sont distingués par la publication d'ouvrages relatifs à la Vallée d'Aoste et présentant un intérêt historique, culturel, social, géographique, ethnographique et scientifique, dont une partie du texte, au moins, est rédigée en français ou en francoprovençal. Il est intitulé à l'un des grands promoteurs des traditions locales et des principaux chercheurs dans le domaine de la culture valdôtaine: combattant de la Résistance valdôtaine, enseignant, photographe, écrivain, président de la commission du patois du Comité des traditions valdôtaines, fondateur du Centre d'études francoprovençales, René Willien a travaillé avec acharnement pour la valorisation de la civilisation valdôtaine et pour la sauvegarde du francoprovençal. Ses photos et ses livres restent des références fondamentales qui soulignent les traits de l'identité valdôtaine. Conformément au règlement en vigueur, le jury a attribué les prix suivants : - le premier prix a été décerné au Centre d'études Les Anciens Il
Remèdes de Jovençan pour l'ouvrage [ovençan. Histoire, vie et culture sur les bords de la Doire de Joseph-César Perrin. Le jury a estimé que " cette monographie exemplaire restitue la complexité de la réalité, en replaçant la petite histoire dans le cadre de la grande histoire. La haute qualité de la rE(- cherche est encore rehaussée par la somptueuse présentation graphique de ce bel ouvrage " ; - le deuxième prix a couronné la Commune de Torgnon pour l'ouvrage Petit Monde. Un autre monde. Il museo etnografi_co di Torgnon. Le musée ethnographique de Torgnon, de Luisa Perotto. D'après le jury, " la qualité de cette recherche ethnographique détaillée et la remarquable présentation graphique de cet ouvrage, qui est le fruit d'un long travail d'enquête, ont abouti à la présentation d'un volume qui constitue l'indispensable complément d'un projet muséal du plus haut intérêt " ; - le troisième prix a été décerné ex-cequo à la Commune d'Avise pour l'ouvrage Hic sunt leones. Arte e architettura ad Avise dal Medioevo all'Ottocento, de Sandra Barberi, Bruno Orlandoni et Roberto Bertolin, publié avec la réimpression des Notes historiques sur la paroisse d'Avise de Louis Lyabel (" le choix d'une réédition doublée d'une nouvelle piste de recherche a instauré un véritable dialogue entre les études d'hier et celles d'aujourd'hui ") et à !'Imprimerie Valdôtaine pour l'ouvrage L'école de filage des dames chartreusines de Mélan en Faucigny e altri momenti di storia dell'istruzione del Ducato d'Aosta nel Sei e Settecento, de Federica Pession (" le jury a particulièrement apprécié l'originalité de la recherche et son étendue, ainsi que cet éclairage d'une démarche discrète, d'un aspect peu connu mais édifiant de l'histoire de la Vallée d'Aoste"). Pour ce qui est des mentions spéciales, le jury, reconnaissant en particulier la qualité des travaux présentés au concours, a voulu signaler les ouvrages suivants : - La Vallée d'Aoste en Amérique. La Valdôtaine, Société de Secours Mutuel de New York de Stefania Roullet et Carlo A. Rossi, projet de l'A.V.AS., Imprimerie Duc; - Atlas des patois valdôtains APV/1 - Le lait et les activités laitières, sous la direction de Saverio Favre et de Gianmario Raimondi, éditions Le Château.
LA SAINT ÜURS 202I : UNE MILLÉNAIRE SI TRADIDONNELLE@ MODERNE! ~TRADITIONS VALDÔTAINES S ites web, émissions télévisées, directstreaming .. . fléyé, beus, organeun ... approches différentes, même enthousiasme! C'est ainsi que le Groupe Folklorique Traditions Valdôtaines a voulu se retrouver, samedi le 30 janvier 2021, sur la scène du Théâtre Splendor pour partager, en directe, avec les visiteurs virtuels de la Foire, la sinna pachoùn et sa fierté de transmetteur de Culture populaire valdôtaine. Les frissonnements, les rougissements, les rituels conviviaux (tout en respectant les rigides protocoles sanitaires, bien sûr!) de nos Artistes avant d'entrer en scène, sont, comme d'habitude, fort vrais et réels. Tout à coup les caméras s'allument, la musique résonne et toute la joie d'être là et de pouvoir fêter tous ensemble !'Evènement explose. Les gestes et les expressions des yeux des adultes et des pop6n, une fois de plus prêts à se mettre à l'épreuve dans ce nouveau challenge, sont chargés de sincère bonheur et créent une véritable Connexion Émotionnelle perçant les écrans... Et encore... un ému hommage aux costumes et aux coiffes, représentations fidèles des originelles façons de s'habiller des anciens habitants des " paroisses valdôtaines ", qui font si bien revivre l'Espri de la Fèira, même à l'époque de la Covid... Et adèm, poudzo poudzo valdotèn !
Il
LE FOLKLORE AU TEMPS DELACOVID Rapport annuel de 1'activité de La Clicca de Saint-Martin-de-Corléans ~Marco VIGNA 2 020, d'après la millénaire tradition, avait débuté par les célébrations de la 1020ème Foire de Saint-Ours et Aoste regorgeait de gens car c'était la grande fête valdotaine. Une image lointaine, même rare de nos jours. La Foire fut pour La Clicca en fait la dernière apparition publique. 1020ème Foire de Saint-Ours, janvier 2020 m
1021ème Foire de Saint-Ours, au Théâtre Splendor d'Aoste, ianvier 2021 Certains membres du groupe au Casino de Sanremo, ianvier 2020 m
À partir du mois de mars, hélas, toutes les activités - manifestations ou répétitions - furent annulées à cause de la pandémie de la Covid. La danse qui se base surtout sur la relation et la proximité a été l'un des premiers secteurs touchés par le confinement tout comme les écoles, les activités commerciales et sportives. Il s'agit d'un évènement rare qui sera imprimé dans les futurs livres d'histoire. Le groupe, en effet, fondé une dizaine d'années après la deuxième guerre mondiale n'avait jamais connu un tel évènement; cependant, malgré cette nouveauté, une triste nouveauté, son activité ne s'est pas pour cela arrêtée d'une façon définitive. Conscient de l'importance du maintien des traditions et de la forte pertinence que celles-ci ont auprès de l'individu, sous une perspective d'appartenance et de racines, le groupe a délaissé la rue au profit des plateformes sociales. En avril, c'est-à-dire un mois après cette sorte d'incarcération forcée, a été publiée la vidéo La Clicca au temps du Coronavirus qui, par ses 2 500 vues, a essayé de maintenir vivant le sentiment d'appartenance au groupe et à la communauté même lors du premier confinement. Les enfants et les adultes ont raconté leur isolement par et avec la musique; ils se sont serrés virtuellement, avec l'espoir et le désir de se revoir bientôt. Pour rendre plus agréable l'isolement causé par le Coronavirus, La Clicca a également rejoint l'initiative «Cinema chez moi", mettant à disposition en streaming et gratuitement le documentaire du groupe «Dreaming folk" présenté à l'occasion de la Saison Culturelle 2019/2020. Au mois mai, le groupe a représenté la Vallée d'Aoste dans la vidéo Le folklore ne s'arrête pas: du Nord au Sud, un voyage pendant la pandémie parmi les groupes folkloriques d'Italie, pour envoyer à tout le monde un message d'espoir ainsi que le désir de recommencer. La vidéo a impliqué 23 groupes de différentes régions qui se sont pratiquement unis pour la tradition. Avec l'amélioration de la situation épidémiologique en été et dans le respect des dispositions gouvernementales, qui prévoyaient l'espacement et l'absence du masque à l'extérieur, le groupe a eu l'occasion de se retrouver, physiquement cette foisci, au mois d'août. En effet, un pique-nique a été organisé en m
m Appel vidéo en ligne, avril 2020
montagne, au bord du lac de Joux à Saint-Nicolas, ce qui a permis de revivre les émotions du folklore et d'être tous ensemble, tout en découvrant un coin de nature très suggestif. Pendant l'automne, les réunions en ligne avec les membres, par les biais des principales plates-formes, et les cours d'accordéon folklorique tenus par Barbara Matteucci, n'ont pas manqué. Le groupe a également rejoint le prochain projet documentaire international de Chiara Luzzana "The sound of city®». En novembre, le documentaire "Dreaming folk», produit par La Clicca, a été présenté au International Inclusive Festival Breaking Dawn à Moscou, en Russie. Le film, sélectionné, à ce jour, pour 24 festivals internationaux, a reçu 5 prix et a été présenté dans 11 pays à travers le monde. Enfin, à 11 occasion des fêtes de Noël, à nouveau caractérisées par l'isolement et la fermeture des frontières entre les régions, le président du groupe folklorique Marco Vigna, en accord avec les membres, a lancé le défi social "La Clicca décore Noël", un moyen comme les autres pour entrer dans les maisons des Valdotains, pour leur présenter ses meilleurs vœux, qui devance les barrières de Covid. Les participants ont été invités à réinterpréter, avec n'importe quelle matière, les éléments du groupe dans une touche de Noël (costumes, tissus, style, instruments, symboles, danses, musique, etc.). L'œuvre, immortalisée dans une vidéo ou une photo, a été, ensuite, publiée sur les pages web du groupe. Par ce défi, comme autrefois dans les étables, pendant les veillà, on a pu se retrouver, virtuellement à l'évidence, autour d'un foyer et de partager des moments de créativité et de gaieté. L'imagination, comme tout le monde le sait, est un médicament excellent et permet de se réapproprier du sens de la communauté, nécessaire pour entretenir la flamme et l'amour pour son terroir, même et peut-être surtout dans une période difficile. Le défi, ouvert à la citoyenneté, a été accepté par 47 personnes qui ont proposé des œuvres créatives telles que des sapins de Noël originaux, décorés de Fleyé, des décorations inspirées aux costumes féminins et masculins ainsi que des cartes de Noël tridimensionnelles spéciales (Pop-up). Il y a eu également de nombreuses vidéos, très suggestives, qui immortalisent des grands-parents désireux de raconter à m
La Clicca décore Noël, oeuvre de Adele Haudemand leurs petits-enfants leurs souvenirs liés à La Clicca, ce qui renforce, par ailleurs l'importance du folklore dans la vie de chacun de nous, ou créant des dispositifs mécaniques innovants, tel qu'un carrousel toutà-fait particulier. Un autre objectif du défi était celui de favoriser, autant que possible, un rapprochement générationnel et familial qui est, de nos jours, généralement ralenti par la frénésie quotidienne. Dans le cadre du défi, il y a eu aussi un espace pour la musique et les plus petits, en particulier les jeunes du cours d'accordéon organisé par le groupe, ont abordé les chants traditionnels de Noël. Le groupe, en collaboration avec Matou.tv (Alan Alberti et Maria Rosa Tagliani), a également présenté la vidéo Cadeau de Tsalende, un hymne à la renaissance et à la musique locale pour apporter un peu d'allégresse dans cette période difficile et triste. Grand merci, donc, aux accordéonistes Matteo Fonte, Barbara Matteucci et Claudio Vigna ; grâce à eux nous avons eu la possibilité d'écouter de la musique traditionnelle, totalement abandonnée en 2020. Le défi, qui s'est terminé le mercredi 6 janvier, avec !'Épiphanie, a été un grand succès. Les vidéos publiées sur les réseaux sociaux de La Clicca ont recueilli 6 543 vues. Les principaux journaux de la Vallée ainsi que les radios locales, dont Rai Radio 1 de la Vallée d'Aoste et Radio Proposta in Blu, ont soutenu l'initiative et contribué à son succès. Enfin, l'activité du groupe a poursuivi en janvier 2021 par une exhibition, à l'occasion de la 102P111eFoire de Saint-Ours, au Théâtre Splendor d'Aoste, diffusée sur TV Vallée chaîne 15 et sur les grandes plateformes web. 2020 et le début de la nouvelle année ont également été caractérisés par trois douloureuses pertes pour le groupe. En avril,ce
fut le membre honoraire de La Clicca, Giorgio De Lorenzi, une personne agréable, positive et rigoureuse. Il était toujours présent aux répétitions et sorties, il fut aussi l'un des piliers des mémorables festivals folkloriques des années 70 et 80. Il a également occupé le poste de Directeur technique. En septembre, ce fut le tour de la Présidente d'Honneur du groupe, Maria Zanini, une femme extraordinaire, toujours gaie et divertissante, qui a transmis son amour pour le groupe à plusieurs générations de La Clicca. Giorgio De Lorenzi et Maria Zanini, ont tous les deux suivi le groupe au fil du temps et ont pris part activement et avec un grand enthousiasme au projet de chant, organisé pour les soixante ans de la fondation de La Clicca. En janvier, finalement, c'est Renzo Lillaz, l'époux de Maria Zanini, qui est décédé; grand ami de Venance Bernin, il était présent à l'aube de la naissance du groupe. La Clicca décore Noël, oeuvre de Gina Castellani; Coralie et Céline Ramires Il La Clicca décore Noël, oeuvre de la famille Rosset et Blanc
La Clicca décore Noël, oeuvre de Silvana Bertolino La Clicca décore Noël, oeuvre de Nicole Viani m La Clicca décore Noël, oeuvre de Graziella Revil
La vidéo Cadeau de Tsalende réalisée par Matou. tv Rencontre amicale après le confinement, Saint-Nicolas, août 2020 m
Tournage du Projet documentaire international The sound of city®, octobre 2020
Vidéo La Clicca au temps du Coronavirus, avril 2020 m
PLUSIEURS OBSTACLES, / PLUSIEURS OPPORTUN1TES ~ Alessandro Cur exposition " Valdôtains dans le monde Hier et au- L / jourd'hui" a été présentée le 12 mars dernier, dans l'ancienne église Saint-Laurent d'Aoste. Il s'agit d'une initiative proposée à l'intérieur de " Mémoire de l'émigration n I le projet promu par la Présidence du Gouvernement régional pour reconstruire l'histoire de l'émigration valdôtaine aux fins de la création d'un musée des migrations ayant intéressé la Vallée d'Aoste. L'exposition se propose comme restitution des premières recherches du groupe de travail créé pour le projet et comme invitation au public, afin que les particuliers mettent à disposition leurs archives de famille, contribuant ainsi à la récupération de la mémoire collective de notre communauté. Pour ce faire, sont offerts au public dix-neuf panneaux représentant chacun un ou plusieurs cas d'émigration des Valdôtains, à partir d'Anselme d'Aoste, le moine, primate d'Angleterre et fondateur de la Scholastique, qui parcourut l'Europe de Canterbury aux Pouilles, jusqu'aux " émigrés 2.0 ", les jeunes partis dans les vingt années dernières, recensés par Michela Ceccarelli. Le contenu des panneaux a été proposé par les associations culturelles faisant partie du groupe de travail (Académie SaintAnselme, Association Valdôtaine des Archives Sonores, Augusta de Issime, Centre d'Études Francoprovençales René Willien, Comité Fédéral des Sociétés des Émigrés Valdôtains, Comité des Traditions Valdôtaines, Fondation Émile Chanoux, Institut de la Résistance, Union de la Presse Francophone, Walser Kulturzentrum), leur permettant ainsi de présenter elles-mêmes et leurs activités. En plus, le Centre Willien a mis à disposition des instruments liés au métier du ramoneur ainsi que des documents et des ob-
jets appartenus à l'abbé Cerlogne, qui dans sa jeunesse travailla en France pendant plusieurs années. Encore, le Fonds Valdôtain de la Bibliothèque régionale a exposé un échantillon des livres et des journaux concernant l'émigration, auxquels ont été ajoutés images et dépliants consignés aux chercheurs du projet par Aldo Saluard, quelques mois avant sa disparition, et d'autres images consignées aux chercheurs par des témoins ou repérées dans la Toile. L'exposition offre, en conséquence, un aperçu original sur l'étendue de l'émigration valdôtaine dans l'espace d'un millénaue. L'intérêt de l'initiative ne se limite pas à ses contenus. En effet, les entraves intervenues à cause de la Covid ont provoqué des changements de calendrier, mais ont eu aussi l'effet paradoxal d'améliorer l'exposition au point de vue des technologies appliquées. Pour mieux expliquer cette affirmation, il est nécessaire d'esquisser brièvement la suite des événements qui se sont déroulés à partir du mois de mars 2020. Quand le confinement dû à la Covid fut imposé, dix-sept des dix-neuf panneaux étaient déjà aménagés dans le foyer de la Bibliothèque régionale, mais personne ne put les voir et l'inauguration de l'exposition, prévue le jour même de l'imposition du confinement, fut renvoyée sine die. Cet obstacle n'a point arrêté le groupe de travail, qui a poursuit sa recherche pendant les douze mois suivants, repérant d'autres informations sur nos émigrés. Ainsi, quand le Service expositions de l'Assessorats aux bien culturels a annoncé la disponibilité de l'ancienne église SaintLaurent pour aménager l'exposition, il a été possible d'ajouter deux autres panneaux grâce aux données acquises, ainsi que deux vitrines accueillant les dépliants, les brochures et l'autre matériel mis à disposition par Aldo Saluard et la Bibliothèque régionale. En plus, dans chaque panneau est inséré un code QR renvoyant à un site où les visiteurs peuvent trouver la traduction en italien des textes de panneaux (tous en français) et d'autres matériaux informatifs, tels que documents, photos et vidéos. Ceux-ci concernent en particulier deux actrices d'origine m
valdôtaine, Denise Grey, dont on rappelle cette année le vingtcinquième anniversaire de la mort, et Lilyan Zémoz Chauvin, née à Paris d'un émigré de Villeneuve, qui déménagea ensuite aux États-Unis où accomplit une longue carrière à Hollywood, et comme actrice et comme enseignante de diction. Enfin, à cause de la nouvelle fermeture des musées, survenue le 15 mars, le Service du protocole et l'Office de la langue française, auxquels revient la partie organisationnelle de l'exposition, ont préparé une page Internet (https://www.regione.vda. it/Eventi_istituzionali/memoiredelemigration/panneaux_expo/ default_i.aspx) présentant une partie des contenus de l'expo, un " avant-goût ,, offert à ceux et celles qui veulent aborder la connaissance de ce phénomène capital dans l'histoire valdôtaine qui fut l'émigration. Le renvoi de l'inauguration de l'exposition et sa fermeture soudaine, mais - on l'espère - temporaire, ont ainsi offert la possibilité de développer d'autres moyens de divulgation de ses contenus et d'expérimenter quelques-unes des solutions que le groupe de travail envisage d'appliquer dans le futur musée valdôtain des migrations. m
UN ONCLE DE VICTOR HUGO ... DEMEURANT À AOSTE ~ Alessandro LrvIERO A u cours de mes recherches dans les archives valdôtaines, mon regard est tombé sur un document du XIXe siècle qui m'a fait découvrir, avec beaucoup de surprise, la présence en 1874 d'un illustre personnage dans la ville d'Aoste, présence qui est restée ignorée jusqu'à présent. Il s'agit du comte Jules-Romain de Rembielinski, polonais d'origine et naturalisé français par la suite. Apparemment ce nom ne dit rien du tout, mais en lisant le document retrouvé, qui est son acte de mort écrit par le chanoine Léon-Clément Gérard, curé de la Cathédrale d'Aoste, on a une surprise : " De Rembielinski Jules :le 7 août 1874 dans la maison Albertoglio - Croix de Ville est mort de mort subite Mr le Comte Jules De Rembielinski âgé de septante un an natif de Varsovie, capitaine retraité, demeurant à Paris, fi_ls de N.N. et de N.N. veuf de Made Lambruski née Hugo, tante, me dit-on du Poète Victor Hugo. Le cadavre a été enseveli dans le cimetière de cette commune le jour neuf août, d'où l'on doit le transporter à Paris dans son caveau de famille. L. C. Gérard Chanoine Curé "· Il s'agissait donc, selon ce " me dit-on " inséré dans l'acte, d'un oncle par affinité du très célèbre poète et écrivain français Victor Hugo. Ma curiosité a été grande et m'a poussé à aller rechercher premièrement qui était ce noble polonais venu résider dans une maison au centre de notre petite ville, où il est décédé et ensuite, à vérifier s'il était vraiment un oncle par affinité de Victor Hugo1 . 1 Victor-Marie Hugo (Besançon 26 février 1802 -Paris 22 mai 1885). m
Ma recherche a donné de très bons résultats : en effet le comte Rembielinski, dont le nom complet était Jules- Romain, appartenait à une ancienne famille noble de Pologne. J'ai trouvé une monographie sur cette famille, publiée par les Archives Municipales de Lyon2 en 1997, dans laquelle il résulte que ce personnage est effectivement décédé à Aoste. Dans cette étude l'auteur a expliqué les motivations " de la grande émigration polonaise de 1832, conséquence indirecte de la révolution française de Juillet 1830, laquelle suscite, un peu partout en Europe, de grands espoirs parmi les mouvements nationaux et libéraux. En novembre 1830, une insurrection éclate en Pologne. Elle est appuyée par ]'Armée, et a pour objet, pour les Polonais, de se débarrasser complètement de la tutelle russe. Un gouvernement national se constitue à Varsovie, mais dix mois de lutte aboutissent à l'échec de l'insurrection. La capitulation de Varsovie a lieu le 8 septembre 1831. Une sévère répression s'ensuit, entraînant la suppression du peu d'autonomie dont jouissait la Pologne, qui devient alors une simple province russe. Les insurgés sont priés de quitter le territoire polonais. Cet épisode tragique de l'histoire polonaise est désigné en Pologne sous le nom de La Grande Émigration. ... Et c'est ainsi qu'à Caen, en 1832, on rencontre deux émigrés polonais, deux frères, du nom de Jules Romain et Eugène Napoléon Rembielinski3 "· " Les deux frères sont officiers, même s'ils ne sont peut-être que des officiers de circonstance : Jules Romain a vingt-neuf ans, il est capitaine de cavalerie; Eugène Napoléon a dix-huit ans, il est sous-lieutenant d'infanterie. Ils appartiennent à une vieille famille de la noblesse polonaise, qui arbore un blason connu, désigné sous le nom de Lubicz, et partagé, comme le veut la coutume en Pologne, par plusieurs familles faisant partie du même clan. Le nom de Rembielinski tient son origine de celui de la localité de Remblin, proche de Varsovie, qui était 2 Forma Urbis : Les plans Généraux de Lyon, XVI' au xxc siècle, Pierre Sarocchi, ingénieur E.C.P. Une dynastie d'ingénieurs-géographes lyonnais au XIXe siècle, les Dignoscyo-Rembielinski. Edité par les Archives Municipales de Lyon en 1997. 3 Sauf indication contraire, les renseignements concernant les étapes de la carrière de Jules Romain et de Napoléon Eugène Rembielinski sont extraits de leur dossier de naturalisation respectif (Paris, Archives nationales, BBl 1 536 (5679X4), dossier Jules Romain R. Ibid., BBl 1 539 (5418X4), dossier Eugène Napoléon R. m
peut-être la propriété première de la famille. En effet, les premiers Rembielinski connus sont d'abord des propriétaires terriens. Dans les dictionnaires de la noblesse polonaise, le premier porteur du nom, Christophe Rembielinski, apparaît au début du XVIe siècle, classé dans cette catégorie"· Blason Lubicz porté par la famille Rembielinski : d'azur à un fer à cheval versé d'argent, sommé de la croix pattée d'argent et à la même croix, en coeur. L'écu timbré d'un heaume couvert d'une couronne et cimé de trois plumes d'autruche au naturel. (Source : Armorial polonais, Bibliothèque Albi Carvi, Château-Thierry, 1988). En reprenant la biographie des deux frères Rembielinski qui sont arrivés en France en février 1832, nous suivrons celle du Comte Jules Romain. Le même auteur a écrit que celui-ci " à vingtneuf ans, il est capitaine de cavalerie. .. . Ils sont tout d'abord hébergés à Besançon, dans un dépôt affecté aux émigrés polonais. Ils y séjournent jusqu'au 9 mai 1832, date à laquelle ils sont dirigés sur la ville de Caen. Soixante ressortissants polonais, environ, séjournent à cette époque dans cette ville, dans les mêmes conditions de réfugiés politiques. L'administration française leur alloue des subsides qui leur permettent de vivre, et ils peuvent habiter en ville. Pour les frères Rembielinski, la France n'est pas une terre complètement inconnue. Le musicien Alexandre Rembielinski a vécu récemment à Paris, où il a passé sept ans, et il a certainement laissé des amitiés dans les cercles polonais de la capitale. D'autres membres de la grande famille Rembielinski sont peut-être également installés à Paris, puisque, par exemple, quelques années plus tard, on peut y noter la présence d'un autre Alexandre Rembielinski, cousin
germain du musicien, et de son épouse, Pélagie Zamoyska. Ils habitent alors avenue Matignon "· Contrairement à son frère, " Jules Romain ne paraît pas avoir trouvé de travail à Caen. Enfin, en 1837, les deux frères sont autorisés à quitter Caen. Ils partent pour Paris, s'y installent et, probablement infl.uencés par la réussite professionnelle d'Eugène Napoléon, décident de faire tous deux carrières dans la cartographie. Arrivé à Paris avec son frère, Jules Romain se loge rue de Sèvres ; il y demeure environ deux ans. Il a alors renoncé à ses ambitions musicales, et embrasse la fonction publique, mettant à profit ses capacités de dessinateur en cartographie. De 1837 à 1841, on le trouve, en effet, attaché au service municipal de Paris, où il est affecté à la Conservation du plan de la ville. En 1841, il devient employé titulaire au ministère des Travaux Publics, plus précisément au Dépôt des cartes et plans. Il y fera la plus grande partie de sa carrière pendant près de vingt ans. En 1848, ses appointements se montent à quinze cents francs par an. Deux ans après son installation à Paris, en 1839, il épouse Martina de Lauzurica4 , veuve de François Juste Hugo5 , oncle de Victor Hugo. Celui-ci est témoin à son mariage6. Jules Romain devient ainsi l'oncle par alliance du célèbre écrivain. En 1845, il demande sa naturalisation. Sa première demande est appuyée par Deschamps, conservateur du plan de Paris à la préfecture de la Seine. En 184 7, une deuxième demande est apostillée par Victor Hugo. Grâce à cette prestigieuse recommandation, Jules Romain obtient rapidement la nationalité française en 1848 "· Par la suite, la recherche a continué et a donné d'autres résultats, qui ont confirmé que Jules Romain avait obtenu de jouir des droits de citoyenneté française. L'acte fut publié en 1849 : " Arrêté du ministre de la justice qui admet à jouir des droits 4 Son épouse Marie-Maritine de Lauzurica dans l'acte du décès rédigé par le chanoine Gérard est indiqué erronément comme Lambruski 5 Le Général François Juste Jean Abel Joseph Hugo (dit Francis) (Nancy 3 aoùt 1780 - 1831 ?), fils de Louis Joseph Hugo et de Jeanne Marguerite Michaud, a épousé Martina Lauzurica, appartenant à une famille noble d'origine basque, et il est le père de Joseph Hugo. 6 Paris, Archives de la ville de Paris, État-civil, Paris 11' arrondissement, mariage, 7 novembre 1839. m
de citoyen français : 1° M. [ules-Romain Rembielinski, né à Varsovie (Pologne) le 28 février 1803, employé au ministère des travaux publics, demeurant à Paris ,,7, " Après la première res1dence de la rue de Sèvres, ses domiciles parisiens sont successivement : rue du Cherche Midi, en 1839 ; rue de Bourgogne, en 1848 et 1854 ; rue Grenelle, Saint-Germain, en 1855 et 18648 ; rue du Bac, en 1874. Son épouse décède en 1869. À cette date, il a quitté le ministère des Travaux publics. Il reste néanmoins dans la fonction publique, puisqu'on le trouve successivement au ministère de ]'Agriculture, puis au ministère du Commerce. Il est décoré de l'ordre de Charles 111 d'Espagne, pays natal de son épouse ; il porte cette décoration en 18649 . Il décède //t?g r// /b //b,,w,.,,=<--' /v .ç"""le./d.eef ê/.ic:=,,uy"', ~Uu.?û& ,;;J~,z.,_.J.-:J~ dl&..,.. iY ~,.,,-~-/- _.ffi..;_:,"'=;-- . (Apostille de Victor Hugo à la demande de naturalisation de fules Romain Rembielinski (Paris, Archives nationales, BB11 536 (5679x4 ). lui-même en 1874, à l'âge de soixante-douze ans, à Aoste, en Italie. Il repose, avec sa femme, dans une tombe du cimetière 7 Bulletin des lois de la République Française X' Série-Partie Supplémentaire - Tome troisième contenant les décrets et arrêtés d'intérêts local ou particulier publiés pendant le l" semestre de l'année 1849- N° (40 à 70). Paris 1849, page 12 8 Bulletin des lois de l'Empire français, XI' Série, Règne de Napoléon III, Empereur des français, deuxième semestre de 1861, partie Principale - Tome XVIII (N° 946 à 991). Paris 1862, pages 864-865 : " ... domicile chez le sieur Rembielinski, à Paris, rue de Laborde, N° 12 ... "·Aujourd'hui au 8' Arrondissement -Elisée. 9 Paris, Archives de la ville de Paris, État-civil, Paris 7e arrondissement, décès, acte n° 277, 17 février 1869. Bobigny, Archives de Seine-Saint-Denis, État-civil, mariage, acte n° 37, Livry, 2 avril 1864. m
Montparnasse. Il est mort sans enfant10 . Son activité de dessinateur cartographe est importante. On retrouve de lui de nombreux plans de ville, comme Bordeaux, Antibes, Ajaccio, etc, établis sous l'égide du dépôt des cartes et plans des Ponts et Chaussées. Il ne semble pas avoir œuvré dans la région lyonnaise11 ". Noble Eugène Rembielinski, frère de Jules Romain, à la mort de sa femme en 1844 à l'âge de vingt-huit ans, l'enterre dans un caveau qu'il fait édifier au cimetière Montmartre. Dans le même caveau sera enterré le comte Jules Romain qui aura été transféré du cimetière de la Ville d'Aoste, comme il résulte d'après le registre des décès de la cathédrale. Il faut signaler que le décès du comte Rembilinski à Aoste a été publié dans le journal" La Feuille d'Aoste " du 6 septembre 1874, dans lequel ont écrit erronément qu'il était" colonel"· Ma recherche a permis de découvrir d'autres détails, par exemple : pendant le premier semestre du 1847 le comte Jules Romain déploya l'activité de dessinateur auprès du Ministère des Travaux publics à Paris ; sa prise en charge fut publiée dans les " Ordonnances du Roi (contresignées par le garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes) » où est nommé " Le sieur [ules Romain Rembielinski, né le 28 février 1803 à Varsovie, royaume de Pologne, dessinateur au ministère des travaux publics résidant à Paris ,, 12 • De nos jours les descendants de cette noble famille polonaise sont encore bien nombreux et dans la ville de Varsovie on peut admirer le merveilleux Palais Rembielinski. Le projet pour sa réalisation fut de l'architecte italien Francesco Maria Lanci (1799-1875) : les travaux commencèrent en 1859, mais le premier propriétaire Aleksander Rembilinski le vendit pendant qu'il était encore à terminer ; il fut achevé seulement en 1865. De nos jours y trouve le siège de la Société des Vétérans de guerre. 10 Paris, Archives de la ville de Paris, État-civil, table des décès de l'enregistrement, 7 août 1874. 11 Paris, Archives nationales, Série Fl4, Ponts et Chaussées, Cartes et plans 10048 à 11084. 12 Bulletin des lois du Royaume de France, IX' Série-Règne de Louis Philippe l", roi des français - Partie supplémentaire - Tome trente et unième - l" semestre 1847 (N° 882 à 908). Paris août 1847, page 994.
Généalogie simplifiée de la famille Rembielinski Christophe Rembielinski Propriétaire terrien Début du XVIe siècle Martin Rembielinski Dobrogost Rembielinski Électeur en 1648 Épouse Catherine Glodzinska 1 Bonaventure Rembielinski Kasper Rembielinski Épouse Catherine Wyrozembsza Nicolas Rembielinski Épouse Anna Zeromska 1 François Rembielinski Veneur du Roi Acquiert le domaine Waliska en 1747 Épouse Anna Kossakowna 1 Stanislas Auguste Rembielinski Secrétaire du cabinet du Roi Député et secrétaire de la Diète en 1764 François Rembielinski Attesté en 1765 et 1781 Épouse Juliana Skorupkowna Épouse Marjanny Laczynska Raymond Rembielinski 1774-1841 1 1 1 Intendant des armées en 1808 Propriétaire des domaines de Krosniewicze et Jedwabne Alexandre Rembielinski À Paris vers 1850-60 Épouse Pélagie Zomoyska Décédé en 1782 André Rembielinski 1779-1846 Fonctionnaire préfectoral Jan Rembielinski 1780-1840 (environ) Burgrave d'Ogrodzienice Topographe militaire Épouse Thècle Mroczkiewicz en 1810 1 1 1 1 André Rembielinski Pianiste et compositeur Ami de F. Chopin À Paris de 1819 à 1825 Léon Rembielinski 1836-(vers 1900) Pianiste et compositeur 1 Eugène Napoléon Rembielinski 1814-1880 Ingénieur géographe Épouse Amanda Philippe puis Marie Agricole Dignoscyo Jules Romain Rembielinski 1803-1874 Dessinateur topographe Ép. Martina de lauzurica tante de Victor Hugo Jules Rembielinski 1846-1874 Dessinateur Maître de chapelle à St-louis d'Antln m
Palais Rembielinsl<i à Varsovie La question qui reste sans réponse, c'est de comprendre le motif pour lequel le Comte Jules Romain Rembielinski était venu habiter à Aoste, fort probablement de manière provisoire. Nous croyons improbable qu'il soit venu en qualité de touriste. Quels intérêts avait-il en ville ? Considérant qui s'agissait d'un personnage d'un certain niveau social et qu'il avait été dessinateur et topographe auprès du Ministère des Travaux publics de France, on peut supposer qu'il était venu en contact déjà bien avant 1874 avec quelques personnages du milieu culturel local et qu'il était venu lui rendre visite en raison d'une présumée amitié. On se pose des questions dont pour le moment on n'a pas malheureusement trouvé les réponses : par exemple, on n'a pu identifier la maison Albertoglio de la rue Croix de Ville. Elle appartenait aux derniers descendants d'une famille originaire de Lugano (Albertolli ou Albertollio), présente en Vallée d'Aoste déjà dans les premières décennies du XVIIIesiècles, avec des artistes, des architectes et des stucateurs. On doit espérer qu'un jour quelques vieux papiers nous dévoilent ce petit mystère. Déjà, avoir vu ici séjourner le comte Rembielinski dans notre petite ville de montagne est un motif d'orgueil. Cela nous laisse penser que fort probablement au cours des siècles d'autres illustres personnages aussi sont venus visiter notre ville et notre région si belle, mais pour beaucoup d'entre eux aucun témoignage ne nous est parvenu. m
SAINT FERNAND.. DE SARRE ~Patrik PERRET e me permets de proposer une petite liaison " artistique " J entre Séville, la célèbre ville andalouse, patrie du Flamenco et de la " Feria de Abril " et notre Vallée. En effet, au Château Royal de Sarre, à quelques kilomètres d'Aoste, se trouve un beau portrait de son saint patron : saint Fernand de Séville (1199 -1252). L'ancien manoir médiéval, aujourd'hui l'un des plus visités de notre région, fut acheté en 1869 par Victor Emmanuel II de La chambre de reine Marguerite au premier étage du Château Royal de Sarre ID
La toile dédiée à saint Fernand de Séville m
Savoie, premier roi d'Italie et réaménagé en pied-à-terre pour ses célèbres Chasses Royales aux chamois et bouquetins dans les vallées aux environs. La toile " sévillane ,, se trouve dans l'élégante chambre de la reine Marguerite, belle-fille du propriétaire et première reine d'Italie (elle était l'épouse, ainsi que la cousine, de son fils aîné, le futur Humbert Ier). Un auteur anonyme peint vers 1870 un portrait absolument idéalisé mais riche de symboles associés à la vie et aux mœurs du monarque Fernand III de Castille et Léon. Par exemple, au premier plan, sur un autel, est posée sa célèbre épée, appelée la " Lobera ", à savoir la " chasseuse de loups ", c'est-à-dire les infidèles musulmans, que l'on pourrait traduire avec" lupara ",comme la célèbre arme à feu sicilienne. A droite, on trouve la statue de la " Virgen de la Batailla ", c'est-à-dire la " Vierge de la Bataille "·Il s'agit d'une très élégante statuette gothique en ivoire, un cadeau de son cousin saint Louis, roi de France (1214-1270L aujourd'hui conservée dans la cathédrale de Séville et que le roi-soldat castillan portait toujours avec lui. Pour cette raison, elle a également été appelée la " Virgen del Arzôn ,,, la " Vierge de la Selle ", où elle voyageait au cours les exténuantes marches dans les terres castillanes et andalouses, au cours des continus affrontements entre chrétiens et musulmans (pensez au célèbre film Le Cid avec Charlton Heston et Sophia Loren). Le roi de Castille sera en effet l'un des champions de la «Reconquête" des terres ibériques dominées pendant des siècles par les " infidèles ", un engagement couronné par la prise La « Vierge de la Bataille » conservée de Séville en 1248. Cette ville à Séville Il
était la capitale d'un des royaumes maures entre les plus importants et stratégiques de la péninsule, et sa conquête décréta le déclin définitif du pouvoir musulman en Europe. En 1671, Fernand III fut canonisé, après une vie consacrée à la " Croisade espagnole ", devenant évidemment le Béatrice de Savoie et son second époux, saint patron de Séville, don Manuel de Castille et Léon ville qui avait libérée et où il vécut jusqu'à sa mort. Comme symbole de son humilité et de sa foi, notez la couronne renversée au pied de la belle Madone. Le manteau d'hermine, la chevelure et l'expression rappellent le plus célèbre des portraits du saint, réalisés lors de sa canonisation par l'artiste sévillan Bartolomé Esteban Murillo (1617 - 1682), que l'auteur anonyme du tableau de Sarre devait bien connaître. La présence de ce saint castillan (politicien habile, vaillant aussi bien qu'humble combattant pour la foi chrétienne) dans un château valdôtain devait représenter un exemple dont les représentants de la Maison de Savoie auraient dû s'inspirer. En outre, saint Fernand avait des relations familiales avec la Maison de Savoie. Il était le beau-père, on pourrait dire " posthume ", de Béatrice de Savoie (1250 - 1292), fille du comte Amédée IV (1197 - 1253) qui avait épousé, en 1274, son fils l'Infant Manuel de Castille et de Léon (1234- 1283). À cette époque le roi-saint, épuisé après une vie de guerres et de prière, était mort depuis vingt-deux ans. Un petit doute final : est-ce que cette toile " espagnole " est arrivée à Sarre en tant que cadeau du beau-frère de Marguerite, Amédée Duc d'Aoste (frère d'Humbert I), éphémère roi d'Espagne entre 1871et1873?
UNE ANNÉE DE PANDÉMIE EN V ALLÉE D1 AOSTE : LES CHIFFRES I * ~Joseph RrvOLIN ne année s'est écoulée depuis que les premiers cas de U contagion de la Covid-19 ont été enregistrés en Vallée d'Aoste, à partir du 5 mars 2020. Le 9 mars l'administration régionale a publié le premier des bulletins qui ont permis de suivre la marche du virus pratiquement au jour le jour. On y enregistrait la présence de 15 cas positifs sur le territoire régional, dont trois hospitalisés. La contagion s'est répandue rapidement et le 31 mars on comptait au total 574 cas positifs testés (+ 559 en trois semaines) et le 30 avril 1.128 (+554, soit presque le double). Dans les mois suivants, grâce aux résultats salutaires du confinement strict, on a remarqué un ralentissement de la contagion : le 31 mai le total des cas positifs était de 1.184 (+56), le 29 juin 1.194 (+10), le 31juillet1.208 (+14) et le 31août1.241 (+37). L'automne de l'année dernière a marqué le début de la deuxième vague, qui a progressé rapidement : le 30 septembre le chiffre total était monté à 1.314 cas positifs (+100), qui avait augmenté à 3.375 (+2.061) le 1er novembre, avec une hausse de presque 200% ; à 6.510 (+3.135) le 30 novembre. L'année s'est heureusement achevée avec une tendance à la baisse de la virulence épidémique: les malades étaient au nombre 7.273 (+763) le 31 décembre. Cette tendance s'est stabilisée dans les premiers deux mois de 2021 : le 31 janvier le total des personnes contagionnées était de 7. 797 (+524) 2021 ; le 28 février de 8.054 (+257). 1 *Mise à jour des clonées publiées dans le n° 251 (3/2020) du "Flambeau", pp. 40-41.
3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 - se riel Fig. 1 - Cas positifs Le cours des contagions s'est reflété sur le nombre des hospitalisations : le 31 mars l'hôpital régional accueillait 82 malades; le 30 avril, 76; le 31 mai, 12; le 29 juin, trois; le 31 juillet, un seul ; le 31 août, deux ; le 30 septembre, six. En automne le nombre des hospitalisations dépassait largement les chiffres de la première phase: 161 malades le 1er novembre et 124 le 30 i il a baissé à 113 le 31 décembre, à 32 le 31 janvier 2021, à 10 le 28 février. Le triste bilan mensuel des décès a débuté avec 54 victimes à la date du 31 mars 2020 (37 hommes et 17 femmes). Le début d'avril enregistrait à la fois le record quotidien des guérisons (23 personnes le 2) et celui des décès (13 le 3): au cours du mois on a compté 83 victimes (33 hommes et 50 femmes). Au mois de mai le nombre des décès tombait à six (2 hommes et 4 femmes -donnée relevée le 31) et à juin à trois (un homme et deux femmes - donnée du 29 juin). Les mois de juillet, d'août et de septembre n'ont enregistré aucun décès: la première phase de la pandémie s'est donc achevée sur le chiffre de 146 victimes : m
180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 160 140 120 ~ ~"'<' ~'v ~ ~ ~ Fig 2 - Hospitalisations 100 -+--~~~~~~~~~~~~~~~- 80 +---- 60 -+---- 40 20 0 Fig. 3 - Décès m • Seriel • Seriel
73 hommes et 73 femmes. Malheureusement, en automne on a remarqué un rebondissement important de la contagion, qui a provoqué la mort de 28 personnes en octobre, dont 14 hommes et 14 femmes (relevé du l e' novembre); 147 (+119) à novembre, dont 76 hommes et 71 femmes (relevé du 30 novembre); 64 (-77) à décembre (relevé du 31 décembre). Le total de l'année a été de 379 décès (198 hommes et 181 femmes). Au mois de janvier 2021 on a compté 25 décès, soit 11 hommes et 14 femmes (relevé du 31 du mois), pour un total de 404 morts depuis le début de la pandémie (209 hommes et 195 femmes) . Le 28 février le nombre des personnes décédées est monté à 415 (+11), dont 215 hommes (+6) et 200 femmes (+5). Pendant toute la période concernée l'âge moyen des défunts s'est maintenue autour des 83 ans. La situation des décès en Vallée d'Aoste au bout d'une année de pandémie (8 mars 2021) m
AOSTE AU TEMPS DE LACOVID ~LA RÉDACTION omme tout le monde le sait, nous sommes en train de C vivre une période difficile de par la pandémie qui ne cesse de circuler dans le monde entier. Sa contagiosité, au lieu de diminuer, augmente, car ce virus est en mutation régulière ; ce qui est par ailleurs normal parce que lui aussi doit évoluer en continuation s'il veut rester vivant. Après le variant anglais, celui sud-africain et, enfin, brésilien, il faudra, donc, s'attendre à d'ultérieures mutations avec l'espoir que les vaccins disponibles puissent le combattre efficacement. Les systèmes les plus efficaces pour se protéger sont et restent toujours les gestes barrières, c'est-à-dire une certaine distanciation physique, la désinfection périodique des mains, et, évidemment, le port du masque. Il faut enfin éviter toute forme de rassemblement. Nous avons eu la possibilité de constater que chez nous, citoyens d'Aoste, ces normes sont plutôt bien respectées, surtout en ce qui concerne le port du masque. Et nous en avons les témoignages ... Que les lecteurs observent avec attention la photo que nous reproduisons. Bravo les citoyens ! La composition, en acier, qui représente un joueur de la contrebasse, est sise devant le siège du Conservatoire de la Musique d'Aoste, rue Guy Rey; datant de 2014, c'est l'œuvre de Robert Pernettaz et de Piero Nigra. m
m
LE BARON DE SAINT-RHÉMY es Valdôtains qui vi- L sitent la ville de Cagliari ont l'occasion de découvrir que l'un des lieux de rencontre les plus fréquentés du chef-lieu de la Sardaigne est l'élégante terrasse panoramique qui surmonte le " Bastione di Saint-Remi " : et ils se demandent si cette dénomination a quelque chose à voir avec la Commune homonyme de la Combe Froide. C'est ce que je me suis demandé aussi : alors j'ai entrepris quelques recherches, au bout desquelles j'ai pensé que leurs résultats pourraient intéresser les lecteurs du " Flambeau ". Disons tout d'abord que le nom du bastion sarde ~ Joseph-Gabriel RrvouN dérive bel et bien de celui Fig. 1 - Cagliari: le "Bastione di Saint-Remi" du bourg valdôtain, par l'intermédiaire de la famille noble qui en possédait la seigneurie au XVIIIème siècle, lorsque les ducs de Savoie devinrent rois de Sardaigne : les Pallavicino de La Creste - ou Pallavesin, comme on les appelait en Vallée d'Aoste. m
RkJQdWJsaXNoZXIy NzY4MjI=