Le Flambeau

ad LE FLAMBEAU 1.M..,I Revue du Comité des Traditions Valdôtaines - 0.n.1.u.s. "Maneat dom us donec formica aequorn bibat et ]enta testudo totun1 pernmbulet orbem" (graffiti du château de Pénis) Dans ce numéro Celi Alessandro Éditorial Liviero Alessandro Histoires de nos émigrés, Un valdôtain dans l'île de Saint-Domingue au XVIII' siècle Vauterin Jean -Luc Le château de Saint-Marcel, Miettes d'histoire à travers les images La Rédaction Les liens internationaux du Comité Perret Patrik Duc in altum ! Perret Patrik Quatre blasons et deux erreurs Rivolin Joseph Sur la mosaïque" des mois" en la cathédrale d'Aoste Tognan Enrico Les Valdôtains au Montana, éléments pour une histoire de l'émigration valdôtaine aux Etats-Unis Cossavella Cesare Vallée d'Aoste d'antan: voyage à travers les cartes postales anciennes a 3 5 16 25 32 46 53 73 93

LE FLAMBEAU Rédaction et Administration COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES 3, rue de Tillier - 11100 Aoste Tél. +39 0165 36 10 89 (comitedestraditions@gmail.com) (ouvert le mardi de !Oh à llh30; le samedi de !Oh à l lh)) DIRECTEUR RESPONSABLE joseph-Gabriel Rivolin COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef Laura Grivon -loflambo@gmail.com Rédacteurs 68' année -n° 254 2/2021 Alessandro Celi, Joseph-César Perrin, Joseph-Gabriel Rivolin, Enrico Tognan COTISATION ANNUELLE AU COMITÉ DES TRADITIONS VALDÔTAINES Italie:€ 25,00 Europe:€ 30,00 Autres pays : € 35,00 Cette cotisation annuelle donne droit à l'envoi de notre revue trimestrielle Le paiement peut être effectué : - au siège du C.T.V. 3 rue De Tillier à Aoste, aux jours et heures indiqués; par versement sur le compte courant postal n°10034114 au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier 11100 Aoste; par virement bancaire- IBAN: IT 33 V 02008 01210 000002545815 BIC/SWIFT: UNCRITMlCCO Les sociétaires demeurant hors d'Italie peuvent verser la cotisation par mandat postal international, ou par virement bancaire au nom du Comité des Traditions Valdôtaines, 3, rue De Tillier, 11100 Aoste. Pour les payements en chèques sur des banques à l'étranger, il est nécessaire d'ajouter 10 euros pour les frais bancaires. Enregistrement Tribunal d'Aoste n° 7/75 du 31.07.1975 Les manuscrits non publiés ne sont pas rendus Les opinions émises par les auteurs des articles n'engagent ni la rédaction du "Flambè>" ni le C.T.V. Impression : Musumeci S.p.A. 97, Région Amérique -11020 Quart (Vallée d'Aoste) Tél. +39 0165 76 11 11 Avis anx destinataires dn Lo Flambô-Le Flambeau fj FSC www.lse.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C102788 Aux termes de la loi n° 196/2003 nous vous informons que vos données personnelles figurent dans la liste des adresses du Comité des Traditions Valdôtaines, titulaire du traitement y afférent, et que pour exercer le droit que vous avez de les modifier, de les actualiser ou de les supprimer vous pouvez nous adresser à tout moment un courrier postal à l'adresse suivante Comité des Traditions Valdôtaines - 3, rue Jean-Baptiste de Tillier - 11100, Aoste. Il

/ EDITORIAL Chère Sociétaire, cher Sociétaire, ~ VOTRE PRÉSIDENT et éditorial est consacré _à quelques communications C concernant notre Comité, qui continue ses activités malgré les contraintes de la Covid. Malheureusement, au moment d'écrire ces lignes, la Vallée d'Aoste est encore en " zone jaune " et les limitations dues à la pandémie, bien qu'un peu adoucies par la baisse des contagions, pèsent encore sur nos vies. Ainsi, nous sommes obligés de convoquer l'Assemblée annuelle prévue par les statuts avec les mêmes modalités de l'année passée, c'est-à-dire en dehors de toute occasion de fête et de rencontre. Elle se tiendra, donc, le vendredi 27 août à 18h, au siège du Comité des Traditions, 3, rue De Tillier, à Aoste. La Covid a, par contre, contribué au grand succès du numéro spécial du décembre dernier, consacré aux épidémies dans l'histoire valdôtaine : encore aujourd'hui, nous recevons des requêtes des copies par des lecteurs qui s'approchent à la revue pour la première fois, mus par la curiosité envers un sujet tristement à la une. Au-delà des deuils qui ont frappé chacun de nous, il s'agit quand même d'un signal fort intéressant et d'une occasion pour réfléchir au futur du " Flambeau " : le numéro monographique est désormais devenu pour la rédaction un rendez-vous incontournable, apte à susciter l'intérêt de celles et ceux qui désirent œuvrer pour maintenir et promouvoir la connaissance et la culture de la Vallée d'Aoste. Pour cette motivation, les rédacteurs se sont déjà penchés sur la préparation du prochain Spécial, consacré, comme annoncé dans le numéro précédent, à Napoléon Bonaparte, en occasion du bicentenaire de sa disparition. Il

Je suis sûr que le sujet va retenir l'attention des lecteurs bien au-delà du cercle habituel des sociétaires. Par conséquent, je vous invite à annoncer d'ores et déjà la prochaine parution du numéro 255 de la revue, prévu pour la fin novembre, début de décembre, et à proposer aux intéressés l'inscription au Comité des Traditions. En effet, le " Spécial Napoléon " pourrait devenir l'occasion pour augmenter le nombre des adhérents et donner plus de force à notre action. Engageons-nous, donc, dans cette œuvre de promotion : la Vallée d'Aoste toute entière en bénéficiera sans doute! CONVOCATION L'Assemblée générale du Comité des Traditions valdôtaines est convoquée le jour jeudi 26 août à Sh du matin en première convocation et le jour 27 août à 18h au siège du Comité des Traditions, 3, rue De Tillier, Aoste Avec l'ordre du jour suivant: 1) Lecture et approbation du rapport du Président 2) Lecture et approbation du rapport du Trésorier 3) Lecture et approbation du rapport du Directeur de " Le Flambeau ,, Les sociétaires ne pouvant pas participer peuvent déléguer. Il

Histoires de nos émigrés UN VALDÔTAIN DANS L'ÎLE DE SAINT-DOMINGUE AU XVIIIE SIÈCLE ~ ALESSANDRO LIVIERO n consultant les documents et les registres des Archives E Nationales d'Outre-mer (France), publiés dans la toile, à la recherche de nouvelles sur d'éventuels émigrés valdôtains, il m'est arrivé de trouver un dossier du xvmc siècle qui a attiré mon attention. Un document de ce dossier, qui malheureusement ne contient que le texte du regeste, n'a apparemment aucune liaison avec la Vallée d'Aoste et nos émigrés ; mais l'autre, publié entièrement, déjà dans son regeste indique clairement qu'il s'agit d'une question relative aux biens délaissés après le décès par un certain Charray Dumont " natif du bourg de La Salle au Duché d'Aoste en Piémont n. 1 Je suis tombé sur un document rare, considérant qu'à cette époque l'émigration valdôtaine était le plus souvent saisonnière et s'adressait à la France, à la Suisse et plus rarement à d'autres Pays européens, comme les Flandres ou l'Allemagne. Probablement ce valdôtain était parti d'abord pour la France, où il s'était établi peut-être dans une grande ville et y avait travaillé pendant une certaine période. En ce Pays il avait dû faire des connaissances, ou bien il avait pris des contacts avec des personnes qui lui avaient suggéré la possibilité de partir pour aller s'installer sur la très lointaine île de Saint-Domingue, possession française qui donnait la possibilité de faire fortune. 1 Archives nationales d'Outre-mer : Secrétariat d'Etat à la Marine. Personnel colonial ancien. Lettre B. Bonnieu, Claude René, habitant du Cul-de-Sac, à Saint Domingue (1771 ). Code de référence COL E 40. Référence internet : ark:/6156/up424fz772n. : Regeste: Bonnieu (Claude-René) habitant à Saint-Domingue 1771. Il

Quelques donnés sur l'île de Saint-Domingue La colonie de Saint-Domingue, située dans la partie occidentale de l'île d'Hispaniola, fut officiellement une possession française à partir du traité de Ryswick, qui mit fin le 20 septembre 1697 à la guerre de la Grande Alliance, ayant opposé la France à l'Empire, à la Suède, aux Provinces Unies, à l'Espagne et au duché de Savoie. Les Français étaient cependant présents dans la région dès la fin des années 1620, sous le ministère de Richelieu, notamment dans l'île de la Tortue. Jusqu'au début des années 1680, Saint-Domingue était principalement un refuge pour des flibustiers, venus vers 1660 de l'île de la Tortue, proche de la côte nord-ouest, ou de l'Île-à-Vache, sur la côte sud-ouest. Entre 1680 et 1700, les gouverneurs français désarmèrent progressivement ces flibustiers afin de développer une économie de plantation. Après le traité de Ryswick, SaintDomingue prit une place de premier plan dans la production sucrière française et même mondiale. L'administration coloniale s'était convaincue de la nécessité d'établir une capitale, afin de mieux diriger la partie française de l'île. Les localités du Petit Goâve et de Léogane prétendirent quelque temps à cette fonction, mais elles ne furent pas retenues, car elles ne se trouvaient pas en position centrale dans la colonie ; le climat du Petit Goâve était trop sujet au paludisme, enfin la topographie de Léogane rendait sa défense difficile. Une nouvelle capitale, siège du Conseil supérieur de la colonie, devait être construite. Le 7 juin 1749, fut ainsi fondée la ville de Port-au-Prince par ordonnance du gouverneur de la colonie. Le Roi de France Louis XV la proclama capitale. Les Français commencèrent aussitôt une exploitation intensive de la colonie, en y important 20.000 esclaves chaque année. On y cultivait principalement l'indigo, le coton, le sucre et le café. En 1750 on y comptait 22 millions de pieds de caféier. Saint-Domingue devint " l'usine à sucre " de la France et de l'Europe : elle fournissait les trois quarts de la production mondiale de cette épice. En 1754, l'île comptait déjà 6,3 millions de cotonniers. Suite à la révolte des esclaves contre les colons, guidée par Toussaint Louverture, débutée en 1791, l'île proclama son indépendance sous le nom d'Haïti le 1er janvier 1804. Il

Une hoirie contestée C'est dans ce cadre que se déroula la vie sur l'île de notre valdôtain, Charray Dumont, sur lequel nous n'avons que les données contenues dans le document posthume que j'ai repéré et qui le qualifie de" Sieur", ce qui indique qu'il s'agissait qu'il avait un rôle social distingué: il était fort probablement un marchand dans le domaine du café, du sucre ou du coton, mais on n'a pas de données à ce propos. Nous savons qu'il était né à La Salle, qu'il habitait dans le quartier appelé Cul-de-Sac dans la ville de Port-au-Prince et qu'il décida de dicter son testament, qui ne nous est pas parvenu, à un notaire le 19 juin 1770, car il était atteint d'une maladie grave. Depuis son arrivée à SaintDomingue, Charray Dumont avait vraisemblablement fait fortune, mais n'ayant pas la possibilité ou la volonté de nommer comme héritiers ses parents en Vallée d'Aoste (si même il en avait), il avait décidé de nommer comme exécuteur testamentaire et légataire universel le " sieur " Claude-René Bonnieu, probablement lui aussi marchand, peut-être son sociétaire en affaires avec lui. On ne connaît pas la consistance de ces biens meubles et immeubles, mais les suites qu'eurent les procédures de succession laissent croire qu'il s'agissait d'un patrimoine considérable. Charray-Dumont mourut quelques jours après avoir testé et Bonnieu ouvrit la procédure de succession, en présentant sa requête au Juge royal de la ville, afin de " faire appeler et assigner à cri public en la forme ordinaire, tous les heritiers absents et prétendants droits à la succession du Sieur Charray Dumont à l'effet de voir ordonner: - 1° L'homologation du testament du Sieur Charray Dumont concernant le legs universel ; - 2° La délivrance du dit legs universel "· Cette permission fut accordée, le testament fut homologué le 26 juin et Bonnieu se disposait à suivre l'effet de cette procédure: il avait déjà commencé à vendre les meubles et denrées périssables de l'hoirie, "lorsqu'il a été assigné à la Requête du Receveur des aubaînes du Port au Prince le 23 octobre 1770 à comparoir dès le lendemain 24 n. 2 2 Le droit d'aubaine était le droit en vertu duquel le seigneur (en ce cas le roi)recueillait les biens que l'étranger non naturalisé laissait en mourant. fi

Dès ce moment commencèrent les problèmes pour l'héritier. Puisqu'il ne s'était pas présenté, le Lieutenant particulier de la Sénéchaussée du Port-au-Prince le réassigna à comparaître le 26 à 8 heures du matin, car le Receveur des aubaines avait demandé que " la succession du Sieur Charray Dumont fût déclarée dévolüe à Sa Majesté à titre d'aubaîne " et demanda à Bonnieu de "rendre compte du produit de la vente qu'il avait fait faire du mobilier et effets périssables de ladite Succession, qu'il fût condamné à lui payer le reliquat avec intérêts et dépens, et à lui communiquer tous les titres, pièces et inventaire de son compte"· Mais les problèmes pour l'héritier augmentèrent, avec une seconde requête présentée per la Receveur au Juge Royal, qui fut jointe à la précédente, visant à s'opposer à la sentence d'homologation du testament. Lors de la séance du 26 octobre ces demandes du Receveur furent admises par sentence, malgré l'opposition de Bonnieu. À ce point l'histoire était devenue vraiment compliquée, car il était question de coordonner le droit français en matière de successions avec les traités internationaux conclus avec le Royaume de Sardaigne. Bonnieu s'appela au traité conclu le 24 mars 1760 avec le Roi de Sardaigne, qui lui permettait d'avoir accès à la succession. Or, ce traité n'avait pas été enregistré aux Conseils Supérieurs de Saint-Domingue : c'est pourquoi on n'en tint pas compte et qu'on lui donna tort par un arrêt du 14 décembre 1770, qui repoussait les raisons de Bonnieu et le condamna à l'amende ordinaire et aux frais de justice. Le Sieur Bonnieu ne se déclara pas vaincu pour autant et en appela en dernière instance directement roi de France Louis XV, lui adressant le document que je publie ci-après. Bonnieu soutenait que, quoique le traité de 1760 n'eût pas été enregistré aux Conseils Supérieurs de Saint-Domingue, " les particuliers ne doivent pas souffrir de ce défaut de formalité ", et qu'on ne pouvait l'ignorer, puisqu'il avait été enregistré au Parlement de Paris. Il demandait partant l'annulation de l'arrêté des Conseils Supérieurs de Port-au-Prince et la reconnaissance de son droit à l'hoirie. Le dossier, présenté par l'avocat MeBocquet de Chauterenne, fut instruit par Monseigneur de Boyves, Ministre et Secrétaire d'État. Bonnieu obtint enfin gain de cause en cassation, Il

car le 6 septembre 1771 l'arrêt du Conseil Supérieur de Port-auPrince fut annulé et le Receveur des aubaines, qui avait usé illégalement de ses fonctions, fut condamné à lui restituer à tous les biens meubles et les biens de la succession de Charray-Dumont, ainsi que les sommes qu'il avait éventuellement reçues en les administrant, aux termes de l'article 21 du traité passé en 1760 entre la France et la Sardaigne, qui abolissait le droit d'aubaine dans tous les États de ces deux royaumes à l'avantage des sujets respectifs.3 Documents Note archivistique du XVIIIe siècle : Ancienne C. Affaires. Lettre B. Carton N°. Dossier N°. Inventaire général page. Saint Domingue Sieur Bonnieu relativement à la succession d'un Piémontais. J. M. de la Roque remis les pieces et l'arrest a M Delamolle le 14 7bre 1771 N° 450. Requête et Pièce. Pour Claude René Bonnieu demeurant au quartier du Cul de sac Paroisse du Port au Prince - Isle et Cote St-Domingue. N°Par l'article 21 d'un traité passé en 1760 entre la France et la Sardaigne le droit d'aubaine est aboli dans tous les Etats de ces deux cours. Cependant vu arrêt du Conseil Supérieur du Port au Prince en datte du 14 Xbre 1770. Vient de déclarer la succession d'un piémontais dévolue à sa Majesté à titre d'aubaine. La requête du Sieur Bonnieu a pour objet d'obtenir la cassation de cet arrêt. Monseigneur de Boyves Ministre et Sécrétaire d'Etat. MeBocquet de Chauterenne avocat ". Regeste: Charray - Dumont (Le sieur) originaire d'Aoste, habitant de Saint-Dominique. Protestation au sujet de sa succession contre un arrêt du Conseil Supérieur du Port-au-Prince par Bonnieu (Claude-René), habitant du Cul-de-Sac (1771).4 3 Je remercie Joseph Rivolin de sa collaboration. 4 Archives nationales d'Outre-mer : Secrétariat d'Etat à la Marine. Personnel colonial ancien. Cote de référence COLE 74. Référence internet ark: / 61561 / up424bxzu3h.

Texte: St Domingue (... ) Charray = Dumont. Le Sieur Claude René Bonnieu demeurant au quartier du cul-de-Sac Paroisse du Port au Prince Isle et Côte St Domingue, demande qu'il plaise sa Majesté Casser et annuler l'arrêt du Conseil Supérieur du Port au Prince du 14 Décembre 1770, ensemble tout ce qui s'en est ensuivi, où pourrait s'en suivre; Ce faisant, ordonner que le Receveur des aubaines etabli dans la ville du Port au Prince, sera tenu de restituer au supliant tous les objets dépendant de la succession du Sieur Charray Dumont, à quoy faire le dit Receveur sera contraint par toute voyes dües et raisonnables, même par corps, quoy faisant il en demeurera bien et valablement quitte et dechargé, Ordonner en outre que le dit Receveur sera pareillement tenu de rendre au Supliant les sommes qu'il pourrait avoir été contraint de lui payer en vertu du dit arrêt du Conseil Supérieur du Port au Prince. FAIT Le 19 juin 1770 le Sieur Charray Dumont natif du bourg De la Salle au Duché d'Aoste en piémont, se voyant attaqué d'une maladie grave, a fait venir un Notaire dans la maison qu'il occupait au quartier du cul de Sac, et lui a dicté en présence de deux témoins, son testament par lequel, entre autres dispositions, il a donné et légué tous les biens qui se trouveraient lui appartenir tant en meubles qu'immeubles, à quelque titre que ce soit où puisse être, et en quelque lieu qu'ils soient situés en la colonie, au Sieur Claude René Bonnieu qu'il a institué son Légataire universel de tous les dits biens, à l'effet par luy à l'effet par luy d'en joüir, faire et disposer comme de chose à luy appartenante. Par une autre clause de ce même acte, le Sieur Charray Dumont nomme aussi le Sieur Bonnieu son Exécuteur Testamentaire. Le Sieur Charray Dumont étant mort peu de jour après son testament, le Sieur Bonnieu a presenté sa Requête au Juge Royal du Port au Prince à l'effet d'en faire ordonner l'homologation quant à l'exécution testamentaire seulement. La Requête a été commu-

Fig. 1 - " Plan de la ville, des Rades et de environs du Port au Prince dans l'isle de St. Dominque » 1 1790) niquée, ainsi que le testament, au Procureur du Roy qui a conclu à l'adjudication de la demande formée par le Sieur Bonnieu. En conséquence, le Juge Royal a rendu le 26 juin 1770 son ordonnance en ces termes, cc Tout Vû, considéré et mûrement examiné, Nous avons homologué et homologuons le testament de feu Sieur Charray Dumont pour sortir son plein et entier effet quant à l'exécution testamentaire seulement " après l'obtention de cette ordonnance, le Sieur Bonnieu a presenté Requête pour qu'il lui fût permis de faire appeler et assigner à cri public en la forme ordinaire, tous les heritiers absents et prétendants droits à la succession du Sieur Charray Dumont à l'effet de voir ordonner; 1 ° L'homologation du testament du Sieur Charray Dumont concernant le legs universel. 2° La délivrance du dit legs universel. Le Sieur Bonnieu ayant obtenu cette permission, a fait assigner les heritiers du Testateur, il se disposait à suivre l'effet de cette procédure, lorsqu'il a été assigné à la Requête du Receveur m

des aubaînes du Port au Prince le 23 Sbre 1770 à comparoir dès le lendemain 24. Le Sieur Bonnieu ne s'étant pas presenté, Le Lieutenant particulier de la Sénéchaussée du Port au Prince a rendu le 24 octobre une ordonnance par la quelle, en donnant contre le Sieur Bonnieu une défaut qu'il a qualifié de défaut premier, il a ordonné qu'il serait réassigné par extraordinaire à tous jours et heure, en conséquence le Sieur Bonnieu a été réassigné à comparoir le 26 à 8 heures du matin. Le Receveur des aubaînes par ces Requêtes, a demandé que la Succession du Sieur Charray Dumont fût déclarée dévolüe à Sa Majesté à titre d'aubaîne, que le Sieur Bonnieu fût tenu d'en faire la remise au dit Receveur, et à lui rendre compte du produit de la vente qu'il avoit fait faire du mobilier et effets périssables de ladite Succession, qu'il fût condamné à lui payer le reliquat avec intérêts et dépens, et à lui communiquer tous les Titres, pièces et inventaire de son compte. Le Receveur des aubaînes a presenté une seconde Requête au Juge Royal du Port au Prince à l'effet d'être reçu opposant à la Sentence du 26 juin qui avoit homologué le testament du Sieur Charray Dumont au chef concernant l'exécution testamentaire, et le 26 octobre est intervenüe sentence qui reçoit tiers opposant le Receveur des aubaînes, et ordonne que sa nouvelle demande sera jointe à la premiere. Le lendemain par sentence contradictoire, le Juge a prononcé la jonction des demandes originaires, et en tierce opposition et sans avoir égard aux exceptions du Sieur Bonnieu, il a reçu. OBSERVATION Le traité conclu le 24 mars 1760 entre le Roy de Sardaigne, n'ayant pas été enregistré aux Conseils Supérieurs de St Domingue, Celui du Port au Prince a bien jugé parce qu'il n'en a pas eû connaissance ; mais les Particuliers ne doivent pas souffrir de ce défaut de formalité, ainsi l'arrêt étant formellement contraire à l'article 21 du Traité passé entre Sa Majesté et Le Roy de Sardaigne, il est juste de rendre au Conseil de Sa Majesté un arrêt qui, sans avoir égard à celui du Conseil Supérieur du Port au Prince, lequel demeurera nul et comme non avenu, ordonne la délivrance du Legs universel fait en faveur du Sieur Bonnieu. m

l' lj>I.; ""de d.._• lu J'.Hlf •• 1• 1P ,. .. " <."lai r-t.· Figg. 2 et 3 - Détails du plan de Saint-Domingue :le quartier de Cul-de-Sac - 'Îo ' li ( ... = 0 -.;. :.. ,,, - ;, : .. l l !! m

Le Receveur des aubaînes tiers opposant à la sentence portant homologation du testament du Sieur Charray Dumont, a declaré en conséquence la dite sentence nulle et comme non avenüe, a reputé Charray Dumont aubain, comme tel incapable de tester, et sa Succession dévolüe à Sa Majesté par droit d'aubaîne, a Condamné le Sieur Bonnieu à en faire la remise au dit Receveur, à luy rendre compte, luy communiquer les pièces au soutien, et à en payer le reliquat, comme aussi à faire la remise de tous les objets et papiers en nature ; le Sieur Bonnieu interjetté appel de cette Sentence au Conseil Supérieur du Port au Prince, le quel a rendu le 14 Xbre 1770 un arrêt qui met l'appellation au néant, et ordonne que ce dont est appel sortira son plein et entier effet, condamne en outre le Sieur Bonnieu en l'amende ordinaire et aux dépens. C'est de cet arrêt qu'il demande la Cassation. MOYENS DU SIEUR BONNIEU Le Sieur Bonnieu expose quant à la forme, que l'article 3 du Titre 3 de l'ordonnance de 1667 fixe les assignations à huitaine, et qu'il a été assigné à comparoir le lendemain de la date de l'exploit, de plus qu'au mépris de l'article 2 du Titre 5 qui abroge en toutes causes l'usage des réajournements, il a été rendu contre luy un défaut qui ordonne le réajournement. Quant au fonds, le Sieur Bonnieu appuye sa demande en Cassation sur l'article 21 du Traité passé en 1760 entre Sa Majesté et le Roy de Sardaigne. Cet article est conçu en ces termes : " Pour cimenter toujours plus l'Union et la correspondance intimes que l'on desire de perpétuer entre les sujets des deux Cours, le droit d'aubaîne et tous autres qui pouroient être contraire à la liberté des successions et des dispositions réciproques, restent désormais Supprimés et abolie par tous les Etats des deux Puissances, y compris les Duchés de Lorraine et de Bar "· L'article 26 porte aussi que ce Traité sera enregistré dans toutes les Cours Supérieures des deux Etats, pour qu'elles en fassent observer le contenu dans tout ce qui peut les concerner. Le Sieur Bonnieu ajoûte que, quoique ce Traité n'ait pas été enregistré aux Conseils Supérieurs de St Domingue, ils ne poum

raient pas en prétendre cause d'ignorance, puisqu'il avait été enregistré au Parlement de Paris. Annotation sur le bord gauche de la page : Conseil des depesches du 6 aout 1771 *. L.R.E.E.S.C. sans( ... )a l'arret du Conseil Supérieur du Port au Prince du 14 Xbre 1770 et de tous ce qui sus est (... ) a ordonné et ordonne que le [receveur] des aubaines établi dans la ville de Port au Prince sera tenu de restituer au d. Claude René Bonnieu tous les effets dépendant de la succession du dit Charray du mont ainsi que les sommes qu'il pourrait avoir recues du dit Bonnieu en vertu du dit arret du Conseil Superieur du Port au Prince du 14 Xbre 1770. *C'est du 6 septembre et non du 6 aoust. 12°.45 N° 1 Regeste de l'arrêt contenant la sentence finale: Arrêt qui annule celui rendu au conseil supérieur de Port-auPrince, le 14 décembre 1770, en faveur du receveur des aubaines, et qui condamne celui-ci à restituer à Claude René Bonnieu tous les effets dépendant de la succession de Charray-Dumont, piémontais, ainsi que les sommes qu'il peut avoir reçues, à cause de l'usage illégal du droit d'aubaine (n°32) 6 septembre 17715 . S Archives nationales d'Outre-mer : Secrétariat d'Etat à la Marine. Actes du pouvoir souverain - Antilles -Saint-Dominique - Justice - Renvois et cassation : Code de communication: COL A 13. Code de référence: COL A 13 F° 164. Référence Internet ark: / 61561 / ka45Shdfeai. m

LE CHÂTEAU DE SAINTMARCEL Miettes d'histoire à travers les images ~ JEAN-VICTOR VAUTERIN e château de Saint-Marcel, appelé aussi " maison noble de L Saint-Marcel", est situé en amont des villages de Moral et Surpian, dans une position légèrement isolée, à la jonction des voies de communication du fond de la vallée avec les voies qui conduisaient aux mines de pyrite et chalcopyrite à 1800 m d'altitude. Le bâtiment est bordé au nord par la route communale, qui est également surplombée par la tour carrée, à l'est et à l'ouest par des terres agricoles et au sud par une forêt s'étendant vers la colline. En 2010-2012 le programme européen Interreg IIIA - AVER. Anciens Vestiges En Ruine - a prévu des fouilles archéologiques et une partielle mise en sécurité des structures porteuses afin de faciliter l'Administration communale de Saint-Marcel, nouvelle propriétaire de l'immeuble, dans la réalisation du projet de restauration et de la mise en valeur du château. Plusieurs hypothèses pour la récupération architecturale et fonctionnelle du manoir ont été avancées : de la relocalisation de l'actuelle bibliothèque municipale, à salle de conférence ; de siège pour des expositions temporaires, à point d'appui pour le projet de récupération des sites miniers de Chue et Servette dans le Vallon de Saint-Marcel; enfin, de la création d'un espace contenant des ateliers pour des activités artistiques et artisanales, avec exposition et commercialisation de produits d'art, à un centre de loisirs ou de bien-être, au service de la population locale et des touristes. Non pas une seule destination, donc, mais plusieurs usages au sein de l'ancien manoir qui doivent conduire à une utilisation aussi rationnelle que soutenable du point de vue économique.

Le château de Saint-Marcel, en plus, est concerné par le programme Système de Châteaux PMIR 3 qui vise soit à la promotion du tourisme culturel dans le fond de la vallée de la Doire Baltée, qu' à la planification d'interventions sur les châteaux et d'autres propriétés isolées, les bourgs et les témoignages historiques d'anciens établissements, avec le but de créer une sorte de circuit culturel ouvert reliant la dite vallée centrale aux propriétés situées dans les vallées latérales et sur les versants. Jean-Baptiste de Tillier1 dans son œuvre (( Historique de la Vallée d'Aoste2 ,, nous raconte que « La seigneurie de Saint-Marcel, portant a present le tiltre de baronnie, n'est composée que d'une seule paroisse, mais d'une assés vaste estendue, dans le fi.nage de la quelle les Romains ont fait travaillier anciennement a l'excavation de plusieurs sortes de metaux en quoy ses montagnes etoint tres fertiles et abondantes "· Cette seigneurie est liée à la famille de Challant3 . C'est toujours le grand historien qui nous informe des nombreux passages héréditaires : « Les vicomtes Godefroy, Aymon et Boson l'ont comprise dans la reconnaissance qu'ils ont jurée en 1242 au comte Amé du chateau et seigneurie de Fenis, avec lequel elle était unie "· La seigneurie est ensuite passée à Ébal, descendant de Godefroy, et, au fils des générations, à François (( Lequel, n'ayant point d'enfans, non plus que son frere cadet auquel il avait survescu, en disposa en faveur du comte Louis de Challand son cousin qui, par son testament du 22 avril 1487, l'unit a la Jean-Baptiste de Tillier, homme politique et historien valdôtain, né à Aoste le 24 juin 1678, mort le 11mars 1744, pendant 44 ans exerça la charge de secrétaire des États du duché d'Aoste. 2 Jean-Baptiste de Tillier, Historique de la Vallée d'Aoste - Imprimerie I.T.L.A., 3'm' édition, 1994, page 270, par les soins d'André Zanotto. De Tillier a composé une première version de son Historique en 1721, en la retravaillant dans les années 17371740. 3 Les vicomtes d'Aoste, seigneurs de Challant depuis 1206, ont donné origine à la plus puissante et influente des familles nobles de la Vallée d'Aoste. Le nom " Challant " avec le " t " final est le plus accrédité. Toutefois, en ce qui concerne les toponymes de la vallée de l'Évançon, la loi régionale 9 décembre 1976, n° 61, (Dénomination officielle des communes de la Vallée d'Aoste et protection de la toponymie locale) dispose que les noms des communes de Challand-Saint-Anselme et de ChallandSaint-Victor doivent être écrits avec le " d .. final. m

seconde geniture d'Aymaville, faitte et ordonnée par le comte son père. Apres sa mort, elle a passé au seigneur Taques de Challand son second fils, qui en fit batir le chateau que les seigneurs de la branche de Fenis ont du depuis augmenté. [. .. } ". Le château, tel que nous le voyons aujourd'hui, est le résultat de plusieurs interventions, groupements et réaménagements de la part des propriétaires à travers les périodes du XIVème à la fin du XVIIIème siècle. Les archéologues et les experts chargés d'établir la séquence de l'évolution du monument, en effet, ont avancé l'hypothèse que la partie du bâtiment avec tourelles d'angle orientée à l'est serait la plus ancienne, remontant avec probabilité déjà à une bâtisse fortifiée, suivie par la tour à nord datant du XVème siècle. Le bloc contenant les échelles remonterait aussi vers la fin du xvème_xypme siècle, tandis que l'édifice plus récent serait celui à l'ouest, probablement réalisé par la société de l'exploitation des mines de Saint-Marcel4 et employé comme magasin. Actuellement ce dernier corps d'immeuble est utilisé comme construction rurale pour le maintien du foin. Les tourelles d'angle en surplomb, soutenues chacune par cinq corbeaux de pierre ciselés, se présentent fissurées de même que le mur d'enceinte orienté au sud qui en soutien le poids. La tour à six étages située au nord, face à la rue, est aussi endommagée (le mur exposé vers le sud, à l'intérieur du manoir est partiellement écroulé avec le toit) et, pour permettre les fouilles archéologiques en sécurité à l'intérieur du bâtiment, il a été nécessaire de renforcer les murs avec un cadre interne constitué de poutres en acier. Compte tenu du temps nécessaire pour l'achèvement des travaux et les remarquables ressources financières à repérer, il serait souhaitable que le château de Saint-Marcel soit rendu fonctionnel dans un délai, disons, d'au moins dix ans et puisse représenter une opportunité importante pour les habitants de la commune, comme d'ailleurs l'on avait désiré. 4 Au cours du XVIII""' siècle le bâtiment fut en effet acheté par la "Società esploratrice delle miniere di Saint-Marcel». m

Façade nord du château donnant sur la route municipale et façade est avec les tourelles d'angle Les façades du côté sud m

Tourelle d'angle nord-est m

Détail d'une fenêtre réalisée avec des pierres de taille biseautées. Détail de la porte d'entrée sur la façade de l'angle sud-est L'intérieur de la partie centrale du château Détail du portail de l'entrée principale. Le fronton a été récupéré et stocké dans un entrepôt de la Surintendance m

Façade principale sud Détail des corbeaux et des petites voûtes qui soutiennent les tourelles d'angle

Détail de la façade est Le côté intérieur écroulé de la tour m Fenêtres à croisillons La tour qui surplombe la route communale

Côté ouest Vue d'ensemble du château de la route panoramique de Nus m

LES LIENS INTERNATIONAUX DU COMITÉ ~ LA RÉDACTION omme tout le monde le sait, ou presque, le Comité des Tra- c <litions Valdôtaines (dorénavant CTV) fut fondé officiellement en 1948 et, durant ces longues décennies, il a établi des contacts internationaux qui durent encore de nos jours. Ils sont à l'évidence des liens importants qui permettent à notre Vallée de voyager un peu partout en Europe et, notamment, dans les pays francophones. Cela se passe, en principe, à travers Le Flambeau, la revue du CTV fondée en 1949, qui est le fer de lance de notre activité. Nous avons compté dans le registre des adhérents au CTV 43 associations culturelles, dont 10 en Italie, 21 en France, 5 en Belgique, 6 en Suisse et une en Espagne. Le CTV peut compter aussi des adhérents -il s'agit, en l'espèce, de chercheurs ou, encore, de professeurs universitaires - qui habitent la Pologne, Les Pays-Bas, l'Allemagne, le Luxembourg et la Russie. Nous pouvons affirmer, donc, que Le Flambeau arrive dans toute l'Europe occidentale, à quelques exceptions près, ainsi que dans les lointains pays de celle orientale. Le Flambeau est, finalement, déposé, parmi les autres, auprès des bibliothèques centrales italiennes (à Rome et Florence), à la bibliothèque d'Ivrée, à celle d'Annecy, à la médiathèque de Paris, au Museu d'Ethnologia de Valencia, en Espagne, à l'université Stendhal de Grenoble, à la bibliothèque de Neuchâtel et à la médiathèque du Valais. Cependant, ces liens internationaux se concrétisent surtout par voie d'échanges avec plusieurs sociétés savantes. Ce qu'il veut dire que le CTV offre Le Flambeau et reçoit, en échange, les publications de celles-ci- Ce qui est une importante opportunité car permet au CTV de porter un peu partout le message positif de notre Vallée, que nous présentons sous ses mille facettes, tout en étant une revue à caractère populaire, et de recevoir en réciprocité la réalité des autres pays qui sont en proximité avec notre région et avec qui nous partageons souvent des liens historiques communs. m

Titre Par le biais de notre revue, la Vallée d'Aoste fait, donc, partie d'un réseau de correspondance qui nous permet d'exporter, en quelque sorte, une image sereine et de réaffirmer sa fidélité, malgré toutes les difficultés, à la langue française, patrimoine général à quelques 300 millions de personnes dans le monde. Notre région arrive encore à garder sa francophonie qui, à son tour, représente un grand atout pour nos jeunes. Il suffit, pour cela, de considérer que, de nos jours, ce sont plus de 6.000 les jeunes Valdôtains expatriés et que les trois quarts de ceux-ci sont installés dans des pays francophones où, grâce à leurs connaissances linguistiques ont pu, fort heureusement, s'intégrer plus facilement que les autres. Le CTV a le plaisir de recevoir neuf publications éditées par des prestigieuses sociétés savantes italiennes et françaises. Il vaut vraiment la peine de les présenter aux lecteurs de notre revue. Ils auront ainsi la possibilité de mieux connaitre la grande valeur de ces publications. Elles sont à la disposition de nos adhérents i pour cela, il est suffisant de se rendre au siège du CTV durant les horaires d'ouverture au public, tous les mardis et les samedis, de lOhOO à l lh30. Les publications Comme l'on vient de dire, elles sont huit. En voici la liste : Pays Ville Bollettino Società per gli studi storici, archeologici ed artistici Italie Cuneo Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie Bulletin de la Société Savoisienne d'histoire et d'archéologie Bulletin de l'Union Valdôtaine de Paris Ca dë studi piemontèis-Casa degli studi piemontesi Mémoires de l'Académie des sciences, belles lettres et arts de la Savoie MicRomania Présence Savoisienne (Cercle de l'Annonciade) Société historique, littéraire et scientifique de Le Bugey France France France Italie France Belgique France France Amiens Chambéry Paris Turin Chambéry Bruxelles Chambéry Belley

Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie Cette société savante fut fondée en 1836 et son siège est à Amiens, grande ville du département de la Somme de la région française Hauts-de-France. Elle œuvre surtout pour la sauvegarde du patrimoine picard. La Picardie est une ancienne région française qui, des suites de la réforme de 2015, a fusionné avec le Nord-Pas-du-Calais, pour devenir les Hauts-de-France. Depuis sa fondation, la société publie un bulletin, trimestriel sur des sujets d'étude particuliers et, par voie d'échanges, elle entretient une correspondance avec de très nombreuses sociétés savantes françaises et européennes et, notamment, avec le CTV et sa revue Le Flambeau. socœrn DES ANTIQUAIRES J)E PICARDIE Bollettino Società per gli studi storici, archeologici ed artistici Cette société est née en 1929 à Cuneo, le chef-lieu de la célèbre Provincia Granda piémontaise qui accueille, à son intérieur la minorité linguistique occitane. La première publication remonte, justement, à 1929 et depuis lors, la société a publié quelque 160 numéros ; ils sont des textes d'un grand intérêt historique consacrés, à l'évidence, aux évènements de cette grande province piémontaise mais aussi au Piémont et, en général, aux anciens états de Savoie.

Société Savoisienne d'histoire et d'archéologie De son site Internet nous empruntons ce qu'il suit : Née en 1855, la vocation de la Société Savoisienne d'Histoire & d' Archéologie consiste à maintenir, développer et promouvoir l'histoire des anciens Etats de Savoie et des deux départements savoyards actuels. Elle tend à diffuser cette histoire tant au niveau des deux départements qu'à l'extérieur, en France comme à l'étranger. Elle est aujourd'hui la société d'histoire la plus importante de la région Rhône-Alpes. Forte de plus de 800 membres, (... ) ils sont répartis aussi bien en Savoie que dans le reste de la France, en Amérique du Nord et même en Asie. Plus ancienne société savante de Savoie après l'Académie de Savoie et l'Académie florimontane, elle publie depuis sa fondation des études historiques qui, pour certaines d'entre elles, ont fait date dans l'historiographie locale. (... ) elle entend plus que jamais œuvrer pour le maintien des liens historiques et culturels entre les différentes parties de la Savoie, du Piémont, du Val d'Aoste, de la Sardaigne, de Genève, de Vaud et d'ailleurs. MicRomania Il s'agit d'une revue éditée par le Comité Roman Belge du Bureau Européen pour les langues les moins répandues, dont l'acronyme est CROMBEL. Son siège est à Bruxelles. Fondée en 1997, la revue est publiée avec le soutien de la Fédération Wallonie et chaque numéro propose des compositions contemporaines en plusieurs langues régionales, y compris, évidemment, nos patois Valdôtains. m

Présence Savoisienne Cette revue est l'organe d'expression régionaliste et fédéraliste du Cercle de l'Annonciade. Nous empruntons du site wikipédia : "Le 23 novembre 1969, L. Buttin, J. Chevallier H. Planche et P. Reboton, se sont réunis à Rumilly pour fonder un nouveau mouvement régionaliste : Le Cercle de l'Annonciade. Ils ont quitté le Club des Savoyards, pour des raisons idéologiques. Les Savoyards de Savoie avaient, selon eux, perdu leur âme en ouvrant leurs rangs à l'ensemble PRESENCE SAVOISIENNE ORGANE D"EXPRESS!ON RÉGIONALISTE ET FEDERALISTE DU CERCLE ce L'ANNONCIAOE "U,,_._._Atrtlrit,,/iuntÛtpo/iUtf,_ ... p..m.1 - tl'ifs- .. - , , _ ,, . . . , , . . , ~ /'hQ,.#w n,,, ""'1wPl1H, Ono tk IW,,bo,,,, de la population et non plus à quelques élites savoyardes de souches remontant à cinq générations. Le mouvement porte le nom de Cercle de l'Annonciade en hommage à l'Ordre de chevalerie créé par Amédée VI de Savoie, le Vert. D'après l'historien savoyard L. Dimier, " le Comte Vert compte aux yeux des Savoyards pour un des Pères de la Patrie "· Créé en 1969, il faut attendre janvier 1970 pour que l'association soit déclarée officiellement, à la Mairie de Rumilly. Avec la mise en place de la régionalisation en France, les membres de l'association retrouvent les membres du Savoyards de Savoie pour demander la création d'une Région Savoie. En plus d'un travail de lobbying, ils fondent le Mouvement Région Savoie. De 1993 à 1995, Jean de Pingon ou Patrice Abeille ont participé à la rédaction de certains articles dans Présence savoisienne, avant la création de la Ligue Savoisienne. Aujourd'hui, plus discrète, l'Annonciade continue d'œuvrer pour la Savoie"·

Centro studi Piemontesi - Ca dë studi piemontèis Il s'agit d'une association fondée en 1969 ; son siège est à Turin. Ses intérêts se concentrent sur l'histoire, la civilisation et la langue du Piémont ainsi que sur les pays qui lui sont proches historiquement, tels que la Vallée d'Aoste, le Niçois et la Savoie. La société publie un très intéressant bulletin tous les six mois. Société historique, littéraire et scientifique de Le Buge Cette société savante fut fondée en 1908 à Belley, commune du departement de l'Ain, de la région Auvergne-Rhones-Alpes. Ses buts principaux sont ceux d'approfondir l'histoire du Bugey, ancienne région de l'Ain, la recherche historique, la protection et l'étude des anciens monuments ou vetsiges du passé. La société publie, depuis 1909, un intéressant bulletin annuel. Le CTV a eu le plaisir de recevoir en Vallée d'Aoste, il y a une dizaine d'années, une délégation de cette société. m

Académie des sciences, belles lettres et arts de la Savoie Cette ancienne et prestigieuse académie fut fondée en 820. Elle publie régulièrement des Mémoires qui sont d'un interet tout-à-fait remarquable. " LE BULLETIN i ·c 1 >;. "'t! c 'i ''" ::i ID :E ••••• t l •• 'l •• ' • J Bulletin de l'Union Valdôtaine de Paris Véritable héritier des organes d'information Valdôtains publiés en France, L'Echo de la Vallée d'Aoste, La Vallée d'Aoste, ce bulletin est, de nos jours, le trait d'union entre les Valdôtains du pays et ceux de l'extérieur. Le CTV a des rapports constants et précieux avec cette revue et ses responsables et participe à sa rédaction avec des contributions. Ce bulletin est, pour le CTV, très important car il favorise le rapprochement entre les gens.

Duc IN ALTUM! -<> PATRIK PERRET J oseph-Auguste-Melchior Duc (Châtillon,1835 -Aoste,1922), connu par tous les amateurs d'histoire valdôtaine sous le nom de Monseigneur Duc, fut nommé évêque d'Aoste à 37 ans (le plus jeune d'Italie), de 1872 à 1907. Il ne fut pas seulement un homme d'église pieux et actif, un théologien de renom, alpiniste et grand chasseur, il fut aussi un écrivain de valeur et un des plus importants historiens valdôtains, fouilleur inlassable de nos archives ecclésiastiques. Il a produit la monumentale Histoire de l'Église d'Aoste en dix volumes, qui détaille de manière encore inégalée l'histoire de notre diocèse. Il est aussi célèbre pour avoir promu et soutenu la réalisation, restauration et, en certains cas, la réédification de nombreuses églises, chapelles et presbytères de notre diocèse. Malheureusement, son compréhensible zèle pour améliorer l'utilisation de plusieurs édifices religieux qui se trouvaient souvent dans un état pénible, a causé la destruction d'importants monuments moyenâgeux. Souvent, ils furent remplacés par d'autres en style néoclassique ou néogothique (à l'époque, à la page) que, aujourd'hui, à nos yeux, paraissent beaucoup moins intéressants du point de vue artistique. Ce phénomène avait déjà commencé depuis quelque temps et on assistera au paradoxe de détruire, par exemple, un édifice gothique pour le remplacer avec un autre en style néogothique ! C'est le cas de l'église paroissiale de Torgnon, détruite en 1868 (à l'époque de l'épiscopat de Mgr JacquesJoseph Jans) et de celle de Valgrisenche reconstruite en 18761 • Pendant son long ministère Monseigneur Duc" consacra quatorze églises paroissiales: Saint-Pierre le 19 décembre 1872, Brusson le 2 juillet 1873, Valgrisenche le 9 juin 1876; Gressan le 24 mars 1878, Verrayes le 11novembre1878, Emarèse le 4 mai 1883, 1 Bruno Orlandoni, Luigi Garino, La cattedrale di Aosta nella storia dell'arte e dell'architettura della Valle, Aoste 1982, p. 18. m

Nus le 12 avril 1888, Valsavarenche le 11 septembre 1889, Bosses le 30 aout 1894, qui avaient été entièrement reconstruites ; puis Brissogne le 25 novembre 1884, Jovençan le 27 mai 1890, SaintVincent le 3 aout 1890, Pré-Saint-Didier le 3 juillet 1891, RhêmesNotre-Dame le 8 juillet 1897, Hône le 10 juillet 1897, qui avaient été agrandies ou restaurées ; il érigea en 1878 la nouvelle église paroissiale de La-Tour-d'Héréraz, par démembrement de celle de Perloz et en 1886 il érigea la rectorie de Mellier à Champorcher. Il remit à neuf la Cathédrale par les décorations et des peintures dues aux frères Artari (1879). Il agrandit l'Ermitage de Saint-Grat en 1884 et en restaura la chapelle en 1877. Il acquit en 1875 le couvent des Capucins à Châtillon, assurant ainsi le retour des Pères expulsés en décembre 1866. Il acquit en 1885 la tour de Villa à Gressan et la fit restaurer, restituant à cette demeure seigneuriale sa forme primitive. Il concourut largement à la restauration de la chapelle de Saint-Joconde à Chesallet (1886) et il rebâtit en 1878 la chapelle de Saint-Clair à Châtillon(...). Il inaugura en novembre 1875 l'Orphelinat d'Aoste "2 • « Toujours plus haut ! » En considérant cette renovatio artistique, on pourrait presque le définir l'héritier des autres grands mécènes de chez nous, comme l'évêque Anselme, qui vers l'an 1000 rénova la cathédrale (avec les célèbres peintures " ottoniennes ", aujourd'hui appelées protoromanes) ou encore Mgr François de Prez et le Prieur Georges de Challant, qui introduiront le style Renaissance chez nous à la fin du XVesiècle. Lin Colliard avait défini Mgr Duc un homme" brillant, d'une intelligence ouverte, d'une rare constance dans le travail, d'un caractère fort et autoritaire, très réservé et fort conscient de sa dignité épiscopale ,,3 _ C'est pour cela que dans certains édifices qu'il avait parrainés, nous pouvons encore trouver le souvenir de sa " dignité épiscopale " : c'est-à-dire son blason parlant. En 1981 Joseph-Gabriel Rivolin nous expliquait que:" la devise est le 2 Albert-Marie Careggia, Le Clergé Valdôtain de 1900 à 1984, Aoste 1985, p. 76. 3 Albert-Marie Careggia, p. 77. m

complément habituel de l'écu: si l'écu symbolise la famille ou l'individu en tant que tels, la devise exprime une sorte de programme que la famille ou l'individu se proposent de réaliser. Elle est formée normalement d'un emblème (le corps), accompagné d'une sentence (l'âme) qui l'explicite: il s'agit, en somme, d'un message transmis à la fois sous une forme graphique et sous une forme littéraire. ,, Dans notre cas, Mgr Duc " avait une devise contenant son nom, qui était en même temps l'âme de l'écu: Duc IN ALTUM. Les armes étaient d'azur au vaisseau d' argent flottant sur une mer de même, accompagné en chef d'une étoile d'or: l'étoile qui oriente l'équipage de la nef secouée par les lames constitue évidemment l'allégorie de la Bonne Nouvelle, qui guide l'humanité in altum, au salut éternel ,,4 (ill. 1). Ce sont les paroles de Jésus prononcées quand " il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s'éloigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule. Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher ,,s. 1. Blason parlant de Mgr Duc, Visite pastorale de 1893 à Vert 4 Joseph-Gabriel Rivolin, " A propos des devises notes d'héraldique valdôtaine '" Le Flambeau n. 97, 1981 pp. 53 et 59. 5 Luc, 5, 4. m

« Prestige épiscopal » Je vous propose donc quelque exemple de ce symbole de pouvoir et prestige épiscopal, " Duc in altum " ce qu'on peut traduire aussi par« allez au large », ou" toujours plus haut"· Je partirai, logiquement, de ma paroisse : sur la porte du presbytère d'Hône, construit quand le curé était son neveu, !'archiprêtre Camille Duc (1855 -1939), un homme " avec un talent médiocre, une instruction modeste, sans envergure "6 , nous trouvons l'écusson du tout-puissant oncle apparié (ill. 2) à celui du Saint-Père régnant à l'époque Giocchino Pecci (1810-1903), Léon XIII (ill. 3). En haut, "CDC 1890,, c'est-à-dire" Camille Duc Curé" et l'année de sa réalisation (ill. 4). Pas trop loin, de l'autre côté de la Doire, dans l'église paroissiale de Bard, sur les voûtes peintes en 1884 par le " pittore in decorazione " Pietro Silvestro de Montanaro7 , un chérubin soutien l'écusson de Monseigneur 2. Blason de Mgr Duc, Hône 3. Blason du Pape Léon XIII, Hône 6 Albert-Marie Careggia, p. 75. 7 Archives de la Paroissiale del'Assomption de Bard, Catégorie V Église, dossier n. 14, Recueil de documents concernant la reconstruction de l'église ; Albert-Marie Careggia, p. 162.

4. Entrée du presbytère, Hône Duc et un autre celui du Pape (ill. 5, 6). Elément curieux : les deux anges portent de longs cheveux noirs et pas blonds comme d'habitude. Dans l'église nous trouvons aussi deux bancs avec gravé le blason (bandé d'or et d'azur) de Jean-Jacques-Philippe Nicole (tl 784), un entreprenant roturier piémontais qui s'était enrichi avec ses " fabriques de fer" pendant la guerre de Succession d'Autriche en fournissant des matériaux à l'armée royale. À titre d'amortissement de ses dettes le roi Charles-Emmanuel III lui accorda en 1744 le comté de Bard et en 1746 la baronnie de Pont-Saint-Martin, (ill. 7)8 • En face à l'église, dans la salle principale du presbytère décoré vers 18959 , au rez-de-chaussée, nous trouvons un autre" souvenir" de Mons. Duc, malheureusement couvert par un câble électrique (ill. 8) Curieusement, je n'ai pas trouvé les armoiries de Mgr Duc dans 8 Lin Colliard, Fasti e decadenza di Antiche dimore signorili nella Bassa Valle d'Aosta, Aoste 1970, p. 44 et Lin Colliard, Familles nobles et notables du Val d'Aoste Notes de Généalogie et d'Héraldique, Aoste 1985, p. 50. 9 Archives de la Paroissiale de l'Assomption de Bard, Catégorie, Catégorie VI Presbytère, dossier n. 8, Discours et acte de bénédiction de la première pierre du nouveau presbytère prononcé par le curé de Pont-Saint-Martin Louis Vescoz.

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